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BOUIRA

La police au secours des démunis

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La Sûreté nationale a organisé en présence de la presse locale une opération d'aide et d'assistance aux familles les plus démunies et des SDF aux quatre coins du chef-lieu de wilaya.
C'est en présence du chef de sûreté par intérim Tazekrit Djamel et les chefs des différents services de l'institution, ainsi que les 3 chefs des sûretés urbaines que des denrées alimentaires ont été distribuées à plusieurs familles dans les quartiers de Ras Boira, Haouch Hadda, Draâ El Bordj... Plus de 100 colis ont été remis pour l'occasion à des familles dans le besoin. Juste avant le début de cette opération, un bilan des activités des différents services a été présenté aux journalistes.
L'institution qui active sur deux plans, en l'occurrence la lutte contre les crimes et délits de droit commun et la lutte contre le terrorisme, a enregistré pour l'année 2011 pas moins de 2643 affaires. Les délits divers représentent quelque 91% de ces affaires alors que les 9% restants relèvent de la criminalité.
La wilaya a connu une nette hause en termes d'agressions à l'arme blanche puisque pas moins de 440 cas ont été pris en charge par les policiers de la brigade judiciaire. 863 affaires de vols et d'atteinte aux biens ont été traitées et 55 affaires inhérentes aux stupéfiants ont été élucidées. Pour le debut de l'année en cours et pas plus tard que mardi, aux environs de 4h du matin, les éléments de la PJ ont arrêté un groupe de 4 malfaiteurs en flagrant delit de tentative de vol d'un véhicule.
Les mis en cause originaires de Boumerdès semblent être les auteurs du vol d'une voiture au niveau de la cité des «Allemands» ou cité des 50 logements, forfait commis la veille. L'autre grand service qu'est la police de l'ordre public a eu à gérer les multiples actions de rue et dont la dernière reste les émeutes de la cité Zerrouki et qui avait fait quatre blessés parmi les éléments de la police. «Ce corps a eu à recourir plusieurs fois à la diplomatie pour éviter d'aggraver les situations. Nous avons toujours tenté d'apaiser la grogne populaire en servant d'intermédiaire auprès des autorités qui ont toujours répondu à nos sollicitations», nous affirmera l'adjoint chef de sûreté de wilaya, chef du service. Pour revenir à l'opération d'aide aux démunis, nous avons découvert avec les policiers des cas qu'aucune morale ne peut tolérer.
A Ras Boira, un quartier périphérique de la ville, trois membres d'une famille vivent dans des conditions qui rappellent l'âge de la pierre. Le mari, 86 ans, gravement malade et alité, son épouse 75 ans et sa soeur 80 ans s'entassent dans une chambre. La petite cour de ce logement sert de dépotoir. Ces vieilles personnes côtoient les rats et de la chambre se dégage une odeur insupportable. Malgré l'insistance des officiers pour les transférer au centre d'accueil pour les personnes âgées, les occupants opposeront un niet catégorique. Les jeunes du quartier, qui ont accouru à la vue des véhicules de la police, nous apprendront que depuis la détérioration du temps aucun responsable n'est venu s'enquérir de la situation de ces trois personnes vulnérables. Ils vivent des dons des voisins et de la solidarité populaire. «Après le mauvais temps, ils viendront nous promettre monts et merveilles juste pour qu'on vote pour eux», nous criera à la face un jeune. «Hier nous sommes allés chez eux et leur avons préparé un café. Le vieux nous dira que depuis des années il n'a pas pris de café», ajoutera notre interlocuteur qui a tenu à remercier les policiers pour leur geste. «Même si ce n'est pas leur travail ils sont venus au moins apporter leur soutien», tiendra-t-il à souligner. Un peu plus loin, une scène similaire sera vécue. Là il s'agit d'un couple de vieux dont les six enfants ont abandonné à leur sort. Le père 99 ans aveugle vit avec sa femme des dons et des aides des voisins. La maison est un taudis pas plus haut qu'un être humain. La masure en terre cuite et couverte de tôles, risque de s'effondrer à tout moment. Là aussi la présence des policiers a suscité la joie parmi les présents qui regrettent l'absence des élus. A Draâ El Bordj, une vieille invitera les présents à venir manger une soupe aux abats. A Haouch «Hadda», situé au centre-ville, 11 familles vivent dans des gourbis où l'absence de l'électricité, l'exiguïté des lieux, les fortes chutes de neige sont des dangers qui guettent ces résidents qui sont là depuis les années 1940, selon un occupant. Croyant à une quelconque commission de recensement, les occupants ont ouvert leurs habitations précaires et invité les présents à venir constater de visu leurs conditions de vie. Nous avons rencontré sur place des étudiants, des lycéens et des parents qui attendent d'être relogés. «Depuis plus de deux années on nous promet la solution mais elle tarde à venir.» Signalons que parmi ces occupants figurent des fonctionnaires des services de sécurité en exercice. En entrant au commissariat central, nous trouverons une femme et son enfant originaires de Bordj Bou Arréridj bloqués par la neige. Ils seront pris en charge pour la nuit en attendant le redoux.

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