LORS DE SA RÉUNION DE MARDI DERNIER
Le Conseil des ministres «zappe» les intempéries
Le président de la République a toutes les prérogatives pour signer un décret présidentiel portant convocation du corps électoralTrès attendue par la classe politique nationale, la convocation du corps électoral n'était pas également inscrite à l'ordre du jour.
Tenu dans des conditions météorologiques exceptionnelles, le Conseil des ministres a «zappé» avant-hier ce dossier de sa réunion. Et pourtant! C'est tout le pays qui est paralysé. Des centaines de routes coupées, des dizaines de villages isolés des populations sombrent dans le noir et le froid. Le manque d'approvisionnement en gaz de butane, en produits alimentaires nécessaires et autres difficultés d'accès des populations aux soins sont flagrants. Des appels de détresse sont lancés ici et là par la population. Des villages entiers situés dans les hautes montagnes sont déconnectés du reste du pays et leurs populations font face à la loi de Dame nature. Pis encore, depuis le début de ces intempéries, les différents services des éléments de la Protection civile et des forces de sécurité ont recensé des dizaines de morts parmi les populations, pour causes diverses. Cette situation n'a pas seulement provoqué des pénuries, mais des hausses folles des prix de tous les produits alimentaires qui sont d'une rareté extrême dans certaines localités. N'est-ce pas là une situation d'urgence? Certes, des décisions sectorielles ont été prises par les différents départements ministériels, mais le Conseil des ministres s'est tenu à l'heure où le pays était face à une «catastrophe naturelle». De pareilles situations d'urgence sont inévitablement discutées lors de ces réunions qui regroupent les hauts responsables de l'Etat. Dans de telles circonstances, tous les moyens de l'Etat doivent être mobilisés. Les services publics devaient mettre en place un plan d'urgence et être en alerte rouge permanente. Or, ce dossier est passé sous silence mardi dernier. L'autre question tant attendue par la classe politique nationale est relative à la convocation du corps électoral.
En examinant un décret présidentiel portant organisation et fonctionnement de la Commission nationale de supervision des élections, la convocation du corps électoral n'a pas été évoquée à cette réunion. De nombreux observateurs estimaient que cette question devait être tranchée en Conseil des ministres, même si le président de la République a toutes les prérogatives pour signer un décret présidentiel portant convocation du corps électoral. Cette question était la plus attendue par les acteurs de la scène politique, parmi les décisions à prendre. Des déclarations ont été faites par les hauts responsables annonçant que le chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, procédera avant la fin de la semaine à la convocation du corps électoral. Même Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la Nation, a affirmé, jeudi dernier, que le chef de l'Etat annoncera ces jours-ci, la convocation du corps électoral. Abdelaziz Bouteflika «convoquera le corps électoral dans quelques jours», a-t-il dit dans une allocution prononcée à la clôture de la session d'automne du Conseil de la Nation. Il va falloir attendre aujourd'hui ou au plus tard le début de la semaine prochaine pour la signature de ce décret.
La convocation du corps électoral signifie directement l'annonce de la date officielle de la tenue des élections législatives.
A noter que lors de cette réunion, quatre dossiers ont été examinés et approuvés. Il s'agit d'un projet d'ordonnance portant loi de finances complémentaire pour l'année 2012, un projet d'ordonnance relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, un projet d'ordonnance déterminant les circonscriptions électorales et le nombre de sièges à pourvoir pour l'élection du Parlement et un décret présidentiel portant organisation et fonctionnement de la Commission nationale de supervision des élections.
A cela s'ajoutent des décisions individuelles relatives aux fonctions supérieures de l'Etat.

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