MOUVEMENT DANS LE CORPS DES WALIS
Le citoyen et les commis de l’état
Ce mouvement, qui a touché trois walis et 93 chefs de daïra, répond à plusieurs impératifs.
Cette valse au niveau des commis de l´Etat qui incarnent la puissance publique, est la quatrième du genre, depuis celle opérée, de façon spectaculaire, le 9 septembre 1999. Dans ce nouveau «round», Bouteflika a procédé à la nomination de trois walis à la tête de Bouira, Aïn Temouchent et Laghouat.
Cette rotation est perçue par certains observateurs comme une façon d´évaluer les compétences des hauts fonctionnaires de l´Etat et par là même les empêcher de s´installer confortablement dans leur ronronnement.
Car, faut-il le préciser, la longévité n´est pas nécessairement un synonyme d´efficacité et de compétence. Ces mêmes observateurs notent aussi que ce mouvement rapide s´inscrit dans la stratégie du Président pour extirper les racines de la corruption.
La volonté d´assainir les rangs des commis de l´Etat bousculera sérieusement la petite mafia implantée dans les rouages du système à l´échelon de la wilaya. Elle portera également un coup sérieux aux groupes de pression enracinés à l´échelle locale et nationale. D´autres échos notent que ces nominations interviennent à la lumière des événements tragiques qui ont touché différentes régions du pays. Il s´agit, selon ces échos, de rapprocher l´administration du citoyen.
En effet, ce n´est un secret pour personne, l´administration locale et les pouvoirs publics sont décriés comme étant la gangrène qui ronge le pays. Les événements tragiques de Kabylie, les contestations sur les attributions de logements, les accusations de détournements de deniers publics sont autant d´éléments qui ont érodé la confiance du citoyen envers son administration. Les APC, les daïras et les wilayas, pourtant représentant exclusif de l´Etat, sont assimilées, souvent, à des repaires de corruption et de mafias. C´est dans cette logique que les observateurs ont interprété le dernier mouvement effectué le 4 août dernier et ayant touché 12 des 48 wilayas du pays. Ils ont relevé que les wilayas concernées étaient celles qui ont connu les émeutes de fin avril à fin juin. Il s´agit notamment, de la Kabylie où les anciens walis de Tizi Ouzou et de Béjaïa, MM. Abdelkader Ouali et Djillali Arar se sont vu affecter respectivement à Batna et à El-Taref. D´autres wilayas ayant connu des émeutes étaient également concernées, notamment, celles de Khenchela, Oum El-Bouaghi, Batna et El-Taref. On note aussi, que la désignation des walis répond à plusieurs impératifs, outre le souci conjoncturel. Le wali, en plus de sa fonction de réceptacle des doléances des citoyens, est aussi l´exécuteur des oeuvres et des décisions du gouvernement.
Dans cette optique, le programme de la relance économique tient une place de choix. Pour sa réussite, il faut des compétences dynamiques capables d´apprécier les choses. Le mouvement dans le corps des magistrats effectué mardi passé, s´inscrit dans la même logique. Rappelons à ce propos que les cinq walis radiés, après le mouvement du 9 septembre 1999, ont réintégré leur fonction, suite au recours qu´ils ont déposé. La force est-elle revenue à la justice? Ce chantier est ouvert au même titre que celui de la commission de refonte de l´Etat, présidée par M. Sbih.

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