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ANSAR EDDINE ET LE MNLA PRIVILÉGIENT LA SOLUTION POLITIQUE AU NORD DU MALI

Alger impose sa voie

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Alors qu'une délégation d'Ansar Eddine est à Alger, incontournable pour un règlement de la crise, une autre se trouve au Burkina Faso où s'était rendu, hier le chef de la diplomatie malienne.Alors qu'une délégation d'Ansar Eddine est à Alger, incontournable pour un règlement de la crise, une autre se trouve au Burkina Faso où s'était rendu, hier le chef de la diplomatie malienne.

Alors qu'une délégation d'Ansar Eddine est à Alger, incontournable pour un règlement de la crise, une autre se trouve au Burkina Faso où s'était rendu, hier le chef de la diplomatie malienne.

Depuis le début de la crise malienne, l'Algérie n'a ménagé aucun effort pour déclencher des négociations entre toutes les parties en conflit. L'approche est à l'évidence d'occuper l'espace politique pour une sortie pacifique de la crise et éviter le recours à la force pour lequel la France et certains de ses alliés en Afrique, dont la Cédéao, oeuvrent sans relâche. A priori certaines parties ont fini par prendre conscience de l'importance de la démarche tout le temps défendue par les autorités algériennes. Cependant, pouvons-nous encore espérer une solution politique?

Ballet diplomatique...
A quelques jours de l'expiration de l'ultimatum accordé par le Conseil de sécurité de l'ONU à la Cédéao pour présenter un plan d'action devant permettre de préparer une intervention militaire au nord du Mali prédominé par des groupes armés, dont la nébuleuse Al Qaîda au Maghreb islamique, un mouvement politique est observé à Alger. Après la visite de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, repartie déçue selon des sources bien informées après avoir échoué à convaincre l'Algérie de s'impliquer directement, appelant finalement au dialogue, c'est une délégation de l'organisation d'Ansar Eddine, mouvement dirigé par l'ex-rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, qui dans le même cadre a pris la destination de l'Algérie, pays incontournable pour un règlement de la crise.
Cette organisation serait prête à faire des concessions concernant ses rapports avec la mouvance islamiste d'Al Qaîda au Maghreb islamique qui seront matérialisées dans les prochains jours par une déclaration Iyad Ag Ghaly. Dans cette déclaration Iyad Ag Ghaly annoncera officiellement une prise de distance avec la nébuleuse en acceptant l'instauration des principes de la démocratie. Ansar Eddine prévoit de rejoindre ensuite le Burkina Faso dans le même contexte. Ses émissaires devaient discuter à Ouagadougou avec la médiation burkinabée, qui comme Alger espère que ce mouvement va prendre ses distances avec Al Qaîda au Maghreb islamique. De même que les membres de cette délégation devaient s'entretenir hier avec le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé. Ils seront reçus aujourd'hui par le président Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne pour la Communauté économique des Etats d'Afrique.
Il va sans dire que l'Algérie rejointe par le Burkina Faso a réussi à convaincre Ansar Eddine à participer à une solution en l'éloignant d'Al Qaîda au Maghreb islamique, étant une organisation criminelle au même titre que sa prétendue dissidente branche, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Quel impact aura ce mouvement diplomatique sur la crise malienne? Dans notre édition d'hier il était question pour le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra d'initier des négociations bilatérales dès la fin de la réunion des experts internationaux sur le concept d'opération, pour concrétiser les engagements verbaux des pays et organisations partenaires du Mali. C'est dire que pour toutes les parties en conflit, les négociations sont devenues une priorité, qui privilégie une solution pacifique plutôt que le recours à la force.

La «mise au point» du Mnla
Le fait est autant important pour le Mnla. Ce dernier a-t-on rapporté souligne dans une mise au point «le MNLA suit de près toutes ces tractations et continue son intense travail diplomatique pour porter à la connaissance de la communauté internationale sa position face à la situation (au Mali). La représentation diplomatique de l'Azawad en Europe vient de terminer une mission de plus de trois semaines en Afrique du Nord, en Europe et en Afrique de l'Ouest et a présenté sans complaisance le calendrier du Mnla pour la résolution du conflit politique qui l'oppose à l'Etat criminel du Mali. Dans les prochains jours notre délégation est attendue au Canada et aux Etats-Unis». Et d'ajouter: «Le Mnla reste convaincu que toute intervention qu'elle soit militaire ou politique sans son implication franche et directe, est vouée à l'échec. Nous rappelons à ceux qui l'auraient oublié que c'est bien le Mnla qui a chassé l'armée et l'administration malienne entre janvier et avril de toute l'étendue du territoire de l'Azawad et en serait intégralement maitre aujourd'hui si ce n'était la déferlante islamiste qui s'est abattu sur l'Azawad grâce à l'appui occulte de certaines entités.» Ces propos n'ont pas été sans avoir accusé l'armée malienne qu'avec la caution internationale, «se sent dans son bon droit et semble prendre la décision d'une intervention de la Cédéao comme une nouvelle caution dans la mise au pas des Touareg, pour ne pas dire leur extermination.
Le Mnla tient le Mali et ses soutiens pour responsables de tous ces crimes et compte en saisir dans les plus brefs délais la Cour pénale internationale». Précisant que «toutes les preuves sont désormais à la disposition de la communauté internationale pour qu'elle sache entre les mains de quel monstre elle se prépare à remettre la logistique militaire prise sur les contribuables africains et européens»! Pour ce mouvement, «la lutte contre les groupes islamo-narco-terroristes ne peut absolument pas prétexter à une occultation du fond du problème qui nous oppose à l'Etat raciste et criminel de Bamako: le droit à l'existence de notre peuple».
Dans ce même document cette formation ne manquera pas de soutenir «sa disponibilité à participer à toute action politique ou militaire dans la résolution du problème du terrorisme au Sahel, mais il ne servira en aucun cas de sous-main à une quelconque force étrangère qui niera la légitimité du Mnla et du peuple de l'Azawad à prendre son destin en main. Pour ce qui nous concerne, il n'est désormais plus question de confier la sécurité de nos citoyens à qui que ce soit en dehors d'une autorité issue de la volonté du peuple de l'Azawad». Ce qui est sûr, selon des stratèges bien avertis, est que cette intervention militaire tant réclamée par la France, qui semble aller à contre-courant d'une solution pacifique, ne se fera pas avant l'élection présidentielle aux Etats-Unis d'Amérique, estimant par ailleurs que l'Algérie est un facteur-clé dans la résolution du problème.

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