APRÈS SEPT MOIS DE DÉTENTION
Trois otages européens relâchés par le Mujao
Leur libération intervient quelques jours seulement après celle de trois des sept otages algériens enlevés il y a deux mois à Gao.
Assiste-t-on à un début de décantation dans le nord du Mali? Tout porte à le croire au vu des récents développements opérés dans la région du Sahel, ponctués par la libération des trois otages européens.
Enlevés le 23 octobre 2011, près de Tindouf, Enric Gonyalons et Ainhoa Fernandez Rincón, ainsi que Rossella Urru, ont été relâchés mercredi dernier. Leur libération intervient quelques jours seulement après celle de trois des sept otages algériens enlevés il y a deux mois à Gao. Sur un autre chapitre, si le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), groupe qui les retenait, a évoqué le versement d'une rançon de 15 millions d'euros à son groupe, un flou demeurait sur l'échange qui a permis ces libérations, les versions de la médiation burkinabée, du Niger et du Mujao ne correspondant pas entre elles.
Des émissaires du Burkina Faso, pays souvent impliqué dans les libérations d'otages dans la région ces dernières années, étaient allés récupérer les ex-otages mercredi près de la grande ville de Gao, fief du Mujao dans le Nord malien, désormais entièrement contrôlé par les islamistes armés. En raison d'une météo mauvaise et de la lenteur à regrouper un trio séparé, l'opération n'a pu se conclure que jeudi. En plus des rumeurs faisant état du versement de rançon, les otages européens auraient été relâchés en échange de la libération de trois islamistes, deux en Mauritanie et un au Niger.
Le gouvernement du Niger a démenti jeudi être sur le point de libérer un prisonnier islamiste dans le cadre d'un accord ayant permis la libération de trois otages européens dans le nord du Mali, assurant n'avoir aucun «moudjahid» en détention».
«Nous n'avons pas de 'moudjahidine'' en détention au Niger», a assuré, à l'AFP, le ministre nigérien de la Justice, Marou Amadou, porte-parole du gouvernement.
Le Polisario qui, dans un premier temps avait accusé Aqmi du rapt, a exprimé sa «grande joie» après la libération des trois Européens et assuré avoir «déployé de grands efforts» dans ce but.
Le Mujao avait annoncé le 12 juillet avoir relâché trois des sept otages algériens enlevés le 5 avril au consulat d'Algérie de Gao, ce qu'a confirmé Alger. Walid Abu Sarhaoui a «mis en garde» jeudi Alger concernant les quatre autres otages algériens: «Nous avons fixé des conditions, l'Algérie le sait.»
Pour libérer les sept Algériens, le Mujao avait exigé en mai la libération de (ses) frères prisonniers en Algérie, plus une rançon de 15 millions d'euros. Le Mujao et un autre groupe islamiste armé, Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam), alliés d'Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi), occupent depuis fin mars tout le nord du Mali, soit plus de la moitié de ce vaste pays sahélien. Après la libération des trois otages européens mercredi, le Mujao et Aqmi retiennent encore 13 otages dans le Sahel, dont six français.

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