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AVEC LE DÉFICIT DE LA BALANCE COMMERCIALE ET LA CHUTE DES RECETTES PÉTROLIÈRES

L'Algérie enclenche la marche arrière

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Le gouvernement a les yeux rivés sur les cours de l'or noirLe gouvernement a les yeux rivés sur les cours de l'or noir

Une situation qui réduit au stade de broutilles les querelles partisanes et le combat sans pitié pour le leadership que se sont livrés, ces derniers temps, des acteurs politiques de premier plan.

Le Ramadhan bat son plein. Les ménagères font leurs comptes et se focalisent sur les prix des viandes, des légumes, des fruits pour garnir leur table, si particulière, en ce mois sacré.
Le gouvernement a quant à lui les yeux rivés sur les cours de l'or noir. Un baromètre qui indique la santé de la nation.
Les politiques, certains, pas tous, se regardent le nombril. Et les cartes que disent-elles? L'année 2015 sera incontestablement une année difficile pour l'économie nationale.
La dégringolade des prix du pétrole a encore une fois mis en exergue sa fragilité. Une situation qui réduit au stade de broutilles les querelles partisanes et le combat sans pitié pour le leadership que se sont livrés, ces derniers temps, des acteurs politiques de premier plan. Une démarche qui consiste à assouvir en priorité des desseins personnels inavoués et qui relèguent au second plan les véritables enjeux et les défis qui se posent à l'Algérie. Ils ont démontré à travers ce type de comportement qu'ils se sont écartés de l'essentiel: l'avenir du pays et les difficultés quotidiennes de leurs concitoyens.
L'Algérie enclenche la marche arrière sur le terrain de la pratique politique. Pas uniquement sur le plan de la performance économique. Inquiétant tout de même lorsque l'on sait qu'un parti comme le Front de libération nationale, première force politique du pays, s'est livré à une véritable «bataille de chiffonniers» alors que l'économie nationale est sérieusement secouée par un baril de pétrole qui n'a pas cessé de boire la tasse depuis une année maintenant. Rongé par des luttes intestines depuis des années, l'ex-parti unique revendique aujourd'hui la chefferie du gouvernement. Pas rassurant pour l'avenir. Il était utile de faire cet aparté en ces moments difficiles que traverse le pays pour revenir à l'essentiel. L'heure est plutôt à la solidarité et à la recherche d'initiatives qui peuvent alléger le fardeau, qu'aux palabres et aux invectives qui donnent un triste spectacle de la vie de partis qui aspirent à gérer les affaires de la nation car si la conjoncture actuelle du marché pétrolier venait à perdurer ou à se détériorer davantage, il est vraisemblable que le pire est à redouter. Selon les chiffres rendus publics le 23 juin par le Centre national de l'informatique et des statistiques des douanes (Cnis) la balance commerciale a enregistré un déficit de 6,38 milliards de dollars durant les cinq premiers mois de l'année 2015, contre un excédent de près de 3,44 milliards de dollars à la même période de 2014. Le plus inquiétant demeure le recul des exportations des hydrocarbures qui constituent l'essentiel des revenus du pays en devises. Elles se sont amenuisées de plus de 45%!
«Les exportations des hydrocarbures, qui ont représenté 93,52% du total des exportations, se sont élevées à 14,91 milliards de dollars contre 27,35 milliards de dollars à la même période de 2014.» indiquent les services des douanes algériennes, soit une baisse de 45,47% exactement.
La facture des importations est certes en baisse, mais elle demeurera certainement encore assez élevée. «Elles se sont chiffrées à 22,33 milliards de dollars contre 24,87 milliards de dollars durant la même période de l'année écoulée (-10,22%)», souligne le document du Cnis. Des statistiques qui montrent que le niveau actuel des prix du pétrole est loin de satisfaire les besoins du pays, d'assurer ses équilibres budgétaires et de satisfaire ses besoins. Y a-t-il tout de même une petite lueur d'espoir pour voir cette situation s'améliorer? Il parait que oui malgré la conjoncture incertaine que connaît le marché pétrolier. Les prix devraient continuer à grimper. «Nous avons atteint un stade où une baisse des prix du pétrole est peu probable», a laissé entendre le ministre koweïtien du Pétrole Ali al-Omair, cité le 23 juin par l'agence officielle koweïtienne Kuna. Un «pronostic» qui apparemment se confirme. Hier, vers midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 64,93 dollars à Londres, en hausse de 48 cents par rapport à la clôture de mardi. A New York, dans les échanges électroniques, le baril de «Light Sweet Crude» (WTI) pour la même échéance gagnait 45 cents à 61,46 dollars. On est encore loin du compte... d'un baril autour des 80 dollars qui permettrait à l'Algérie de souffler. Le rêve est vraisemblablement permis.

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