LUTTE ANTITERRORISTE AU SAHEL
«Le renseignement pour traquer Al Qaîda»
Les efforts de tous les pays du Sahel ne seront pas de trop pour combattre l'hydre terroristeLe Sahel est de plus en plus confronté à des menaces qui compromettent tous les efforts de développement de la région.
Face aux multiples menaces terroristes, à la circulation des armes en provenance de la Libye dans les pays du Sahel et la dégradation de la situation sécuritaire qui y prévaut, les Etats du champ direct à savoir l'Algérie, la Mauritanie, le Niger et le Mali, réunis à Nouakchott, les 23 et 24 du mois courant, ont saisi cette occasion pour procéder à la création de deux comités communs, l'un portant sur la politique d'ordre sécuritaire et l'autre à caractère technique. Ces structures souligne le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, «ont été créées pour renforcer les mécanismes déjà existants de coopération entre les pays du champ».
Le ministre ajoute, lors d'un point de presse conjointement animé avec les partenaires des pays du champ, que «le comité politique aura pour mission la planification du suivi et de la mise en oeuvre de toutes les actions des ministres des Affaires étrangères des quatre pays, alors que le comité technique de suivi des projets de développement sera, par contre, chargé d'animer et de coordonner l'action des pays de la région dans les domaines des grands projets structurants, notamment des infrastructures et des projets ayant un impact direct sur la vie des populations dans les zones les plus enclavées».
Le ministre relève encore à ce même propos: «Le comité politique sera soit au niveau des ministres des Affaires étrangères, de la Défense ou encore au niveau des chefs d'Etat des quatre pays.» Par la même occasion, Messahel a également exprimé l'engagement de l'Algérie pour la prohibition du paiement de rançons et toute concession, comme la libération des terroristes condamnés ou poursuivis par la justice. Les pays du champ ont réitéré, mardi à Nouakchott, leur détermination à faire face ensemble aux nouveaux défis sécuritaire intervenus dans la région du Sahel, notamment à l'ombre des conflits en Libye, qui ont placé le pays dans un contexte chaotique. Citant la circulation anarchique des armes, la criminalité transnationale et le terrorisme et ses connexions avec la secte Boko Haram au Nigeria, le chef de la diplomatie malienne, Soumeylou Boubèye Maiga, affirme que «la région est de plus en plus confrontée à des menaces qui compromettent tous les efforts de développement de la zone». Il estime que «la pauvreté offre un terrain relativement favorable aux organisations terroristes qui se nourrissent d'activités illicites, particulièrement le trafic de drogue et les rançons obtenues par la prise d'otages». A ce sujet, il ajoute: «Nous devons arrêter une stratégie de lutte commune au niveau bilatéral et multilatéral mais aussi au plan juridique, institutionnel et opérationnel. Cette stratégie doit constituer une réponse multiforme, concertée et collectivement maîtrisée, dans le cadre de la coopération sous-régionale.» Dans son intervention, il propose «une assistance aux populations des frontières des quatre pays et le renforcement de l'entraide juridique par des conventions et des programmes de formation dans le domaine de la circulation transfrontalière, du contrôle des documents de voyage et de la lutte antiterroriste». En citant les violences survenues au nord de son pays, il prévient que «la réunion s'inscrit dans un contexte marqué par l'amplification des menaces déjà existantes par l'afflux massif d'armes et le retour d'ex-soldats, de Libye. Ce mouvement a accru le potentiel de violence en particulier dans le nord du Mali et d'amplification des réseaux et d'instrumentalisation des revendications». Il est à préciser dans ce contexte que l'UFL est un mécanisme qui regroupe les chefs des services de renseignements des pays du champ, qui se sont dotés en 2010 d'un Comité d'état-major opérationnel conjoint (Cémoc) basé à Tamanrasset. Ces structures ont pour objectif essentiel de coordonner les actions des armées de chaque pays dans la lutte antiterroriste et d'arriver à mener des opérations conjointes et plus précises, détruire les filières logistiques et infrastructurelles des terroristes et de les déloger de leurs sanctuaires.

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