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BOUIRA

Le vide culturel s'installe

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La ville s'anime après les tarawihLa ville s'anime après les tarawih

Au huitième jour de ce mois de Ramadhan le rythme de croisière n'est pas encore enclenché par tout le monde.

Au marché des fruits et légumes central, ex-dépot de l'Eriad, les transactions entre vendeurs et clients se font comme d'ordinaire. «Cette année, les gens sont raisonnables. Ils calculent avant d'acheter», nous confie un vendeur de fruits. La majorité se rabat sur la pastèque qui, pour la première fois, est descendue sous la barre des 25 DA le kilo. «La canicule qui a sévi ces derniers mois est donc une aubaine pour les clients puisque le melon et la pastèque sont arrivés à maturité rapidement» pense un vendeur. Même situation au marché couvert de la cité des 1100 Logements qui a la réputation d'augmenter les prix. Les gens ne se bousculent pas. Le marché est envahi par des jeunes vendeurs de diouls maison. La criée et les appels animent les lieux. La viande hachée congelée en raison du prix excessif du frais, reste le produit le plus prisé au côté des olives dénoyautées et des herbes aromatiques: «maâdnous» et «kousbar». Malgré les appels à travers la presse, le pain continue à se vendre sur le trottoir. Un vendeur a même trouvé le luxe de poser ses caisses devant un égout et les gens achètent sans broncher. L'autre activité en vogue reste le «kalb elouz» et la sucrerie tunisienne à l'origine, mais devenues, avec le temps, algériennes: la zlabia. Après l'appel au f'tour, la vie reprend dans une ambiance un peu plus dynamique. Les mosquées sont la destination d'un grand nombre de personnes.
A la différence des années passées, la grande mosquée des 1100 n'est plus la seule destination pour le Taraouih. La cité Haï Ethaoura, la cité Zaâmoum, la cité des 56 Logements, les 140 Logts... ont toutes réalisé des mosquées qui sont venues s'ajouter à celles déjà existantes. Bouira-ville compte plus de 14 mosquées en attendant celle des 338 et de la Cadat.
La ville s'anime davantage après la prière de la nuit malgré l'heure tardive. A l'heure du ftour au niveau des restaurants ouverts pour la circonstance, les jeunes bénévoles et les agents des APC se démêlent pour répondre aux doléances des hôtes. La palme revient au restaurant installé au niveau de la gare routière de Bouira où les policiers et les bénévoles de différentes associations tels les scouts musulmans tentent de servir le maximum de passagers.
Même constat au restaurant de la commune où le vice-président Ali Agsous, chargé du dossier veille au bon déroulement des opérations. Et dans ces soirées une personne demeure l'attraction essentielle en ce début de Ramadhan. Il s'agit de Abdou, le vendeur de thé. Il est adopté et aimé de tous.
Ce vendeur de thé est originaire de Timimoune- Adrar. Au tout début, Abdou muni d'une grosse théière en cuivre, posée sur un bac à braises de charbon, arpentait les artères de la ville. Il offrait son thé traditionnel partout. Il suffisait de lui en demander.
En quelques années d'exercice à travers les rues de Bouira, la réputation a vite dépassé les limites géographiques de la ville de Bouira pour s'étendre à l'ensemble de la wilaya voire d'autres wilayas, voisines. L'initiative trouva vite un écho favorable, et Abdou va vite se trouver dans l'obligation de recruter un personnel pour répondre à la demande toujours grandissante en thé traditionnel.
Le mois de Ramadhan et ses traditions et le créneau porteur amènent Abdou à recruter d'abord, ses frères, loue deux fonds de commerce et améliore la prestation. La place des martyrs du centre-ville est alors la destination des amoureux du thé traditionnel saharien. Les vitrines sont garnies de gâteaux traditionnels, d'amuse-gueule.
L'air clément et la fraîcheur ambiante de ces trois jours poussent les gens à sortir en famille. Sur le boulevard de la wilaya aussi, Abdou a ouvert un autre snack malgré la présence d'un concurrent.
Les connaisseurs préfèrent le thé de Abdou «Etimimouni» comme il aime se faire appeler. La direction de la culture a, selon la cellule de communication (Ndlr, nous n'avons rien reçu à ce jour), tracé un riche programme d'activité.
Au troisième jour, rien ne laisse paraître une quelconque activité hormis une petite scène placée à l'entrée de la maison de la culture Ali-Zaâmoum.
L'autre couac reste celui de l'absence d'un quelconque moyen de transport public nocturne. Ce manque et cette absence sont une aubaine pour les fraudeurs. Même le supermarché ouvert à Bouira qui, à ses débuts, se vantait d'assurer gratuitement le transport des clients vers son enceinte, a failli à sa promesse.
Le transport nocturne fait défaut à Bouira et l'absence totale de la direction des transports est avérée. Dans cette ambiance mi-figue mi-raisin et au troisième jour du Ramadhan, Bouira n'est pas encore sortie de son long sommeil.

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