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APRÈS UNE PREMIÈRE JOURNÉE AU TRIBUNAL CRIMINEL D'ALGER

Le procès Sonatrach renvoyé à la prochaine session

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L'entrée de la salle d'audienceL'entrée de la salle d'audience

Le procès de Sonatrach I a pris plus de cinq heures avant une pause d'une heure sans avoir même débuté! Que des palabres et de nombreuses interventions.

Le premier jour du procès des accusés de «Sonatrach I» n'a valu que par la douzaine de vives interventions effectuées par des avocats de la défense, offusqués par la convocation du représentant du Trésor public par le parquet général avant l'ouverture des débats. Le deuxième point «chaud» soulevé par Maître Ouali concerne le renvoi du procès «car, lancera-t-il, après la diffusion il y a quelques jours d'une émission télévisée condamnant à l'avance nos clients, le climat de mars 2015 ne convient nullement à notre position qui est celle d'attendre un procès équitable et non expéditif».
Le bâtonnier de Sidi Bel Abbès a soulevé, lui, l'absence de témoins à décharge alors que le Trésor public a eu le privilège d'être invité par le ministère public. Mohamed Regad, le président du tribunal criminel d'Alger qui avait été plutôt tolérant, a rapidement répondu aux défenseurs à propos de procès, «pipé à l'avance «la justice ne suit jamais l'opinion publique ni la presse nationale qui est libre dans les écrits et reportages, mais ne suit que le dossier qu'elle a sous les yeux!». Tout en étant ferme à ce sujet, le juge avait pris la précaution de demander l'avis de Halim Boudra, le procureur général, en l'occurrence, le renvoi du procès. «En ce qui concerne le parquet, il n'a jamais fait cas des écrits de la presse nationale et donc pas question de donner notre aval pour le report!» a articulé debout, Boudra... Durant 80 minutes, les palabres avaient pris le dessus alors que les seize accusés, détenus et non détenus ainsi que les trois «morales» s'ennuyaient à en mourir. Personne n'arrivait à saisir ces rudes batailles juridiques que seuls les initiés pouvaient suivre.
Maître Mansour Kessenti, les bâtonniers Abdelkader Brahimi, Rezki Ablaoui et Abdelmadjid Silini étaient, eux, plutôt tristes après le rude spectacle né du jugement après une courte mise en examen autour de l'expulsion de la salle et de la cour de Maître Mohsen Amara, avocat en «biz-biz» avec le bâtonnat depuis un bon bout de temps et ex-avocat des frères Meziane de Sonatrach qui avaient sur la demande de Regad, confirmé que Maître Amara n'est plus leur défenseur. Il est vrai que l'avocat d'El Harrach était dans tous ses états, vociférant et jurant d'avoir recours à tous les moyens légaux que lui confère la loi. Sur le pupitre du greffe, Aïssa révise l'arrêt de renvoi de plus de 300 pages 21x31! Qu'il devait penser que tard dans l'après-midi, il allait se farcir ce nécessaire document durant près de... trois heures.
Les va-et-vient se multiplient, le service d'ordre sur pied dès 7 heures ce dimanche était parfait sauf que la salle d'audience s'est avérée exiguë du fait que la seule présence de la centaine de témoins avait grandement rendu la tâche ardue aux quarante journalistes de la presse nationale et étrangère.
Des témoins qui poseront problème vers les 15h45 au moment de la constitution du tribunal criminel avec le tirage des deux jurés. En effet, Regad avec sa légendaire «souple» rigidité, Maître Khaled Dhina avec son légendaire sang-froid d'un ancien magistrat administrateur des hauteurs d'El Biar était quant à lui, songeur à propos de l'éventuelle demande (la énième) du collectif d'avocats de la défense concernant quoi faire en premier: constituer d'abord le tribunal criminel et ensuite appeler les témoins ou l'inverse.
«La demande des défenseurs est logique car il faut supposer que des témoins capitaux pour la bonne marche du procès s'absentent. Donc, le renvoi s'impose» articule l'avocat de Ben Aknoun qui est plutôt sceptique quant à la démarche des juges professionnels au nombre de trois contre seulement deux jurés. Il reste cependant optimiste car dit-il «j'ai eu des échos favorables concernant ce magistrat et son attitude dans la septième chambre correctionnelle d'Alger.»
Maître Miloud Brahimi et Maître Mokrane Aït Larbi racontent la dernière devant les rires aux éclats de Maître Bentoumi Jr, Maître Hassan Baghdadi Mohamed, Aziz Brahimi et l'invité d'Oran, Maître Boulenouar, un des avocats de Nouria Miliani - Mihoubi, la seule accusée femme dans ce procès qui a fait dire à la dame: «Je vais me défendre bec et ongles car si mon défunt père était de ce monde, il m'aurait incitée à attaquer à la barre en vue de laver l'affront fait à cette noble famille de la cité de l'Emir-Abdelkader.» Il est 15 heures pile. Les gens reviennent dans la salle en attendant que l'on remonte les détenus et le retour des magistrats. Avant de reprendre, nous apprenons, que l'interprète allemand n'était pas dans la salle.
En fin de journée, nous apprenons que le procès a été reporté à la prochaine session. Dans notre édition de demain, nous reviendrons avec plus de détails sur ce procès.

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