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LES USA ET LA FRANCE SE DISPUTENT LE MARCHÉ BOVIN ALGÉRIEN

Une concurrence de gros "boeufs"

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Guerre de «boeufs» entre les Etats-Unis et la FranceGuerre de «boeufs» entre les Etats-Unis et la France

Une nouvelle donne s'esquisse après la visite en Algérie d'une délégation de fermiers américains.

Pas de cadeaux pour décrocher un marché de 39 millions de consommateurs en ce temps de «vaches maigres». En effet, les puissances agricoles mondiales affûtent leurs armes pour conquérir le marché algérien, fort de près de 39 millions de consommateurs.
La France demeure jusqu'ici le principal fournisseur du marché algérien en produits agricoles, dont notamment les produits laitiers et leurs dérivés, mais il n'en demeure pas moins que la concurrence s'aiguise de plus en plus entre les exportateurs mondiaux.
Les Etats-Unis d'Amérique se mobilisent pour concurrencer la France et lui ravir des parts de ce marché juteux de la rive sud méditerranéenne. Ainsi, des représentants de fermes américaines spécialisées dans l'élevage intensif de bovins laitiers, viennent d'effectuer une mission récente de prospection en Algérie.
Les négociations ont porté sur la mise en place de fermes-pilotes pour le lancement du modèle américain dans cette filière. Les projets, qui seront lancés dans les prochains mois, consistent en l'installation d'une ferme pilote de 400 vaches laitières, d'une pépinière de génisses et d'un complexe pour la production de fourrage pour bovins laitiers adapté à un climat aride.
Comme annoncé la semaine dernière dans les colonnes de L'Expression, quatre accords ont été signés entre les deux parties visant la mise en place de joint-ventures dans trois domaines agricoles. En plus de la production laitière, ceux-ci ont trait à la coopération dans la production de bio-fertilisants, ainsi que des semences de pomme de terre à partir de souches adaptées au climat local.
Pour les fertilisants et les semences, les accords de partenariat sont encore dans leur phase préliminaire mais la démarche proposée par les Américains semble d'ores et déjà prendre forme dans la filière laitière. Trois projets ont été ainsi identifiés pendant le déplacement des opérateurs US à Alger.
En plus de la ferme-pilote et de la pépinière de génisses, les deux parties ont convenu d'introduire de nouvelles races de vaches laitières par l'importation d'embryons et de semences animales d'origine américaine, avait également annoncé L'Expression.
L'objectif visé à long terme par l'Algérie est d'inculquer le modèle américain en matière de développement de l'élevage laitier dans les régions arides ou semi-désertiques. Pour cela, le transfert du «Know how» américain dans ce domaine, estiment les responsables algériens du secteur, est indispensable pour édifier dans le sud du pays, une filière laitière sur un modèle similaire à celui en vigueur actuellement dans les Etats de Californie et du Texas, où les conditions climatiques sont jugées d'une même aridité que celles du Sud algérien.
Dans ce cas de figure, la position française dans le domaine est susceptible d'être mise à mal sur le marché algérien. Si les opérateurs français jouissent de l'atout de l'expérience sur le marché algérien et sur la maîtrise des besoins locaux pour y adapter leur offre, leur ancrage sur ce marché reste vulnérable et doit faire face à la concurrence américaine avec toute l'agressivité et la rudesse qui la caractérisent.
Depuis 2012, des accords de coopération ambitieux ont été conclus dans le domaine de l'élevage laitier avec la France, à la faveur de la visite d'Etat effectuée par le président François Hollande à Alger, mais les projets d'investissement relatifs n'ont pas encore atteint le niveau de maturité qui leur permettra de résister à une rude concurrence en ce temps de «vaches maigres».
A la fin 2014, le ministre français de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane le Foll, et son homologue algérien, Abdelwahab Nouri, ont renforcé le rapprochement bilatéral dans le domaine de l'élevage laitier avec de nouveaux accords dont la création de projets communs en Algérie et le renforcement du volume de bovins laitiers français exportés vers l'Algérie qui a atteint 20 à 30.000 têtes/an.
Pour réduire le volume des importations (1,9 milliard/dollars US) et réduire la dépendance alimentaire, les pouvoirs publics misent sur l'extension et la modernisation du cheptel bovin laitier qui est actuellement de près d'un million de têtes seulement.
Dans sa démarche, le gouvernement algérien accorde d'importantes subventions aux éleveurs laitiers à l'importation de races performantes sous forme d'aides directes à raison de 50% du prix des vaches importées ainsi que des abattements fiscaux et exonérations de droits de douane substantiels.
Alors, éleveurs de bovins dans le monde, à vos marques!

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