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CONCESSIONNAIRES MULTIMARQUES

Le gouvernement face au lobby des voitures

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Les concessionnaires dans l'oeil du cycloneLes concessionnaires dans l'oeil du cyclone

Pour rappel le gouvernement avait auparavant affiché sa ferme volonté de faire le ménage dans une profession parasitée.

Alors que la subite dégringolade des prix du baril de brut sonne une période de vaches maigres, du moins pour les habitués de la dépense à tout-va, ne voilà-t-il pas que le gouvernement qui prévient pourtant contre toute dilapidation de la devise nationale, offre sur un plateau d'argent des largesses scandaleuses aux concessionnaires multimarques. Ceux-là même qui ne donnent pas cher de la vie des Algériens, encore moins de leurs bourses. Dans l'une de nos précédentes livraisons nous avions abordé cette question en évoquant cette volte face spectaculaire qui fait le jeu de cette catégorie d'importateurs de véhicules. Alors qu'ils étaient dans le collimateur des décideurs, les voilà qu'ils tirent leur épingle du jeu non sans avoir usé de stratagèmes de pression et en officiant en lobbys organisés. Comble de l'ironie, ils s'en tirent à bon compte à l'aune de l'année 2015 et alors que le marché automobile national fait encore grise mine. Le président de l'Association des concessionnaires automobiles d'Algérie (Ac2a) avait jusque récemment signalé, à partir d'Oran, à la faveur du Salon automobile régional abrité début décembre par le CCO (Centre des conventions d'Oran) ce dangereux virage qui risque d'enfoncer encore les consommateurs dans la médiocrité et l'insécurité...routière.
«La vie de nos compatriotes n'a pas de prix et aucune course au podium des ventes ne justifie de sacrifier les normes internationalement admises en matière de véhicules touristiques au nom du sacro-saint sprint au volume (de ventes s'entend).» lançait-il. Le voilà qu'il remonte de plus belle au créneau, tout en saluant l'obligation d'importer des modèles de voitures sérieusement dotés d'équipements de sécurité à partir du 2 janvier prochain, il regrette néanmoins le délai de 18 mois accordé aux importateurs pour s'approvisionner auprès des constructeurs. «Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. Nous sommes satisfaits par l'obligation d'importer des véhicules dotés d'équipements de sécurité, mais nous ne comprenons pas la décision de donner un délai de 18 mois aux importateurs pour s'approvisionner auprès des constructeurs», confie-t-il à notre confrère en ligne Tsa tout en ajoutant: «Ce report va profiter principalement aux importateurs multimarques qui vont continuer à importer des véhicules surfacturés et transférer des devises à l'étranger. C'est inadmissible au moment où le Président demande de lutter contre toutes formes d'évasion des capitaux», explique-t-il. Cette dérive permettra à cette junte de fourguer pour longtemps encore des tacots dépouvus du moindre paramètre pouvant conforter ou rassurer le client dans son choix en cas d'achat. Il est donc clair que la validation «ratée» en cette fin décembre, du fameux cahier des charges portant de nouvelles normes automobiles, profitera aux concessionnaires multimarques et aux revendeurs qui pourront faire fructifier, en toute impunité leur business, renforçant ainsi au passage la spéculation et le secteur informel. Pour rappel, le gouvernement avait auparavant affiché sa ferme volonté de faire le ménage dans une profession parasitée. Le gouvernement ayant fourni la mouture d'un précieux document qui charrie des mesures inédites, notamment l'obligation faite aux concessionnaires automobiles d'Algérie d'importer directement leurs produits auprès des constructeurs et non via une quelconque société automobile écran, sinon de veiller à la dotation en équipements de sécurité de leurs modèles ou encore d'investir, au bout d'une certaine période de présence sur le sol algérien, dans le créneau automobile. Que nenni. L'arrêté, signé par le ministre de l'Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, et publié dans le Journal officiel n°46 du 31 juillet dernier, reste lettre morte. Il est pris en otage. «Durant ces 18 mois les importateurs vont importer massivement pour stocker les véhicules et continuer à se sucrer sur le dos des Algériens» avertit M. Oulmi qui précise que si le gouvernement n'a pas cédé à la pression des lobbys sur l'obligation d'importer des véhicules dotés d'équipements de sécurité, il n'aura pas eu la même position sur l'obligation de s'approvisionner auprès des constructeurs. Une chose est sûre, le consommateur algérien demeure l'éternelle victime face à ce jeu de coulisses. D'aucuns ne manquent pas d'ailleurs de pointer du doigt certains travers qui sévissent au sein de certaines concessions...qui continuent à faire la pluie et le beau temps. Non prise en charge de la garantie par les représentants et autres agents, au moindre bobo sérieux pouvant engager des frais ou encore la non-disponibilité de certains spécimens sous des pretextes parfois fallacieux, bluffants. A titre d'illustration, la concession KIA qui est pourtant une enseigne sérieuse, et non affiliée aux multimarques, a failli à la règle qui dit que le client est roi. Le modèle sud-coréen, un 4x4 en l'occurrence, qui était bien visible dans le showroom, était cependant confisqué au nez et à la barbe des clients désireux l'acquérir sous le pretexte d'une opération de soumission.... Ceci illustre on ne peut mieux le peu de considération que l'on attache à la satisfaction du consommateur algérien qui a encore bien des leçons à apprendre dans la jungle des concessionnaires.

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