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UN SCÉNARIO À LA MAROCAINE N'EST PAS À ÉCARTER

Que font les démocrates?

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Abdelaziz Belkhadem se dit prêt à une éventuelle alliance avec les partis islamistes dans le cas où il n'obtiendrait qu'une majorité relative.

Les partis à caractère républicain ont souvent été victimes de leur ego. Ils s'apprêtent à affronter les prochaines élections législatives, encore une fois, en rangs dispersés. Ce rendez-vous électoral n'offre pourtant que peu de garanties à une quelconque des différentes formations politiques en lice de remporter ce scrutin à une majorité absolue. D'autre part, il est pratiquement acquis que les Algériens ne leur signeront pas de chèque en blanc. Le parti des abstentionnistes est même donné «vainqueur» de ce test électoral majeur. Un double obstacle qui ne sera pas facile à franchir. Cette politique du «chacun pour soi» profitera-t-elle aux partis islamistes qui donnent l'impression d'être plus structurés? Il est incontestable que le Front de libération nationale qui représente une formidable machine électorale, n'aurait probablement fait qu'une bouchée de ses conccurents il y a quelque temps de cela.
Ce qui ne semble plus le cas aujourd'hui. Miné par des schismes internes, les forces et l'énergie de l'ex-parti unique sont dépensées à tenter de recoller les morceaux et à partir à la conquête du pouvoir en se serrant les coudes. Il demeure cependant le favori de cette compétition. Son effondrement constituerait même une énorme surprise selon les observateurs avertis de la scène politique algérienne.
La Coface (Compagnie française d'assurance du commerce extérieur) pronostique une victoire du FLN aux prochaines élections législatives qui se dérouleront au mois de mai 2012. Sur quels arguments repose cette prédiction? «La continuité politique prévaut depuis la réélection du Président Bouteflika en 2009, pour un troisième mandat courant jusqu'en avril 2014, et le FLN au pouvoir devrait conserver la majorité à l'issue des élections législatives de mai 2012», souligne-t-elle dans sa note «Risque pays» publiée le 16 janvier. Une analyse qui devrait aller droit au coeur du secrétaire général du FLN qui a écarté l'hypothèse d'un raz-de-marée des islamistes aux prochaines élections législatives? «Les courants islamistes ne dépasseront pas au total les 35% lors des prochaines élections» a déclaré Abdelaziz Belkhadem le mois de décembre dernier à l'occasion d'une conférence de presse qu'il a tenue au siège de son parti qu'il voit sortir vainqueur de cette joute électorale. L'ex- chef du gouvernement n'écarte d'ailleurs pas une éventuelle alliance avec la mouvance islamiste dans le cas où sa formation n'obtiendrait qu'une majorité relative.
Un scénario à la marocaine n'est pas à écarter. Pendant ce temps-là, que font les démocrates? Apparemment ils s'égarent en conjectures. «S'il y a un fort taux d'abstention, nous savons ce qui va se passer à l'image de ce que nous avons vu en Tunisie et au Maroc. L'abstention ne profite qu'aux intégristes», a souligné le président de l'Union pour la démocratie et la République (UDR), l'invité de la rédaction de la Chaîne III. «Je ne crois pas que les élections prochaines soient déjà faites. Je ne crois pas du tout à la victoire des intégristes. Mais, il y a un certain nombre de préalables pour permettre aux démocrates et républicains de gagner ces élections», a déclaré, hier, Amara Benyounès sur les ondes de la Radio nationale.
L'heure n'est pas à l'unification des forces démocratiques au contraire de la mouvance islamiste algérienne qui a le vent en poupe depuis que l'Afrique du Nord (Tunisie, Maroc, Egypte...en attendant la Libye) s'est revêtue de vert. Le président du Front démocratique, quant à lui, veut calmer le jeu et ne pas sombrer dans ce type de manichéïsme. «Ces derniers temps, nous entendons des discours alarmants et alarmistes: le peuple est appelé à choisir entre le mauvais et le moins mauvais. Soit nous, soit les islamistes», a fait remarquer récemment Sid Ahmed Ghozali, invité de l'émission «Aktar min médjhar» de la Chaîne I de la Radio nationale. «Les islamistes n'auront jamais la majorité...il faudrait un miracle pour qu'un parti remporte la majorité avec le système de vote à la proportionnelle», a prédit de son côté Ahmed Ouyahia. Observateur averti et sans concession de la scène politique algérienne, Abdelaziz Rahabi dénonce deux tares qui minent les démocrates algériens: la recherche du leadership et le schisme. Est-ce irrémédiable? Non, pense t-il. Il existe une alternative: «Le FFS peut être le rassembleur ou le principal animateur du bloc démocratique. C'est autour du FFS que le bloc démocratique peut faire valoir son programme, sa place et son projet de société», a recommandé l'ex-ministre de la Communication et de la Culture dans une interview accordée à L'Expression, publiée le 17 janvier 2012.

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