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NEUTRALISATION DU TERRORISTE ABOU ZEÏD

Entre le conditionnel et l'intox

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Il est présenté comme étant l'un des éléments les plus sanguinaires d'Al Qaîda au Maghreb islamiqueIl est présenté comme étant l'un des éléments les plus sanguinaires d'Al Qaîda au Maghreb islamique

Les Etats-Unis ont jugé «très crédibles» les informations sur la mort d'Abou Zeïd.

Considéré comme l'un des chefs terroristes les plus recherchés, notamment par les services de sécurité algériens, le tristement célèbre Mohamed Ghdiri, alias Abdelhamid Abou Zeïd a été donné pour mort.
Les Etats-Unis ont jugé «très crédibles» les informations sur la mort d'Abou Zeïd. Nous estimons que ces informations sont très crédibles, a déclaré un responsable américain à l'AFP sous couvert de l'anonymat. «Si cela est vrai, ce serait un coup significatif porté à Aqmi», a-t-il ajouté.
Cependant, en l'absence d'une confirmation, la nouvelle doit être traitée au conditionnel. C'est ce que d'ailleurs soutient la porte-parole du gouvernement français et même des sources sécuritaires qui confient qu'il pourrait s'agir d'une intox. Abou Zeïd serait mort avec 40 autres terroristes dans des combats dans l'extrême nord-est du Mali, dernier refuge des islamistes radicaux. Interrogé à ce propos, la porte-parole du gouvernement français souligne: «Nous n'avons pas de confirmation officielle. Nos forces sont engagées dans des opérations qui sont extrêmement dures sur le terrain, qui sont des combats sans merci.
Tout compte, y compris l'information, je crois qu'il faut être extrêmement prudent avec celles que l'on a, celles que l'on répercute. Pour l'instant, ce n'est pas confirmé.» De son côté, le président François Hollande a fait une allusion hier aux informations faisant état de la mort au Mali d'Abou Zeïd, assurant «qu'il n'avait pas à les confirmer». Il souligne que «des informations circulent, je n'ai pas à les confirmer parce que nous devons aller jusqu'au bout de l'opération». C'est cette guerre menée sans images qui rend l'information difficile et inaccessible. Tenu pour responsable du rapt de sept Français qui travaillaient pour la société Areva à Arlit, dont trois ont été libérés contre une rançon, cet émir et ex-bras droit de Abderrezak El Para, né à Debdeb est présenté comme étant l'un des éléments les plus sanguinaires d'Al Qaîda au Maghreb islamique. La neutralisation d'Abou Zeïd, si elle venait à se confirmer serait un autre coup fatal porté à l'endroit de la structure d'Al Qaîda au Maghreb.
Entre 2012 et 2013, cette organisation criminelle continue de subir des pertes colossales. Ses principaux dirigeants ont été abattus ou arrêtés lors de plusieurs actions militaires, notamment celles menées par l'ANP. On cite à titre d'exemple, Mohamed Aïssa alias M'Rigla qui était à la tête de katibet El Fath El Moubine, abbatu à El Milia, activement recherché depuis plusieurs années. L'émir Tahar Bouhadma à Blida, qui dirigeait katibet Abou Bakr Essedik. Plus d'une cinquantaine de chefs terroristes ont été abattus dans la commune de Bouguîra. L'émir de katibet Al Arkam, qui répond au nom de Madrouni Malek avec deux de ses acolytes dont un certain Tadjer Zouheir à Boumerdès. Toujours dans cette même wilaya, les militaires ont mis fin aux agissements de l'émir Abidi Mostapha alias Houdaïfa.
Le plus gros poisson a été capturé vivant le 15 août 2012 à Ghardaïa, à savoir le chef de la commission juridique d'Al Qaîda au Maghreb islamique. Il s'agit de Necib Tayeb, alias Abderrahmane Abou Ishak Essoufi. Pour nos sources, cette prise constituait une étape très importante dans la lutte antiterroriste, sachant que cet émir est une réelle banque de données. La nébuleuse, comme cité plus haut, perdait dans un accident de la circulation un de ses plus influents membres, l'émir Nabil Makhloufi alias Abou Aklama.
L'échec cuisant de la nébuleuse terroriste ne s'est pas limité au Sahel, puisqu'on annonce la neutralisation du numéro deux d'Al Qaîda au Yémen qui a été abattu dans une opération de l'armée dans l'est du pays, il s'agit du Saoudien Saïd Ali al-Chehri, selon le ministère yéménite de la Défense. Un autre chef terroriste et pas des moindres, le Libyen Abou Yahia Al Libi, alias Younès al-Sahraoui de son vrai nom Mohamed Hassan Qaîd, numéro deux d'Al Qaîda, considéré comme le chef spirituel pour des islamistes radicaux, notamment la composante d'Al Qaîda au Maghreb islamique a été abattu, rappelons-le, par un tir de drone dans les zones tribales du nord-ouest pakistanais. La nébuleuse soumise à de fortes pressions dans ses fiefs traditionnels, au Sahel notamment, encaisse coup sur coup.
Les pertes qu'elle ne cesse de comptabiliser ne seront pas sans conséquences! Mais on est encore loin de croire que c'est la décomposition totale d'une organisation sous-traitante qui a douloureusement marqué le siècle. Grâce à des complicités de haut niveau de certains pays, notamment arabes, elle s'est bien incrustée en Syrie dont l'armée mène une lutte sans merci contre des groupuscules bien armés qui agissent sous la coupe de Djabhet El Nosra, créée en territoire irakien et dont des éléments sont entraînés au sud de la Tunisie et envoyés directement en Syrie ou au Mali.
Les dernières nouvelles font état de la neutralisation par l'armée syrienne de plusieurs chefs de cette organisation. Il est donc clairement démontré que la fin d'Al Qaîda et ses nombreux réseaux n'est pas pour demain.

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