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Comment faire avancer les choses

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La conférence que donnera aujourd’hui à midi, Claude Guéant, retiendra l’attention des analystes et observateurs.

Le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, sera donc aujourd’hui à Alger. Dans une interview accordée au site électronique d’information TSA, M. Guéant a fait savoir que sa visite intervient sur invitation de son homologue algérien.
« Je viens en Algérie à l’invitation de mon homologue algérien, Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur, que j’avais eu l’occasion de rencontrer au mois de mai à Paris lors de la réunion du G8 élargi sur la lutte contre le trafic international de la drogue », a-t-il expliqué. L’occasion est ainsi donnée de faire avancer les choses entre Alger et Paris, comme de réactualiser les relations entre les deux pays.
Il est prévu que M.Guéant ait une séance de travail avec M.Ould Kablia, liée aux préoccupations de leurs départements ministériels. Il semble toutefois, que c’est la conférence que donnera aujourd’hui à midi, Claude Guéant, qui retiendra l’attention des analystes et observateurs. Que va dire le ministre français de l’Intérieur? s’interrogent ces derniers. Aussi, cette visite intervient-elle dans un contexte très particulier. Cela tant sur le plan du climat des relations algéro-françaises que sur celui particulier à la France, à la veille d’un important scrutin présidentiel, lors duquel, sauf surprise, Nicolas Sarkozy remettra son mandat en jeu.
Des dossiers lourds seront mis sur la table, que M.Guéant aura à étudier avec son homologue algérien, Daho Ould Kablia. Il s’agit notamment des questions liées à la sécurité et à l’immigration. Sur cette question, le débat fait rage en France. Paris est en voie de réformer sa législation envers les immigrés et les binationaux.
A ce propos, M. Guéant avance que « le gouvernement a pris des mesures » sur ce sujet et souhaite « mieux maîtriser [notre] politique d’accès à la nationalité française », a-t-il indiqué. La question liée à l’immigration fera, sans doute, l’objet de discussions entre les deux ministres.
Outre la situation des Algériens établis en France, les Accords de 1968 seraient évoqués à cette occasion. La France a exprimé son souhait de réviser ces accords, alors que l’Algérie temporise et tient à préserver les intérêts de notre émigration en France, qui ont trait à la circulation des biens et des personnes et à l’emploi notamment. Les deux pays étaient sur le point d’entamer des négociations sur cette question sensible, mais aucune suite n’a pu leur être donnée.
M. Guéant a également indiqué que le volet sécuritaire sera discuté avec son homologue algérien. « Nous avons ensemble beaucoup de sujets d’intérêt commun : nos organisations administratives de part et d’autre de la Méditerranée. Notre coopération dans le domaine de la protection civile est importante (…). Il est fondamental que nous continuions à coopérer étroitement dans la lutte contre le terrorisme… », a-t-il encore expliqué. Parler de la lutte antiterroriste, c’est évoquer la situation au Sahel.
Sur cette question, il estime que « c’est un des sujets, bien sûr, sur lequel nos deux pays ont intérêt à se concerter et à coopérer ». Et de se féliciter du « rôle important que joue l’Algérie pour contenir » les groupes armés. En dépit de nombreux points de convergence entre les deux pays en matière de lutte antiterroriste, il n’en demeure pas moins qu’Alger et Paris ont des appréciations différentes quant au paiement des rançons. Sur cette question la position de l’Algérie est largement connue Outre le cadre officiel que revêt cette visite, des observateurs n’ont pas manqué, néanmoins, de donner à ce déplacement un caractère électoral. Selon leurs analyses, le ministre français serait chargé de sonder la tendance du pouvoir algérien concernant la prochaine élection présidentielle en France.
A travers l’histoire de l’élection présidentielle en France, l’Algérie a toujours constitué un enjeu important dans l’équation. Notons que le premier enjeu est bien le réservoir électoral que constituent les émigrés algériens établis sur le sol français. Environ trois millions d’Algériens et de Franco-Algériens résident en France et ces derniers ont le droit de vote. Les électeurs algériens sont ainsi considérés comme les plus importants parmi les immigrés en France.

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