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LAITERIE DE DRAÂ BEN KHEDDA À TIZI OUZOU

La reprise divise les travailleurs

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La question de la reprise ou de la poursuite de la grève à la laiterie de Draâ Ben Khedda divise les travailleurs grévistes. Hier, une trentaine de travailleurs ont exprimé via l'Ugta leur volonté de reprendre le travail dans les plus brefs délais. Lors de leur entrevue avec le wali, ces derniers ont soulevé la nécessité de mesures de sécurité aux alentours de l'usine. Cette demande est, selon eux, motivée par la garantie de leur sécurité. Pour ce groupe de travailleurs, la reprise est une nécessité pour sauver l'entreprise de ceux qu'ils qualifient d'aventuriers. La reprise, pour eux, est dictée par la nécessité de nourrir leurs enfants après quatre mois de chômage. D'un autre côté, le reste des grévistes refusent de rejoindre leurs postes jusqu'à satisfaction de toutes leurs revendications, affirment-ils. Considérant que la grève est un droit syndical, les grévistes ne comptent pas céder à ce qu'ils considèrent comme du chantage. Pour appuyer leur argumentaire, ces derniers dénoncent la volonté des pouvoirs publics de les contraindre par la force à mettre fin à leur mouvement. Faisant de la renationalisation de l'entreprise comme leur principale revendication, les travailleurs grévistes se disent déterminés à aller jusqu'au bout de leur action. D'ailleurs, ils n'hésitent pas à considérer leurs camarades qui ont comparu devant le juge comme une preuve du harcèlement mené par le repreneur privé afin de les faire abdiquer. L'on se rappelle que le jour de leur comparution, un sit-in a été observé devant le tribunal de la ville de Tizi-Ouzou. Aussi, la question de la reprise s'avère être un facteur de division au sein du personnel de cette entreprise qui alimente en grande partie la wilaya de Tizi Ouzou en lait en sachets et autres produits dérivés. Alors que les uns comptent reprendre leur travail pour, disent-ils, nourrir leurs enfants, et que les autres tiennent à leurs revendications, le lait se fait très rare. la situation appelle de ce fait, pour le bien des travailleurs de l'entreprise comme de la population, les différents intervenants, pouvoirs publics, le patron, syndicats et classe politique à un franc dialogue social. Il semblerait que le statu quo soit le résultat d'un manque de dialogue entre ces derniers. La preuve en est que les forces de police, dépêchées il y a quelques jours sur les lieux, n'ont pas réussi à faire reprendre le travail aux grévistes. Ce n'est ni par la force ni par la manipulation que les solutions viendront mais plutôt par un large dialogue entre toutes les parties concernées.

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