VISITE DE L'ENVOYÉ SPÉCIAL DE L'ONU À TIFARITI

Ross libère la parole du peuple sahraoui

En foulant les territoires libérés du Sahara occidental, le représentant personnel de Ban Ki-moon pose les jalons de la tenue d'un référendum qui garantit à son peuple le droit à l'indépendance.

L'Envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, a visité vendredi la localité de Tifariti. Il a été accueilli par le ministre sahraoui de la Défense, Mohamed Lamine El Bouhali. M. Ross a été reçu par le maire de la ville de Tifariti, Mohammed Salem Edaia, Hamma Salama le commandant de la 2e Région militaire de l'Alps (Armée de libération du peuple sahraoui), des responsables civils et militaires. Le ministre de la Défense, a exprimé «la préoccupation du Front Polisario et du gouvernement de la Rasd par les souffrances qu'endurent les citoyens sahraouis sans défense dans les territoires occupés et au sud du Maroc, notamment les derniers événements de la ville d'El Ayoun occupée survenus jeudi dernier». Christopher Ross devait arriver, hier, aux camps de réfugiés sahraouis pour s'entretenir avec les dirigeants du Front Polisario. En foulant les territoires sahraouis libérés et en rencontrant le gouvernement sahraoui, le représentant personnel du SG des Nations unies pour le Sahara occidental pose les jalons de la tenue d'un référendum qui puisse garantir le droit au peuple sahraoui à s'exprimer librement quant à son destin. «La visite de l'envoyé personnel du SG de l'ONU au Sahara occidental, Christopher Ross, aux territoires occupés constitue un nouveau tournant dans la position de l'ONU et de la communauté internationale vis-à-vis de la cause sahraouie» a déclaré le 2 novembre le coordinateur sahraoui avec la Minurso, Mhamed Khaddad sur les ondes de la Radio nationale sahraouie. Faut-l en conclure que M.Ross a fait bouger les lignes? Il faut le croire si l'on en juge par le bras de fer qui l'a opposé au pouvoir marocain et qui a tourné à son avantage.
Cela a en tous les cas débouché sur une plus grande marge de manoeuvre dans le cadre de ses consultations. «La visite de Christopher Ross aux territoires occupés signe la fin de la politique du bras de fer engagée entre la communauté internationale, représentée par le SG de l'ONU, Ban Ki-moon, les membres du Conseil de sécurité et le Maroc» a estimé le diplomate sahraoui. L'émissaire onusien donne le «la» sans contrainte même si pour le moment le Makhzen ne donne pas l'impression de fléchir.
L'ex-ambassadeur américain à Alger mène sa mission au pas de charge sans se soucier des échos qui peuvent provenir du Maroc qui pour l'instant fait plutôt profil bas après l'échec de son retrait de confiance décidé au mois de mai contre le représentant personnel de Ban Ki-moon. Si pour le pouvoir marocain, seule sa proposition de large autonomie représente l'unique chemin qui mène vers la fin du conflit du Sahara occidental, il en est autrement pour le diplomate américain.
Christopher Ross veut entendre tout le monde: tous les acteurs de ce conflit qui dure depuis 37 ans.
A commencer par le peuple sahraoui que Rabat veut assujettir et s' «offrir» pieds et poings liés. Le Front Polisario campe sur sa position: celle dictée par la légalité internationale et l'application de la résolution 2044 adoptée en avril par le Conseil de sécurité.