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YOUNSI ET FILLALI SE DISPUTENT LE SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DU PARTI

El Islah risque le gel

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Déchiré par des opposants et des partisans du secrétaire général Fillali Ghouini, le parti refuse d'étaler ses problèmes internes sur les colonnes de la presse.

Il risque de nouveau d'être gelé. Le mouvement El Islah est secoué par une crise interne qui n'a pas divulgué ses secrets. La direction est divisée entre partisans et opposants du secrétaire général Fillali Ghouini. En raison de son orientation et sa volonté de se rapprocher du pouvoir, le chef de file du parti est vivement contesté par les cadres de son parti. Lors de la dernière session du conseil consultatif, ses opposants ont décidé de lui retirer la confiance et de le remplacer par Djahid Younsi au poste de secrétaire général du parti. Or, cette décision n'a pas arrangé les choses. Au contraire, elle a mis le parti dans une situation compliquée. M.Ghouini a rejeté en bloc cette décision en continuant à activer sous la casquette de secrétaire général. Ignorant complètement ses adversaires, il multiplie ses activités ces derniers temps. Samedi dernier il a tenu une rencontre à Alger où il a invité tous les acteurs politiques à un dialogue national «sérieux et transparent» pour parvenir à une entente nationale de nature à préserver «l'intérêt suprême du pays». Fillali Ghouini a mis l'accent sur la nécessité de «s'orienter vers l'ouverture d'un dialogue national associant tous les enfants de l'Algérie et de formuler des propositions en vue d'atteindre le consensus national escompté». Etalant ses positions, le secrétaire général contesté argumente «le renforcement de la cohésion nationale et du front interne, en oeuvrant à faire face aux dangers extérieurs qui guettent le pays», outre «l'évaluation des réformes et de la révision urgente de l'arsenal juridique pour construire l'Etat de droit et garantir les libertés individuelles et collectives». Des déclarations qui accentuent la tension chez les opposants lesquels sont déterminés à le chasser du parti. «Il ne parle pas au nom du parti et ce qu'il fait ne concerne pas El-Islah», a affirmé Boudebouz qui rappelle que le parti a un nouveau secrétaire national. L'actuel responsable du parti est Djahid Younsi. Notre interlocuteur n'a pas voulu trop polémiquer. Selon lui, le parti refuse d'étaler ses problèmes internes sur les colonnes de la presse. Ce qui est certain est le fait que la direction de Djahid Younsi a transmis tout un rapport de la dernière session du conseil consultatif au ministère de l'Intérieur pour valider ses résultats. Ce qui ne sera pas certainement acquis. Malgré le retrait de confiance, Fillali Ghouini est toujours reconnu comme secrétaire général du parti par les autorités. Celles-ci ne ratent pas l'occasion pour gagner la sympathie d'un membre important de l'opposition. Ce qui laisse dire que la crise promet de beaux jours à la formation El Islah. Intervenant à la veille des législatives de 2017, cette crise va, sans doute, affaiblir le poids du parti qui compte aujourd'hui près d'une dizaine de sièges à l'APN. Ce n'est pas tout. Cette crise ne sera pas sans conséquence sur le camp de l'opposition. Les premiers effets sont déjà palpables. Fillali Ghouini avait annoncé le retrait d'El Islah de la Coordination des libertés et de la transition démocratique. Lors d'une conférence de presse qu'il a animée dernièrement, Ghouini a annoncé le retrait du mouvement El Islah du Pôle des forces pour le changement. Il a soutenu que cette décision qu'il a qualifiée de «souveraine», «a été prise lors de la réunion du bureau national du mouvement, et que le coordinateur du Pôle, Ali Benflis, en a été informé officiellement». Le mouvement a décidé, par ailleurs, du «maintien de sa qualité de membre au sein de l'Instance de consultation et de suivi de l'opposition». Une décision qui a été démentie par la direction de Djahid Younsi qui a assuré le maintien du parti au sein de la Cltd. Retrait ou pas, la Coordination des libertés et de la transition démocratique ne sera pas épargnée par cette crise qui secoue l'un des membres importants de son Pôle. Après le retrait du parti Jil Djadid de Soufiane Djilali, la crise d'El Islah risque de rajouter une couche au Pôle de l'opposition qui peine à réunir ses forces. Les islamistes qui ont percé dans les année 1990 sont en perte de vitesse ces derniers temps. Nul n'ignore que la mouvance islamiste a perdu ses repères. Avec le changement de cap du mouvement Ennahda en Tunisie et le dernier coup d'Etat contre le président turc Tayyip Recep Erdogan, deux partis qui étaient un modèle de référence, nos islamistes se retrouvent sans orientations.

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