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OUVERTURE DES FRONTIÈRES, SAHARA OCCIDENTAL, CRISE MALIENNE

Alger recadre Benkirane

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La question du Sahara occidental relève de la seule responsabilité des Nations uniesLa question du Sahara occidental relève de la seule responsabilité des Nations unies

Amar BELLANI, porte-parole du ministère des Affaires étrangères «corrige» les dérapages du chef du gouvernement marocain.

Rabat dérape. Alger recadre. «Tout le monde sait que le Sahara est marocain et que, dans le cadre de l'autonomie, on pourrait trouver une solution. Et si l'Algérie décide de régler ce problème, en une journée ce sera réglé» avait déclaré le 24 février dans une interview de près de 50 min le chef du gouvernement marocain, face à des journalistes de TV5 Monde, de Radio France Internationale et du quotidien Le Monde. Il s'agit d'une «problématique que l'Algérie a considéré devoir entretenir, a-t-il ajouté tout en faisant un lien avec la crise malienne. «Cette vision des problèmes qui se posent au niveau de la région est non seulement réductrice, mais elle se fonde sur une argumentation spécieuse et une causalité artificielle», lui a rétorqué le MAE.
Dans une brève mise au point, Amar Bellani, porte parole du ministère algérien des Affaires étrangères a recadré les dérapages du chef du gouvernement marocain. «Je ne reviendrai pas sur la genèse de la crise malienne, elle est connue de tout le monde.» a indiqué Amar Bellani. «Mais s'agissant de la question du Sahara occidental, et quitte à le répéter indéfiniment, cette question n'a pas de dimension bilatérale et elle ne relève d'aucune soi-disant ancienne logique. Elle relève de la seule responsabilité des Nations unies et tout le monde sait, et nos frères marocains les premiers, que la question du Sahara occidental est inscrite depuis fort longtemps sur les tablettes de l'ONU au titre des 16 territoires non autonomes dont le processus de décolonisation est suivi par le Comité spécial chargé d'étudier la situation en ce qui concerne l'application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples colonisés», a précisé le diplomate algérien. Le chef du gouvernement marocain risque de se faire taper sur les doigts.
La raison est simple. Ses déclarations tombent au moment où les deux pays tentent de renouer les fils du dialogue court-circuités.
Le secrétaire général du ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, Nacer Bourita, s'était déplacé à Alger, les 20 et 21 février dans cette optique. «Le Maroc et l'Algérie ont convenu d'adopter une démarche pragmatique, progressive, mais surtout ambitieuse, pour donner une nouvelle dynamique aux relations bilatérales enclenchées depuis plus de deux ans...» se réjouissait la MAP, l'agence de presse officielle marocaine au terme de cette visite.
Le même type d'optimisme régnait à Alger. «Cette visite s'inscrit dans le cadre d'un cycle de consultations qui sera mené par les ministères des Affaires étrangères des deux pays dans le but d'évaluer, avec la franchise et la sincérité nécessaires, tout le spectre de la relation bilatérale et le définir... l'objectif étant de conférer un caractère apaisé, équilibré et irréversible à la dynamique constructive impulsée par les échanges de visites ministérielles qui ont eu lieu au cours de l'année écoulée», indiquait de son côté un communiqué du MAE. Pas besoin d'être grand clerc pour se rendre compte que les relations algéro-marocaines avaient du plomb dans l'aile. Les deux pays ont, dans une conjoncture politique difficile, décidé encore une fois d'aplanir leurs différents.
Le Premier ministre marocain veut-il les torpiller? A-t-il sciemment ignoré la visite du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération de son pays? Sa toute récente sortie médiatique indique en tout cas qu'un clash se profile entre le Palais royal et lui-même.
Objectivement Benkirane s'est offert une sortie de route qui ne sera pas du goût du souverain marocain. Ses déclarations tombent comme un cheveu sur la soupe pour parasiter la sempiternelle tentative de rapprochement entre l'Algérie et le Maroc... Cela ne sera certainement pas du goût de Mohammed VI...

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