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CIBLANT LE PLAN DE RIGUEUR DU GOUVERNEMENT

Louisa Hanoune ouvre le feu

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Louisa sans peur ni reprocheLouisa sans peur ni reproche

Selon elle tout changement de cap en matière d'emploi ne peut en aucun cas être accepté même en cette période de crise.

Elle est sans concession, intraitable sur certaines questions, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT). Louisa Hanoune décoche ses flèches même si la cible se trouve...être le Premier ministre. Hier, à l'occasion de la rencontre de l'Organisation des jeunes pour la révolution (OJR) relevant de son parti, à Zéralda (Alger), Mme Hanoune a qualifié la décision de geler le recrutement dans la Fonction publique de «suicidaire».
En effet, selon Mme Hanoune tout changement de cap en ce qui concerne le domaine de l'emploi, ne peut en aucun cas être accepté, et même en cette période de crise induite par la chute brutale des cours du pétrole.
Les postes d'emploi pour les jeunes relèvent pour elle de «la Sécurité nationale». La dernière décision annoncée par le Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui inaugurait mercredi dernier la foire d'Alger, concernant le gel des recrutements dans la Fonction publique pour l'année 2015 n'a pas été du goût de la SG du PT, puisqu'elle la qualifie de «suicidaire». Elle considère qu'«un revirement en matière de création d'emplois, que ce soit dans le secteur public ou les
autres secteurs n'est pas acceptable». Mme Hanoune a souligné la nécessité de mettre en place «une stratégie de l'emploi et des salaires qui favorisera les postes de travail permanents».
Concernant le retardement des projets moins intéressants évoqué par M.Sellal, elle a appelé à ce que «les grands projets dans la région du Sud et dans les zones reculées doivent être maintenus».
Mme Hanoune a déclaré: «Il n'y pas de politique d'austérité en Algérie.» Dans ce sens elle a insisté sur la nécessité de maintenir les politiques de dépenses publiques pour les secteurs stratégiques. Concernant la chute des prix du pétrole, Mme Hanoune reste optimiste et dresse un avenir plutôt moins «sinistre». Elle justifie son optimisme par le fait que l'Algérie n'a pas de dette extérieure et ses réserves de change sont de l'ordre de 200 milliards de dollars. Ceci rend l'Algérie immunisée pour le court terme. C'est dans ce contexte qu'elle a appelé les pouvoirs publics à prendre des mesures plus «audacieuses» face à la chute des prix du pétrole et au maintien des dépenses publiques dans les secteurs importants. A cet effet, elle a plaidé pour la mise en place d'Offices chargés de réguler les importations afin «d'empêcher les importateurs de continuer à s'enrichir», et de relever que ces derniers, face à la conjoncture actuelle induite par la chute des prix du pétrole «ont déjà commencé à pratiquer la surfacturation afin de mieux s'enrichir». Par ailleurs, Mme Hanoune a réaffirmé la nécessité de mettre en place un ministère de la Planification qui «fixera les projets à court et long terme par anticipation».
Pour Mme Hanoune, les statistiques officielles du chômage sont «des statistiques truqués et pas fiables». Elle considère que «les différentes manifestations démontrent que le chômage est une bombe à retardement qui risque d'éclater à tout moment».
Le système LMD et ses dysfonctionnements ont été évoqués par la SG du PT, qui considère que «ce saccage du secteur de l'enseignement est un crime contre la nation». Sur un autre volet elle s'est félicitée de la volonté affichée de l'Etat de revoir à la baisse les dépenses inutiles. Saluant la décision prise à l'issue du Conseil interministériel de fédérer certains départements ministériels en un seul, l'intervenante a souhaité néanmoins que la mesure n'induise pas une suppression de postes de travail. Au sujet des procès de Abdelmoumène Khalifa, Chakib Khelil et l'affaire Sonatrach, Mme Hanoune a indiqué que «la manipulation doit s'arrêter». A ce propos elle a appelé à l'indépendance de l'appareil judiciaire et le renforcement de la Cour des comptes. Rendant un vibrant hommage au wali de Annaba, qui est décédé mardi dernier, Mme Hanoune l'a qualifié de «martyr». Le wali, selon elle, «n'a pu résister aux pressions de la mafia immobilière» c'est pourquoi «il faut constituer une commission enquête sur le foncier industriel, afin que la mort du wali ne soit pas vaine».

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