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BOUIRA

Les citoyens exigent des gynécologues

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Les citoyens exigent des gynécologues

L'hôpital Mohamed-Boudiaf, censé être un service spécialisé n'offre aucune condition d'accueil à même de sauver des vies humaines.

Un groupe de citoyens et d'associations viennent de décider de saisir le ministre de la Santé et le président de la République pour des décisions urgentes. Le problème est celui du service maternité de l'hôpital Mohamed-Boudiaf. Cet établissement, censé être un service spécialisé n'offre aucune condition d'accueil à même de sauver des vies humaines. D'une capacité de 60 lits, le pavillon ne dispose pas d'un gynécologue et se limite à des sages-femmes qui craignent de se retrouver dans des situations délicates d'où cet empressement à renvoyer les femmes enceintes vers des structures privées et quelquefois vers des établissements publics mieux dotés comme celui de Lakhdaria. Tout en comprenant la situation, les signataires de ladite pétition se demandent pourquoi l'EPH de Lakhdaria, chef-lieu d'une daïra à 35 kilomètres au nord dispose de huit spécialistes quand Bouira n'en a pas un seul. Le directeur de la santé reste optimiste dans la mesure où selon lui, le ministère, depuis l'arrivée de son nouveau locataire aurait promis d'affecter une équipe entière au niveau de cette structure. Il faut savoir qu'une maternité doit disposer d'au moins trois gynécologues, de réanimateurs, d'anesthésistes, mais aussi de pédiatres. Le manque de spécialistes et leur nombre limité à la sortie de chaque promotion n'explique pas tout. Depuis plusieurs années, plusieurs gynécologues sont venus exercer à l'hôpital de Bouira, mais ils repartent rapidement au motif que les conditions ne sont pas réunies pour un travail efficace.
En effet, un seul médecin ne peut pas assurer un exercice permanent surtout que le service est sollicité tout le temps et que les admis ne peuvent pas attendre. Pour les signataires, le problème est aussi celui du déploiement. Pourquoi un EPH dispose de huit spécialistes quand un autre n'en a pas un seul. Le recours à l'hôpital de Lakhdaria risque de porter atteinte à la prise en charge des malades dans cet établissement qui reçoit des malades venus des quatre coins de la wilaya. La wilaya, par le biais de la direction de la santé a consenti des efforts et des actions pour attirer les médecins en leur garantissant, par exemple, le logement, en vain.
La situation actuelle profite au secteur privé où on s'empresse de recourir aux césariennes parce qu'elles sont royalement payées. Une clinique privée ne s'est même pas donné la peine d'acquérir des couveuses pour les prématurés. Elle les évacue à l'hôpital public. Parce que la situation a fini par devenir dangereuse et les vies de centaines de femmes et de nouveau-nés en danger, les signataires ont décidé de passer à la vitesse supérieure en demandant l'intervention du premier magistrat du pays surtout que les députés de la wilaya ne semblent pas se soucier des doléances de leurs électeurs.

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