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L'EURO S'ÉCHANGE À 140 DA AU MARCHÉ PARALLÈLE

La descente aux enfers du dinar

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La dégringolade est beaucoup plus prononcée dans la sphère informelleLa dégringolade est beaucoup plus prononcée dans la sphère informelle

La dépréciation du dinar est d'autant plus ressentie que la facturation de nos importations se fait en euros et les exportations en dollars.

La cotation du dinar algérien a toutes les chances de continuer à représenter la pomme de discorde entre économistes, patrons et gouvernement. Alors que les deux premiers parlent d'une véritable dévaluation, le gouvernement s'attache à la thèse de la dépréciation de la monnaie nationale. C'est ce qu'a encore déclaré récemment le ministre des Finances, Karim Djoudi.
Le dinar algérien, qui était échangé au début des années 1990 à 20 dinars le dollar, a connu rapidement une dévaluation pour atteindre un taux de change à plus de 40 dinars pour un dollar entre 1994/1995 en raison du rééchelonnement en 1994 de la dette extérieure. Le dinar algérien avait continué sa descente aux enfers après 1995 pour atteindre aujourd'hui un taux de change de 79,64 dinars pour un dollar à la vente, soit une augmentation de l'ordre de 200% en 20 ans. Au marché parallèle, le dinar est échangé avec un taux dépassant les 140 dinars pour un euro, précise-t-on. La monnaie nationale se négociait à 70 dinars pour un euro en fin 1999, celui-ci vaut 91 dinars en 2006 jusqu'à atteindre aujourd'hui 111 dinars.
Autant dire une évolution historique catastrophique. En cette période, le dinar a déjà perdu 94% de sa valeur des année 1970. Notons cependant une dépréciation du dinar par rapport à l'euro de plus de 7% (contre environ 2% de dépréciation face au dollar) entre 2004 et 2005. Fin novembre 2006,
1 euro s'échange contre 91 DZD et 1 USD contre 69 DZD pour respectivement 86 et 73 DZD fin 2005: le dinar a donc continué de s'apprécier par rapport au dollar US
(+ 5,5%) alors qu'il se dépréciait dans le même temps de 6% face à l'euro. Une situation hautement pénalisante pour une économie totalement dépendante de ses exportations.
Pendant toute la période de dévaluation continue du dinar, «le marché parallèle a littéralement explosé et le cours au «noir» reflétait plus la réalité économique que le taux de change officiel» selon les analystes. Un euro qui s'achetait à 98,18 DA à partir du 20 novembre dernier est monté à 99, 49 dinars à compter du 18 décembre, puis passant au-dessus de la barre des 100 dinars, soit 101,90 DA à partir du 25 décembre. Le billet vert a connu également une tendance haussière.
De 72,96 DA l'unité en fin novembre de l'année écoulée, il a progressé jusqu'à 73,71 DA à l'achat à la dernière semaine du mois de décembre de l'année écoulée. La dépréciation du dinar est d'autant plus ressentie que la facturation de nos importations se fait en euros et les exportations en dollars.
La dégringolade est beaucoup plus prononcée dans la sphère informelle qui brasse 40% de la masse monétaire en circulation, soit «environ 13 milliards de dollars», selon les chiffres avancés par les experts.
Depuis quelques années, l'écart entre l'échange officiel et parallèle, du reste anormal, est très important. Selon les économistes, «la Banque d'Algérie a fait le choix de laisser glisser le taux de change pour freiner le taux d'inflation tiré vers le haut par les augmentations de salaires et l'accroissement des importations».
Les importations couvrent «70/75% des besoins des ménages et des entreprises dont le taux d'intégration ne dépasse pas 10/15% et 97/98% des exportations sont le résultat des hydrocarbures à l'état brut et semi-brut», selon les experts économiques.
Pour eux, il existe «une dialectique des liens entre la logique rentière et l'extension de la sphère informelle qui favorise la dépréciation du dinar: l'évasion fiscale. Ce qui constitue inévitablement un véritable frein au véritable développement hors hydrocarbures. Le dinar est une monnaie presque dépendante du dollar, étant donné que les revenus en devises sont issus à 97% des hydrocarbures. Il est à noter par ailleurs que le montant des réserves de change placées aux Etats-Unis est estimé à 173,6 milliards de dollars à la fin juillet. Ceci dit, le moindre dérapage de la valeur du dollar américain aura un impact négatif sur la facture des exportations et par ricochet sur les recettes financières de l'Algérie. Pour rappel, les importations de l'Algérie, principalement payées en euros, ont franchi la barre de 46 milliards de dollars durant l'année 2011 contre plus de 40 et 39,29 milliards de dollars en 2010 et 2009.

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