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ROUTES ET CHAMPS GAZIERS BLOQUÉS À IN SALAH

Des citoyens disent non au gaz de schiste

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Une plate-forme de gaz de schisteUne plate-forme de gaz de schiste

Maturité citoyenne, sursaut de civisme ou manipulation par... la main de l'étranger?

Dans un cas comme dans l'autre, la manifestation d'hier à In Salah ne laisse pas indifférent dans ce sens qu'elle pose de très sérieux problèmes. Que s'est-il passé? Des habitants de In Salah dans la wilaya de Tamanrasset, ont dénoncé le lancement de l'exploitation des gaz de schiste dont l'inauguration du premier puits a été effectuée la semaine dernière en présence du ministre de l'Energie, Youcef Yousfi. Selon des sources locales, ils étaient près de 1000 citoyens à manifester pour exprimer leur opposition à l'exploitation du gaz de schiste qu'ils estiment très dangereux pour la nappe phréatique et très polluant pour la nature. Au cours de cette manifestation, ces citoyens ont bloqué des axes routiers dont l'accès au plus grand champ gazier du pays, le PK 35. Ils se sont ensuite réunis devant la daïra de In Salah pendant plusieurs heures et dénoncé le refus du ministre de l'Energie, en visite la semaine dernière dans la région, de les écouter et de considérer leurs préoccupations d'ordre environnemental. Ils réclament un moratoire sur l'exploitation de ce gaz, interdit dans de nombreux pays de par le monde. Organisés, les protestataires savaient exactement ce qu'ils voulaient en exhibant des banderoles et des pancartes aux slogans très significatifs: «Non au gaz de la mort», «Oui aux énergies propres», «Oui au solaire et au thermique», «Non à l'extermination du Sud algérien», étaient autant de slogans brandis par les manifestants qui semblaient déterminés à aller- pacifiquement- au bout de leur revendication: protéger leur région de ce qu'ils considèrent comme une agression. Ces citoyens soulèvent encore d'autres problèmes encore plus graves avec la même tonalité que ceux soulevés à Ghardaïa, Laghouat et Ouargla et tout récemment Hassi Messaoud, à savoir la marginalisation. Ils estiment en effet, que In Salah reste sous-développée malgré les richesses de son sous-sol. «On pompe le gaz à In Salah, et il s'en va à l'étranger. On pompe l'eau à In Salah, et elle va vers Tamanrasset. On pompe l'électricité à In Salah, et elle va vers les autres wilayas. Le pire, c'est que lorsque la demande est trop forte, les délestages ont lieu à In Salah qui subit pourtant les températures les plus élevées du pays», dénoncent-ils. Des slogans très lourds de sens qui résument à eux seuls le sentiment de laissés pour compte, de marginalisée d'une frange de la population vivant dans la région la plus riche du pays.
Il est à se demander pourquoi l'Algérie, qui n'a ni les moyens ni la technologie, s'est-elle lancée dans un pareil chantier? N'est-ce pas un ballon de sonde dans l'espoir de contrecarrer les pays du Golfe effrayés par une éventuelle arrivée sur le marché du gaz de schiste? Il y a quelques semaines, l'appel lancé par l'Algérie à l'Opep pour trouver une solution à la chute du prix du pétrole, a été vite étouffée par l'Arabie saoudite. Cette dernière a catégoriquement refusé une éventuelle baisse de sa production menaçant de vendre son pétrole même à 20 dollars! Mais c'est jouer à la roulette russe car les autorités algériennes se doivent d'abord, écouter, sonder et consulter les populations locales. Les problèmes posés par les citoyens de In Salah sont sensés et leurs appréhensions sont justifiées. Rappelons les faits: le projet du siècle, un transfert d'eau potable sur une longueur de 700 km, qui alimente Tamanrasset provient de In Salah. Avec l'exploration du gaz de schiste, la nappe phréatique sera-t-elle protégée? Les autorités doivent l'expliquer clairement aux citoyens qui ont le légitime droit de s'en inquiéter. Quelle belle leçon de civisme! Il a été établi par des chercheurs que la région de In Salah est l'une des plus ensoleillées dans le monde. Que devient alors le grand projet Desertec? Les autorités ont le devoir de répondre.
En décembre dernier, des centaines d'habitants des quartiers de Hassi Messaoud ont bloqué l'accès à la base du 24 Février demandant au gouvernement de lever le gel décrété en matière de constructions il y a une dizaine d'années sur cette ville. Dans cette manifestation, il y a un fait à méditer très sérieusement. C'est une mobilisation organisée grâce aux réseaux sociaux! Une leçon magistrale qui nous parvient du lointain désert qu'on pensait déconnecté. Faux nous corrigent ces citoyens du Sud.

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