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IMPRESSIONNANTE DÉMONSTRATION DE FORCE DANS LA VILLE DE DERNA EN LIBYE

Daesh est à nos frontières

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Notre armée est prête à toute éventualitéNotre armée est prête à toute éventualité

Ce n'est pas une vue de l'esprit, c'est une réalité filmée. L'organisation terroriste Daesh est à nos frontières et la menace est très sérieuse.

Alors que l'ANP maintient ses éléments en alerte rouge sur toute la bande frontalière avec le voisin libyen, Daesh a effectué, il y a quelques jours un impressionnant défilé militaire digne d'une armée régulière d'un Etat constitué et fort. La démonstration se passait juste avant le coucher du soleil, dans la ville côtière de Derna, en Libye sous le regard ahuri de certains des habitants de cette ville.
Des terroristes des groupes islamistes basés dans cette ville libyenne, dont Ansar Charia de Tunisie, ont fait une démonstration de force à travers un défilé militaire qui fait trembler les Etats les plus puissants rien qu'à voir le nombre de véhicules et les armes qui y sont exhibées. Des dizaines de véhicules 4x4, des armes lourdes, des armes de défense contre avion, (DCA) et des fusils-mitrailleurs sans compter les Kalachnikovs. Ces centaines de terroristes lourdement armés se sont rassemblés à la place Sahaba, à Derna, pour annoncer leur ralliement à Daesh. C'est ainsi que le défilé a été d'ailleurs couronné par l'allégeance à l'Etat islamique (EI). Cette annonce a été faite au terme d'un défilé militaire et d'un cortège de véhicules portant le logo «Police de l'islam», l'objectif étant de montrer la force des milices islamistes armées et d'impressionner les habitants. La ville de Derna compte plusieurs camps d'entraînement des djihadistes, qui sont ensuite envoyés en Irak, Syrie et vers d'autres fronts du djihad. Cette présence militaire - au vrai sens du terme - étrangère dans un pays voisin avec lequel nous partageons près de 900 km de frontières pose un grave problème de sécurité pour l'Algérie.
A défaut d'un dialogue politique entre les parties libyennes en conflit, un objectif que se fixe la diplomatie algérienne, le péril terroriste emportera dans sa chute tout le pourtour méditerranéen et l'Algérie est directement menacée. Si jusque-là, la connexion entre Daesh et Al Qaîda au Maghreb islamique n'a pas été faite, ce n'est qu'une question de temps. Le chef présumé de cette dernière, Abdelmalek Droukdel, acceptera le deal ou il disparaîtra comme cela a été le cas des organisations terroristes depuis le début des maquis en Algérie en 1992. Une organisation terroriste en cache une autre. L'islamisme armé est mutant.
Les mêmes éléments, la même idéologie qui se résume à la barbarie. Seule l'appellation diffère. Du GIA de Antar Zouabri au milieu des années 1990, on est passé au Gspc (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) créé en 1998 par Hassan Hattab, à Aqmi (Al Qaîda au Maghreb islamique) de Droukdel en 2007 et voilà maintenant qu'on aboutit au Daesh. Par une espèce de malédiction sécuritaire, l'Algérie est devenue malgré elle l'épicentre des menaces terroristes survenant en Afrique du Nord. Il y a de quoi s'interroger pour l'Algérie justement?
Daesh s'impose a priori comme le nouveau leader du djihad au Nord de l'Afrique. Avec l'horrible décapitation du ressortissant français, Hervé Gourdel, dans les montagnes du Djurdjura en Kabylie, elle vient de faire une entrée fracassante. Les experts militaires misent sur un épuisement des stocks de cette organisation. Ils estiment que ces groupes terroristes sont dotés de matériel sophistiqué, leur renouvellement n'est pas aisé. Mais entre-temps, ils sont capables de payer, corrompre, s'allier avec des réseaux contrebandiers et conquérir des territoires. C'est ce qui fait craindre le pire au directeur exécutif du contre-terrorisme au Conseil de sécurité de l'ONU, qui a prévenu vendredi dernier, que la lutte contre les éléments de l'organisation autoproclamée «Etat islamique» (Daesh) ne sera pas facile, soulignant notamment le problème du retour au pays de milliers d'hommes armés. «Nous allons souffrir» face au groupe Daesh, a déclaré le directeur exécutif du contre-terrorisme au Conseil de sécurité de l'ONU Jean-Paul Laborde. «Des milliers vont revenir dans leurs pays d'origine, très aguerris: il faut les détecter, les débriefer, les décontaminer, c'est beaucoup de travail. Les services de police ne peuvent tous les surveiller, ils sont obligés d'opérer par sondage», a-t-il prévenu. «Il n'y a pas de solution miracle, il faut s'attendre à des lendemains difficiles. Il faut mobiliser les sociétés civiles, les autorités religieuses, c'est un travail de longue haleine. Ceux qui se font appeler «l'Etat islamique» ont «mis en place des structures qui sont équivalentes à des structures étatiques. Ils assurent la sécurité, une forme de sécurité sociale, la poste. C'est une première, quelque chose que ne faisaient jamais auparavant des organisations terroristes. Ils ont des ressources, ils ont du gaz, du pétrole, ils font du commerce».

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