RAPPROCHEMENT ALGÉRO-MAROCAIN
La feuille de route américaine se fait persistante
Henri S. Ensher, ambassadeur des Etats-Unis en AlgérieLes Etats-Unis sont prêts à jouer le rôle d'intermédiaire entre l' Algérie et le Maroc pour résoudre le conflit entre les deux parties.
L'ambassadeur des Etats-Unis en Algérie, Henri S. Ensher, a affirmé dans son récent entretien au quotidien El Khabar, que son pays est prêt à jouer le rôle d'intermédiaire entre l'Algérie et le Maroc en vue de trouver une solution au conflit qui oppose les deux parties. Il est clair que le diplomate américain fait allusion au dossier relatif à la décolonisation du Sahara occidental et l'autre concernant les frontières qui demeurent fermées depuis maintenant 18 ans entre les deux pays voisins.
Or, l'Algérie a toujours déclaré solennellement son refus de la médiation de quelque partie que ce soit. Car la problématique entre les deux pays est toute simple. D'abord, la prise en charge de la question du Sahara occidental dépend de la commission de décolonisation de l'ONU, donc un problème parmi d'autres dont l'Algérie défend le principe du droit à l'autodétermination des peuples.
S'agissant des frontières terrestres, il faut savoir qu'elles étaient fermées unilatéralement par le Maroc en août 1994 suite à l'attentat contre l'hôtel Asni à Marrakech, lors duquel des touristes espagnols ont été tués. Rabat a accusé alors les services de renseignements algériens d'avoir organisé l'attentat.
Par la suite, le Maroc a pris la décision de fermer les frontières et d'exiger le visa pour les Algériens, y compris les étrangers d'origine algérienne.
Pas seulement, puisque une chasse à l'homme et la saisie des biens d'Algériens établis au Maroc s'ensuivit.
Pour la réciprocité, l'Algérie a décidé à son tour de fermer les frontières avec le Maroc.
Entre-temps, il a été établi que l'Algérie n'avait rien à voir ni de près ni de loin avec l'attentat ciblant le Maroc. Par conséquent, l'Algérie pose ses conditions sine qua non avant la réouverture des frontières. En premier lieu, il s'agit des excuses que doit présenter le Maroc pour des accusations non fondées envers l'Algérie et en deuxième lieu, la restitution des biens des Algériens saisis.
Dès lors, les observateurs discernent mal les tenants et les aboutissants de la proposition d'intervention des Etat-Unis qui semblent «soucieux» de l'avenir de l'UMA. Il est d'autant plus incompréhensible que l'Algérie et le Maroc ont toujours maintenu une fenêtre de dialogue et, depuis quelques mois, le rapprochement bilatéral est plus ou moins avéré avec des visites croisées de hauts responsables des deux pays.
Toutefois, les déclarations du diplomate américain interviennent avant la visite déjà annoncée de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton en Algérie et au Maroc. Cette dernière, pour rappel, a eu un entretien téléphonique avec son homologue marocain Saad Eddine Othmani, au lendemain de la visite de ce dernier en Algérie.
Créée en 1989, l'UMA est en panne depuis 1994. Il a été convenu, lors de cette visite, que les questions épineuses du Sahara occidental et des frontières terrestres, évacuées de l'ordre du jour des discussions, seront évoquées prochainement.
Sur un autre plan, l'ambassadeur américain à Alger a insisté pour que les réformes adoptées par les autorités répondent aux aspirations des Algériens.
Il considère également qu'il est prématuré de porter un quelconque jugement positif ou négatif, avant de constater les résultats sur le terrain. «Je pense que les prochaines élections seront une station qui montrera sur le terrain l'efficacité des réformes engagées», a-t-il ajouté.
Le même diplomate a expliqué qu'il est presque impossible de prévoir les résultats des prochaines élections, tout comme il était impossible d'imaginer la nouvelle carte politique infligée par les élections dans les pays voisins, où les islamistes ont remporté les élections, faisant allusion au Maroc et à la Tunisie.
Par ailleurs, le faible taux de participation aux législatives influera négativement sur le prochain gouvernement, qui manquera de crédibilité.
Enfin, dans le cas où les islamistes remporteraient les prochaines élections, les Etats-Unis ne changeront pas de position, selon Ensher. «Nous n'avons aucun problème d'ordre idéologique ou religieux avec quiconque. Toutefois, ce qui est important, c'est qu'aucun parti n'utilise la violence ou la force pour arriver au pouvoir», a-t-il estimé.

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