ÉDUCATION NATIONALE
Les corps communs poursuivent la grève
Après trois semaines de débrayage, les corps communs ont décidé de prolonger leur mouvement de grève de deux semaines en brandissant la menace du boycott des législatives si leurs revendications ne sont pas satisfaites d'ici là.
Dans une déclaration rendue publique, la Coordination nationale des corps communs et les ouvriers professionnels appellent à poursuivre le mouvement de grève jusqu'au 15 février prochain avec une batterie d'actions suite à la réunion nationale tenue mardi dernier au siège de la Snte à Alger.
Ainsi, après trois semaines de grève reconductible ponctuée par des rassemblements au niveau de wilaya et un sit-in national devant l'annexe du MEN, les corps communs et ouvriers professionnels de l'Education nationale reconduisent leur mouvement de protestation pour 15 autres journées.
Ils prévoient aussi de tenir un rassemblement le 12 février prochain devant le ministère de l'Education nationale et une rencontre nationale à Béjaïa le 14 du mois en cours, cela afin de décider des suites à donner à leur mouvement.
Mieux encore, ils brandissent la menace d'appeler au boycott des élections législatives du 12 mai prochain. Cette réaction musclée des corps communs des travailleurs de l'éducation, qui appellent par là même à l'unification des rangs des différents autres secteurs de la fonction publique, vient en réponse au mépris des pouvoirs publics et à la léthargie du ministre de l'éducation nationale. Ce dernier a affiché un niet catégorique à la revendication principale relative à l'intégration des corps commun et ouvriers professionnels dans les corps de l'éducation.
Selon M.Ounahi, le secrétaire général de la section de wilaya des corps communs de Béjaïa affiliée à l'Ugta, partie prenante de l'Intersyndicale des corps communs, «la reconduction du mouvement de grève pour quinze jours est justifiée par le mépris affiché par les pouvoirs publics en général et le ministre de l'Education en particulier à l'égard des corps communs».
Le même responsable a ajouté que «pour prouver que nous ne sommes pas des citoyens du deuxième collège, nous envisageons sérieusement d'entamer des actions de sensibilisation dans les sens de boycotter les législatives prochaines».
Une fois n'est pas coutume. La menace ne vient pas d'un parti politique, elle émane du monde de la société civile représenté par un syndicat, le Snte en l'occurrence, épaulé par une section de wilaya des corps communs de Béjaïa affiliée à l'Ugta.
Tous les moyens semblent bons aux yeux des corps communs et des ouvriers professionnels, les laissés-pour-compte du secteur de l'éducation, pour arracher leurs droits en cette période marquée par la hantise de l'abstention.
Les corps communs de la fonction publique représentent aujourd'hui quelque 780.000 fonctionnaires tous secteurs confondus. Ils sont tous éligibles à l'acte de vote. En somme, loin des intérêts partisans, la menace semble sérieuse lorsqu'il s'agit d'intérêt général partagé.
La balle est désormais dans le camp des autorités concernées pour prendre en charge les revendications des corps communs qui ont prouvé par leur action qu'ils sont indispensables à l'accomplissement de l'acte pédagogique.

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