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AGRICULTURE - PNDA

De la politique au terrain...

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Si, comme tout un chacun peut le constater, le PNDA est la première politique réellement réfléchie et projetée dans le temps dont l’Algérie se soit dotée depuis l’indépendance, les observateurs ne s’inquiètent pas moins du décalage qui existe entre la qualité du plan et les résistances qui se manifestent contre sa mise en oeuvre.

Ainsi, dans certaines régions où le taux d´avancement est très important en termes de recensement, de bornage, d´identification des surfaces à mettre en concession, les investisseurs sont confrontés à des démarches décourageantes de la part des administrations locales.
A Tiaret, où 90.000&nbspha ont été dégagés, «la DSA freine des deux pieds et affecte les meilleures terres aux copains et aux cousins», affirme un candidat à la concession.
Un groupe d´investisseurs partis avec un projet intégré d´élevage, d´industrie agroalimentaire et d´agriculture est toujours en attente d´affectation des 1500&nbspha demandés: «Nous avons déposé un dossier volumineux auprès de la DAS, et avons fait plus de 15 déplacements, sans résultat», affirme un membre de ce groupe.
Un ingénieur agronome, propriétaire d´une petite exploitation dans la région de Ksar Chellala, suspecte certains éléments de l´administration locale de «vouloir faire bouger les ârchs locaux pour s´opposer à des attributions au bénéfice d´étrangers à la région».
Dans la wilaya de Guelma, il semble que les choses se passent un peu mieux dans la mesure où la campagne «moissons-battages a révélé des taux proches des normes de rentabilité internationales, entre 35 et 40&nbspq à l´hectare pour les céréales» dans les mêmes proportions que Relizane qui vient de battre ses records de production avec 1,2 million de quintaux.
Si ces éléments constituent des prémices prometteuses, il reste à déterminer de manière plus précise le rôle des banques dans la mise en oeuvre du PNDA, dont l´objectif est, à terme, la sécurité alimentaire du pays, concept qui a remplacé avantageusement celui, illusoire, d´autosuffisance.
Quant à l´opération de recensement général de l´agriculture, la première depuis 1973, «elle est à une moyenne nationale de près de 83%, avec des variations, d´une wilaya à l´autre, de plus ou moins 15 points», selon des sources proches du ministère de l´Agriculture.
«Nous devrions boucler cette opération vers le fin septembre, pour entamer la phase suivante, en collaboration avec le Cadastre et les Domaines», ajoute la même source, estimant que «la plus grave difficulté à laquelle nous avons été confrontés a été la méfiance des exploitants. Mais nous avons fini par la lever, et le rythme de travail s´est, depuis, accéléré.»
Il reste à donner au PNDA toutes les chances de succès, pour que des rendements de 9&nbspq à l´hectare, comme c´est le cas à Mila, ne soient plus la référence moyenne de productivité.
Les surfaces touchées par l´opération d´intensification ont donné des résultats probants (jusqu´à 50&nbspq à l´hectare), mais cela risque d´être freiné pour des considérations financières étroites.
Quand on aura dépensé 1200 milliards de dinars dans l´agriculture en dix ans, soit autant que dans l´assainissement des entreprises publiques, ce qui équivaut à la création de 2 millions d´emplois, et à une réduction de la facture alimentaire, avec des possibilités d´exportation certaines, on pourra alors penser à faire des économies de bouts de chandelle.

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