PARTICIPATION OU NON DES PARTIS
Les nouvelles formations dans «l'incertitude»
Le processus d'agrément est jugé complexe et très lourd. Les responsables des partis sont totalement absorbés par les tâches organiques internes.
Le cap des congrès constitutifs est un obstacle que les nouveaux partis doivent dépasser s'ils veulent être au rendez-vous lors des prochaines législatives. Si les conditions de création de formations politiques sont légèrement assouplies en la circonstance par rapport à la précédente loi organique, en revanche la courte période impartie jusqu'au scrutin prochain n'est pas pour faciliter la tâche aux nouvelles formations qui piaffent d'impatience. Si le nombre de membres fondateurs a été revu à la baisse en passant de 25 à 24, il n'en demeure pas moins que les contraintes que représente la tâche de créer un parti politique restent ardues. La nouvelle loi sur les partis réduit également le nombre de wilayas d'où doivent être issus les membres fondateurs, de 16 wilayas à 12. La déclaration constitutive du parti politique qui s'effectue sous forme d'un dépôt de dossier auprès du ministère de l'Intérieur peut faire l'objet d'un rejet d'autorisation de la tenue d'un congrès constitutif. Le nombre de congressistes doit comprendre une proportion représentative de femmes.
Cependant, il n'est pas certain d'échapper à toutes les embûches qui jalonnent le chemin rocambolesque menant vers la création d'une formation politique. Ayant à son actif une longue expérience en la matière, Abdallah Djaballah a reconnu qu'il était totalement absorbé par les tâches organiques internes et que toutes les questions relatives aux législatives ont été reportées sine die. Le président du Front pour une Algérie nouvelle (FAN), Djamel Benabdeslam, souligne que le processus d'agrément est complexe et très lourd. Plusieurs partis n'ont pas pu aller au-delà de l'étape du dépôt de dossier, d'autres du congrès constitutif. La nouvelle loi sur les partis politiques publiée dans le Journal officiel stipule que pour se tenir légalement, le congrès constitutif doit être représentatif de plus du tiers (1/3) du nombre de wilayas au moins, soit plus de 16 wilayas, réparties à travers le territoire national.
Le congrès constitutif doit réunir au moins quatre cents (400) à cinq cents (500) congressistes, élus par mille six cents (1600) adhérents au moins, sans que le nombre de congressistes ne soit inférieur à seize (16) par wilaya et celui des adhérents inférieur à cent (100) par wilaya.
Le nombre de congressistes doit comprendre une proportion représentative de femmes. A l'exception de quelques partis d'obédience islamiste, dont la plupart des vieux routiers et dissidents de partis connus sur la scène politique, les autres partis peineront à prendre part aux législatives. La polémique née autour de la question de la participation ou non de nouveaux partis aux législatives prochaines sera forcément ressuscitée par ces obstacles sur le parcours de ces partis «mort-nés».
Cette exigence d'être présents dans au moins 16 wilayas à raison de plus d'une centaine d'adhérents dans chacune d'elle, relève d'un «travail de longue haleine dans le processus de création d'un parti politique», selon les observateurs. Par conséquent, plusieurs partis appellent d'ores et déjà au report des législatives. «Sur une quinzaine de dossiers déposés, une dizaine seulement ont satisfait aux conditions de délivrance de l'autorisation de tenir leur congrès», selon le ministre de l'Intérieur. Le nombre de nouveaux partis qui auront le privilège de concrétiser leur activité sur la scène politique, devrait se rétrécir davantage alors que le spectre de l'abstention est de plus en plus redouté. Sur un autre plan, le département de l'intérieur tente de se rattraper par une pratique à la mode: l'envoi de SMS d'incitation au vote. Des «textos» incitant les gens à aller voter sont envoyés aux abonnés de la téléphonie mobile depuis une semaine. «Voter est un acte de citoyenneté et de responsabilité», lit-on sur le message du ministère de l'Intérieur. Or, selon les analystes politiques, l'abstention traduit soit un désintérêt total pour la vie publique, soit un choix politique actif consistant à ne pas se prononcer afin d'exprimer son désaccord. Néanmoins, l'abstention semble traduire une crise de la représentation et peut poser la question de la légitimité du pouvoir politique élu avec une faible participation. Le vote est un droit et n'est pas, juridiquement, une obligation.

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