LES ENTREPRISES FRANÇAISES CHERCHENT DES OPPORTUNITÉS D'INVESTISSEMENTS

Arnaud Montebourg aujourd'hui à Alger

Il incarne le patriotisme économique français
Il incarne le patriotisme économique français

De nombreux ministres français oeuvrent pour que la destination Algérie devienne une évidence pour les entreprises françaises de tous les secteurs.

Les dossiers de partenariat et d'investissements seront aujourd'hui au coeur des discussions entre Chérif Rahmani, ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion de l'investissement et son homologue français Arnaud Montebourg. Ce dernier, qui rencontrera d'autres responsables, entame une visite en Algérie qui s'inscrit dans le cadre de la préparation de celle du président François Hollande à la mi-décembre. Le déplacement de celui qui incarne le patriotisme économique français a pour objet de renforcer les relations économiques entre les deux pays. Les deux ministres auront, à coup sûr, des échanges de points de vue sur le dossier Renault. En crise économique, la France cherche aussi de nouveaux partenariats bénéfiques notamment avec l'Algérie qui offre des opportunités d'investissements dans tous les domaines. La venue de Montebourg intervient après celle de la ministre française du Commerce extérieur, Mme Nicole Bricq, en septembre dernier. A cette occasion, le ministre de l'Industrie, Cherif Rahmani, avait souligné les nombreuses opportunités de partenariat qui existent dans divers domaines industriels, tels que l'industrie mécanique, la sidérurgie, le ciment, le médicament, les technologies de l'innovation et la sous-traitance. Il a émis le souhait que la partie française contribue, dans le cadre d'un partenariat gagnant-gagnant, à la mise à niveau et à la qualité des entreprises algériennes, ainsi qu'à la formation, dans le but de développer les métiers industriels et le management en partenariat avec les grandes écoles françaises.
Dès aujourd'hui, Rahmani aura à approfondir les discussions à propos de ces dossier avec son homologue français. Ce dernier pourrait annoncer sa disposition à mettre un cadre de concertation permettant d'assurer un transfert de savoir vers l'entreprise algérienne afin de couvrir le marché national et de limiter l'importation. Il faut s'attendre également à ce que des décisions concrètes soient prises lors de la visite du président français. La France, confrontée à une crise économique sévère, espère voir ses entreprises profiter pleinement des programmes d'investissements publics algériens dans le cadre du plan quinquennal.
La France va également proposer à l'Algérie un partenariat stratégique dans le domaine économique, basé sur la co-localisation. La France est le quatrième partenaire commercial de l'Algérie et son premier fournisseur mais les Chinois voudraient bien lui ravir cette place. L'Algérie et la France signeront aussi, prochainement, un mémorandum d'entente pour la mise en place d'un cadre général pour le partenariat algéro-français dans le domaine commercial. Ce mémorandum englobera tous les traités et conventions bilatéraux signés auparavant entre les deux pays. En vertu du mémorandum, il sera procédé au renforcement des capacités algériennes puisque le pays bénéficiera de l'expertise française dans plusieurs domaines comme le projet optimexport pour le renforcement des capacités d'exportation des petites et moyennes entreprises algériennes et le soutien au Laboratoire national d'essais. L'Algérie bénéficiera également de l'expérience française en matière d'organisation des marchés et de contrôle de la qualité d'autant plus qu'elle a adopté récemment une série de mesures pour l'éradication du marché informel.
Après la visite du chef de la diplomatie française Laurent Fabius, le 16 juillet, et celle de la ministre de la Francophonie Yamina Benguigui, début septembre, leur homologue de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est également rendu à Alger en octobre. Une visite du ministre de l'Education, Vincent Peillon, est également prévue.
Elles s'inscrivent dans un effort diplomatique pour promouvoir le volet économique de la coopération sans négliger pour autant les dossiers politiques. La France place l'Algérie au rang d'une puissance émergente intermédiaire et se dit prête et disponible à contribuer à la réalisation de l'objectif que se sont fixé les autorités algériennes de diversifier l'économie nationale et à créer de l'emploi tout en mettant l'accent sur le fait qu'il y a de la place dans les deux économies pour la complémentarité, ce qui est aussi désigné sous le vocable de co-localisation. Les ministres français ont exprimé leur détermination à oeuvrer pour que la destination Algérie devienne une évidence pour les entreprises françaises de tous secteurs. L'organisation d'un grand forum des entreprises des deux pays est même prévue en 2013.