BÉJAÏA

Des candidats tournés en dérision

Que peut faire de mieux un maire si ce n'est de pouvoir réparer les routes...?
Que peut faire de mieux un maire si ce n'est de pouvoir réparer les routes...?

Promesses démesurées, discours en déphasage avec la réalité locale, une incompétence avérée font que de nombreux candidats sont tournés en dérision par des électeurs désenchantés.

Presqu'une semaine après son ouverture, la campagne électorale ne prend toujours pas son envol. Le week-end, qui devait être une opportunité pour les politiques pour faire le plein, aura été une période creuse et c'est encore la proximité qui est privilégiée par les postulants, qui tentent dans leur chasse aux voix de se rapprocher d'un électeur qui n'a pas le coeur aux élections. Hormis les militants, amis et membres de la famille des candidats en lice, la majorité silencieuse reste à l'écart.
Les plus audacieux qui osent s'informer reculent vite dès l'écoute des discours proposés. Des promesses irréalisables, des positions politiques démesurées, à l'image de ce fameux slogan qui date des années 90 «nous allons participer pour chasser le pouvoir maffieux», voilà ce qui est desservi aux électeurs dans les «dardachète» des quartiers et cités de la ville de Béjaïa. C'est à croire que certains candidats postulent à des responsabilités supérieures oubliant qu'ils aspirent à générer les affaires les plus simples dans la vie des citoyens. Populisme quand tu nous tiens!
Qui peut faire de mieux qu'un maire si ce n'est de pouvoir réparer les routes, les conduites d'eau potable et d'assainissement et d'améliorer le cadre de vie de ses concitoyens? A entendre le discours développé, après le 29 novembre nous n'aurons pas des présidents d'assemblées locales mais des supers élus capables de changer le monde en un quart de tour.
«Il a beaucoup et bien suivi les élections aux Etats-Unis d'Amérique», fait remarquer ce jeune qui venait d'écouter un candidat dans un discours axé sur tout sauf les réalités quotidiennes des citoyens. Sur le plan de l'affichage, les sites d'affichages restent bizarrement vides. Seules les permanences des partis et des listes indépendantes donnent de Béjaïa l'image d'une région qui vit au rythme d'un scrutin. Alors que l'opération d'installation des commissions de surveillance communales n'a été achevée qu'avant-hier, il reste à ces dernières de se réunir pour tirer au sort les lieux de meetings et l'emplacement d'affichage. Cela ne saurait tarder si toutefois, les membres de ces commissions ne divergent pas comme ce fut le cas avec ceux de la commission nationale.
Si les rencontres initiées par les candidats ne rassemblement pas beaucoup de monde, il n'en demeure pas moins que le sujet des élections est abordé dans les lieux publics avec parfois dérision. On va jusqu'à se moquer de certains postulants et autres listes de par ce qu'ils reflètent comme incompétence. C'est pourquoi souvent on entend plaider pour un choix de l'expérience. Aussi, le tribalisme jouera un rôle important dans l'issue de ce scrutin. Cette pratique est encore présente lors de ces élections et pèsera lourdement sur les résultats au lendemain du 29 novembre.