OFFRE DE PAIX OU REDDITION
Hattab sur les traces de Mezrag
Le Gspc a-t-il finalement renoncé aux trois «non» légendaires de Zitouni et de Chebouti?
Existe-t-il, actuellement, des tractations entre l´ANP et le Gspc? Les fortes rumeurs provenant de Jijel, siège de ces tractations, qu´aurait menées le général-major Fodhil Cherif avec les lieutenants de Hattab, disent que oui. Toutefois, certains observateurs sont tentés de croire le contraire et de voir dans ces tractations d´autres tentatives de faire diversion, ou de gagner du temps, peut-être même de «parasiter», la grande attention que se sont attirée les GIA, depuis quelques mois.
En réalité, l´éventualité d´une trêve du Gspc est importante, voire capitale, à plus d´un titre. Premièrement, il s´agit de l´organisation la plus hégémonique des groupes terroristes encore en activité. Quoique le dernier-né des groupes islamistes armés - né officiellement vers la fin de l´année 1998 - le Gspc se soit doté, en peu de temps, d´une structure interne aussi rigoureuse qu´hermétique.
Composé de transfuges des GIA, le Gspc s´est fixé de nouveaux objectifs et s´est doté d´autres voies de recours. Affichant sa prépondérance dans la région kabyle, il étale sa suprématie à l´Est et tente de gagner la sympathie de la population en ne s´attaquant qu´à «ceux qui portent casquette», GLD, militaires, policiers, gendarmes et gardes communaux.
Si, aujourd´hui, le Gspc revient à de meilleures dispositions politiques en essayant de négocier une trêve, il ne faut pas croire, non plus, que cela peut engager la totalité de la direction. Car, ne perdons pas de vue que ces ex-GIA, devenus depuis 1998 Gspc, sont partisans unanimes des «trois non» légendaires de Chebouti, Zitouni et les autres ex-chefs irréductibles des GIA: «Non à la trêve, non à la réconciliation, non au dialogue».
Il convient de rappeler que le dernier partisan du dialogue et de la trêve conditionnée, Abdelmadjid Dichou, le «Dhabit char» du Gspc, sorte d´imam et d´officier juriste, a été abattu alors qu´il essayait de faire aboutir des négociations entreprises avec les autorités. Par qui? Pourquoi? Les questions restent posées dans le fond, car des ébauches d´explications ont, certes, été données.
Hattab est-il preneur de l´offre de paix? Si c´est oui, c´est que l´homme est, de plus en plus, mis en minorité par ses lieutenants, et alors cette sortie de secours peut lui ouvrir d´autres perspectives politiques. Mais là encore, rien n´est joué, car ce n´est pas tant le Gspc, mais le retour sanglant des GIA qui fait peur et alimente les plus vives craintes dans les populations en bordure de leur «axe de passage».
Etant confirmé que certains terroristes font d´incessants va-et-vient entre les GIA et le Gspc, il est fort à craindre que ces tractations, engagées avec le pouvoir, ne soient en fait que des détours pris pour éveiller et nourrir l´espoir, et donner une consistance politique à des organisations résolument théologico-terroristes, condamnées à l´impasse politique.

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