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CÉLÉBRATION DU NOUVEL AN AMAZIGH

"Assegas amegaz" triomphe

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Les friandises du jour de l'An amazigh «treize»Les friandises du jour de l'An amazigh «treize»

Dans cette oeuvre identitaire qui n'était pas une mission aisée, plusieurs pans de l'Histoire algérienne sont rétablis et désormais ancrés dans les moeurs des Oranais.

Tout comme «Azul» ou encore «Tanemirt», «Assegas amegaz», une telle petite phrase, toute belle résonne bien du fait qu'elle souhaite l'avènement heureux de la nouvelle année amazighe. Elle revient sur toutes les lèvres ces dernières années un peu partout dans les villes algériennes, berbérophones et non berbérophones, notamment à Oran. Le Nouvel An amazigh constitue un repère important dans l'histoire algérienne à telle enseigne qu'il est célébré pompeusement un peu partout. A l'instar du reste du pays, la wilaya d'Oran n'a pas dérogé à la règle qui s'est mise dans toutes les couleurs amazighes. Dans cette ville, dont le nom est amazighe et signifie «Deux Lions», Yennnayer ou encore les festivités célébrant le premier jour de la nouvelle année amazighe sont fêtés dans un cadre ne pouvant échapper ni aux passants ni encore moins aux curieux.

«Ayred» revient de la mort
L'association Numidia est l'instigatrice du renouvellement d'un tel rituel en instaurant le festival de Yennnayer qui dure toute une semaine. La festivité, qui a atteint le stade de la philanthropie, de la bienveillance et de l'enseignement est à sa XIe édition. Dans cette célébration pompeuse, tous les rites ancestraux sont réitérés, renouvelés. Le festival s'est ouvert jeudi à Oran en revenant loin dans l'histoire amazighe. Dans cette ouverture, les organisateurs ont jugé utile de redonner au lion la place qui lui revient de droit dans les croyances et convictions locales tout en lui rendant un vibrant hommage. Il s'agit de ce rite baptisé au nom de «Ayred» qui est célébré pompeusement à l'avènement de chaque nouvelle année dans la région des Béni Snous, dans la wilaya de Tlemcen. «Ayred» est célébré sous forme d'un mini carnaval dans le but de perpétuer la mémoire collective des hommes et des femmes ayant marqué l'Histoire algérienne depuis l'Antiquité. Saïd Zamouche, le président de l'association Numidia, n'en revient pas dans ses déclarations en affirmant que «'Ayred'' symbolise la perpétuation de la culture berbère, qui a su et pu subsister et résister aux occupations successives à travers les siècles, gardant son cachet et son authenticité». Ayred ou encore le Lion est un carnaval très populaire qui célèbre le premier jour de l'An amazigh, Yennayer. Dans le carnaval «Ayred», qui dure pendant trois nuits qui devancent Yennayer, les villageois, hommes, femmes et enfants, se déguisent en se couvrant d'un masque en peau de cuir.
Ainsi, déguisés, ils parcourent le village en chantant et en dansant jusqu'à ce que la Lionne tombe inerte sur la place principale de l'agglomération. Dans cette mort, qui est symbolique, les concernés, observent aussitôt le deuil tout en faisant leurs adieux à l'année qui vient de s'écouler dans l'espoir qu'elle emporte avec elle ses désagréments. Du coup, les acteurs du carnaval Ayred, tout attristés, se mettent à jubiler manifestant leur joie, la Lionne revient de son trépas annonçant l'avènement du Nouvel An. L'association Numidia, qui est partie prenante en organisant la manifestation culturelle, n'a pas cessé de militer culturellement pour et au profit de la cause amazighe. Dans ses oeuvres, elle a réussi le coup en créant l'ambiance en s'imposant dans sa création et innovation tout en ressuscitant l'identité amazighe. Dans cette oeuvre totalement identitaire, la mission n'était pas aisée étant donné que les visions de cette association culturelle sont futuristes en mettant le cap sur la nécessité du rétablissement de plusieurs pans de l'Histoire algérienne et leur ancrage de nouveau dans les moeurs des Oranais. Mohamed Nadir, venu de Tlemcen exclusivement pour prendre part à la célébration à Oran du Nouvel An amazigh, estime que «cette oeuvre est à saluer tout en encourageant ses initiateurs».

Rien ne se fait au hasard
A Oran, la célébration du jour de l'An amazigh est publique, dans la médiathèque, salles de cinéma et cités universitaires. Un tel choix décidé depuis le lancement de la première édition n'est pas un fait du hasard. Il porte dans ses dimensions «l'implication de toutes les catégories sociales en les faisant participer dans une festivité nationale», indique-t-on au niveau de l'association Numidia qui a fait sienne la nécessité de promouvoir la culture amazighe depuis les années de plomb en commençant par l'enseignement, dans ses locaux, de la langue amazighe. Cette célébration comprend un riche programme constitué de conférences, de spectacles, des visites guidées et une exposition avec la participation d'une quinzaine d'artisans. Les organisateurs placent la barre haute en dédiant les conférences de cette manifestation ainsi que les cours à donner aussi bien pour les étudiants que pour le large public constitué de curieux et de défenseurs de l'amazighité. C'est pourquoi le choix des thèmes devant traiter essentiellement d'une part de Yennayer sous toutes ses facettes comme symbole du renouveau amazigh, une histoire à revisiter, une fête, une culture et un patrimoine à sauvegarder et d'autre part de Yennayer, segment identitaire, pour avaliser une journée chômée et payée. D'autres activités sont, par ailleurs, au programme dont un défilé du vêtement traditionnel, un spectacle de danse, un récital poétique et des représentations théâtrales. Les festivités seront domiciliées dans la Médiathèque d'Oran, le Théâtre régional Abdelkader Alloula d'Oran, la salle Es-Saâda, l'université d'Oran et l'auberge de jeunes de la localité de Belgaïd. Aussi, la célébration de Yennayer, telle que conçue par les cadres et animateurs de l'association Numidia, prévoient deux randonnées et visites guidées, la première aura lieu dans le Palais du bey et la deuxième à Santa Cruz dans les monts du Murdjadjou. Dans cette démarche, les organisateurs adoptent le principe de «Notre culture, qui est riche et variée, est pour tout le monde». Pour clore en beauté une telle célébration, un grand couscous de Yennayer 2966 sera préparé jeudi soir pour être offert vendredi aux invités devant se réunir dans la Médiathèque d'Oran. Dans toutes ces activités, la prise en charge de la question identitaire revient sur toutes les lèvres des participants à la célébration de Yennayer saluant la promotion de tamazight en tant que langue officielle dans l'avant-projet de révision de la Constitution. «Assegas amegaz pour toute l'Algérie», diront les participants.

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