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NEUF MOIS APRÈS L'ATTENTAT DE TIGUENTOURINE

In Aménas, une ville sous haute surveillance

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Actuellement, le plus grand défi des services de sécurité est de protéger le territoire national contre toutes sortes de menacesActuellement, le plus grand défi des services de sécurité est de protéger le territoire national contre toutes sortes de menaces

L'affaire de Tiguentourine est restée gravée dans les esprits, ce qui a développé une grande vigilance des services de sécurité.

Après l'attaque terroriste de Tiguentourine, In Aménas est devenue la commune la plus célèbre du sud algérien, neuf mois après le cauchemar de la prise d'otages qui a ciblé la base de vie de Tiguentourine et qui a coûté la vie à un agent de sécurité algérien et à plus de 40 otages étrangers. Face à la complexité de la région située à la frontière avec la Libye et à proximité du Mali, les autorités algériennes ont pris des mesures rigoureuses, en mettant en place un dispositif sécuritaire renforcé pour pallier à toute éventualité. «La sécurité est totale au niveau du complexe et à la base de vie de Tiguentourine, la présence des services de sécurité est de plus en plus renforcée», déclare un haut responsable régional de Sonatrach, soulignant que les étrangers sont pris en charge. Il évoque, en outre, que des négociations sont en cours pour le retour des expatriés qui travaillent à distance depuis l'attaque terroriste.
Actuellement, le plus grand défi des services de sécurité est de protéger le territoire national contre toutes sortes de menaces. La guerre en Libye et au Mali a aggravé la situation sécuritaire aux frontières ce qui augmente les menaces terroristes. «Les services de sécurité sont vigilants et mènent la lutte avec sang-froid contre les groupes armés et les trafiquants qui incitent à l'insécurité et à l'instabilité aux frontières», révèle une source sécuritaire sous couvert de l'anonymat. «Des plans d'action stricts pour la sécurisation de toute la région, et des points de contrôle et des postes avancés sont mis en place», indique encore la même source qui explique notamment que la sécurité et la lutte contre les groupes terroristes restent leur préoccupation majeure. Depuis l'affaire de Tiguentourine, l'aéroport d'In Aménas, «Zarzaïtine», est parmi les aéroports les plus sécurisés en Algérie. Une fouille très minutieuse des bagages et des personnes et surtout un contrôle sur les allers et venues des personnes étrangères à la région sont effectués. En plus des laisser-passer, les personnes sont interrogées sur l'objet de leur visite dans la région. Toute personne qui n'a pas d'objectif précis pour les services de sécurité est une personne suspecte. Elle doit fournir aux services de sécurité les raisons de sa visite à In Aménas. Il est donc impossible pour quiconque de venir dans la région sans motif apparent.
L'affaire de Tiguentourine est restée gravée dans les esprits ce qui a conduit à une vigilance remarquable des services de sécurité qui cherchent la moindre faille dans leurs systèmes d'alerte ou encore dans leurs niveaux de mobilisation ou sécurisation. «Dans ces circonstances inquiétantes, les jeunes du Sud se retrouvent facilement impliqués et manipulés par les groupes terroristes qui leur font des lavages de cerveau», regrette un observateur averti qui souhaite la multiplication dans le travail de renseignement des différents corps de sécurité. D'autre part, les frontières sont infiltrées quotidiennement par les contrebandiers qui sont armés et aussi dangereux que les terroristes eux-mêmes. Ils introduisent sur le territoire national des produits dangereux pour la stabilité sociale, sécuritaire et économique dans la région comme les armes, la drogue, les produits contrefaits, la friperie, les cigarettes, l'alcool....ect. Les différents services de sécurité en charge de la lutte contre ce phénomène se retrouvent face à une nouvelle menace et défis. «Malgré la multiplication des efforts et des dispositifs mis en place par les différents services de sécurité en charge de la lutte contre ce phénomène qui a pris des proportions alarmantes, il semble que rien ne pourra arrêter ces trafiquants», regrette la même source. En dépit des efforts soutenus des services de sécurité pour faire face à ce phénomène qui relève du crime organisé, les saisies enregistrées par les différents corps confirment l'ampleur de la contrebande sur les produits de première nécessité. Cette situation au niveau de nos frontières s'est aggravée depuis le déclenchement des révolutions arabes dans les pays voisins. Un autre aspect qui n'est pas moins important que la sécurité, avant l'attaque terroriste de Tiguentourine, est le fait que les habitants de In Aménas circulaient en toute liberté et pratiquaient leurs activités commerciales et sociales à la frontière algéro-libyenne, mais après cet attentat tout a changé pour eux. Selon plusieurs témoignages que nous avons recueillis au centre-ville d'In Aménas, la plupart des habitants souffrent de l'insuffisance des produits alimentaires subventionnés. «La vie est chère, mais après l'affaire de Tiguentourine, les prix ont flambé et quelques produits alimentaires sont introuvables. Avant, on achetait des produits «libyens» comme le sucre et le riz qui sont pas seulement accessibles, mais de meilleure qualité», témoigne un commerçant installé depuis une dizaine d'années à In Aménas. Un autre commerçant qui partage le même avis souligne que «malgré la situation sécuritaire aux frontières, nous pratiquons nos activités en toute sécurité». Il explique que les mesures prises par l'Etat ont bloqué et mis en état de nuire l'activité criminelle des contrebandiers et du marché informel, notamment la contrefaçon des portables chinois et autres. Les habitants se plaignent également du manque d'infrastructures et commodités qui leur permettent de mener une vie digne. «Je veux décrocher mon Bac pour quitter cet endroit et ne plus y revenir, je rêve d'une vie meilleure», souhaite Mokhamed, un jeune lycéen rêvant d'une vie digne. Par ailleurs, beaucoup de femmes exercent plusieurs activités pour gagner de l'argent surtout dans le domaine ménager. «On est obligé de travailler pour aider nos maris qui n'arrivent pas à subvenir à tous les besoins du foyer», explique une femme de ménage qui travaille dans une base de vie de Sonatrach. «Nos jeunes sont des «talents mobiles», car les lieux de loisirs sont insuffisants, tels les stades, Maison de culture ou Internet», regrette la directrice de l'école primaire Bachir-Kheldoune, Mme Meriam Benamri qui révèle que «pour éviter que nos enfants ne soient dirigés vers ces fléaux sociaux, ils doivent passer leur temps libre dans des lieux de loisirs pour pouvoir exercer leur passion». Par ailleurs, un élu de la région estime que les préoccupations des jeunes du Sud ne diffèrent pas de celles des jeunes du Nord.

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