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REJET DE MILLIERS DE POISSONS PAR LA MER

Au bord d'une catastrophe écologique

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Pour des raisons qui demeurent encore inconnues, une enquête vient d'être ouverte, engageant les acteurs en charge de la protection de la faune et de la flore à Annaba.

Que se passe-t-il dans les fonds marins de la côte est du pays, à Sidi-Salem et oued Seybouse notamment, où des milliers de poissons ont été rejetés par ce dernier. Cela s'apparente à une catastrophe écologique quant on considère la quantité de rejets de substances toxiques déversées quotidiennement dans cet oued qui se jette directement à la mer. Des actes dénoncés des années durant par les habitants aussi bien de Sidi-Salem que de Joinville, exaspérés par la pollution de ces deux plages, interdites à la baignade depuis plus de 20 ans. Entre autres infrastructures mises à l'index, le complexe d'El Hadjar et celui des fertilisants Fertial: entreprises polluantes de cette zone maritime. Si aujourd'hui, la catastrophe a touché les eaux de l'oued Seybouse, occasionnant la mort de plusieurs espèces de poissons, la catastrophe humaine n'est pas à écarter, de par le risque de fuites de produits toxiques que pourrait provoquer cette centaine de mètres de tuyaux suspendus tout le long du bord de la plage de la cité Seybouse jusqu'au port d'Annaba. Pour l'heure, ce drame marin, qui n'est d'ailleurs pas le premier du genre, a mobilisé les acteurs en charge de l'environnement et l'écologie, dans la wilaya d'Annaba, Anpep, direction de la pêche et les ressources halieutiques, police et gendarmerie entre autres. Les spécialistes du domaine dépêchés sur les lieux, ont pris des échantillons, des eaux de l'oued Seybouse et des poissons rejetés, sur lesquels des analyses devront être faites au niveau du laboratoire spécialisé de l'Observatoire de l'environnement d'Annaba. En attendant les résultats identifiant cette catastrophe écologique, il convient de noter qu'en cinq ans, cette bande maritime a enregistré le déversement de 200 000 litres d'huiles de vidange dans une fosse non loin de cette rive maritime, pendant que 3 000 autres litres avaient été versés par un camion dans l'oued Seybouse. Sans pour autant oublier de rappeler que la plage de Sidi-Salem avait, il y a deux ans, enregistré le même phénomène, à savoir le rejet de milliers de poissons par la mer. Ainsi, le bassin de la Seybouse est souvent sujet de pollution urbaine, mais surtout industrielle. Sur ce dernier point, il convient de signaler que sur les 4,5 millions de m3 de polluants industriels libérés dans l'oued Seybouse, 3 millions de m3 sont constitués d'huiles usagées, transformant ainsi en cet oued catalyseur par excellence de déchets. Par ailleurs, il est impératif de faire part de certaines thèses avancées notamment par les professionnels du domaine, dont l'analyse de la situation. Ils ont mis en avant la probabilité de rejet de déchets toxiques par des cargos au large des eaux territoriales. Renforçant cette thèse, par le fait que les espèces maritimes de cette partie de la côte se sont accommodées à la vie dans ces eaux, plus ou moins polluées. Le sinistre demeure lié aux résultats des analyses du laboratoire spécialisé de l'Observatoire de l'environnement d'Annaba et l'enquête engagée par les services de sécurité sur ce phénomène, qualifié par plus d'un, de catastrophe écologique jamais enregistrée dans cette zone. D'où plus de 3 tonnes de différentes espèces de poissons rejetées par les eaux de cet oued ont été enfouies dans une profonde fosse, évitant ainsi la propagation d'odeurs nauséabondes dégagées par le poisson décomposé, notamment en cette période de fortes chaleurs. L'enquête prise en charge par la Gendarmerie nationale, section de la protection de l'environnement, devra déterminer la provenance de cette pollution. Une situation mettant dans la tourmente les agriculteurs qui irriguent leurs terres avec les eaux de l'oued Seybouse. Ces dernières, selon certains d'entre eux, ont changé de couleur, pour devenir noirâtres, dégageant une mauvaise odeur. Un crime écologique qui pourrait avoir de grandes répercussions, quand on sait que l'oued Seybouse est névralgique à la région Est du pays, car il passe par trois wilayas, Guelma, Annaba et El Tarf entre autres.

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