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TV PRIVÉES ET ASSASSINAT DE LA JEUNE NIHAL

L'Arav appelle à la retenue

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Zouaoui Benhamadi président de l'AravZouaoui Benhamadi président de l'Arav

Cette instance, drivée par Zouaoui Benhamadi, appelle à la vigilance dans la diffusion des commentaires et des faits à propos de cette affaire qui a révulsé l'opinion.

L'Autorité de régulation de l'audiovisuel (Arav) vient d'appeler l'ensemble des médias audiovisuels à faire preuve d'une «vigilance extrême» dans la diffusion de commentaires et de faits en rapport avec l'affaire de l'assassinat de la jeune Nihal Si Mohand, laquelle relève encore du domaine de l'enquête judiciaire. «Suite à l'ignoble assassinat dont a été victime la jeune Nihal Si Mohand, l'opinion publique a été, à juste titre, révulsée par cet acte horrible. Et c'est également, à juste titre, que la presse nationale, en particulier les médias audiovisuels, se sont saisis de l'événement», indique l'Arav dans un communiqué. Cette instance monte surtout au créneau pour rappeler les limites du scoop et le signifier aux médias lourds qui se sont saisis du tragique événement de doper leur audience.
L'Autorité qui s'est «réjouie» de la réactivité des chaînes TV, relève que «malheureusement, certaines télévisions sont allées au-delà du droit d'informer en diffusant des informations approximatives ou erronées, causant ainsi un lourd préjudice aux familles déjà très douloureusement affectées». L'Arav s'insurge donc contre l'amorale course au scoop et exprime ainsi son refus de nourrir la curiosité au détriment de la sécurité et de la sensibilité de la famille victime de l'ignoble rapt. Au même titre que le père de la petite Nihal, du président de l'APC d'Ath Ouacif, de la Dgsn et du procureur de la République, voilà que l'Arav, par la voix de son premier responsable, Zouaoui Benhamadi, appelle à son tour, l'ensemble des médias audiovisuels du pays à «faire preuve de vigilance extrême dans la diffusion des commentaires et des faits dans tout ce qui touche cette douloureuse affaire, encore du domaine de l'enquête judiciaire». Son premier responsable, Zouaoui Benhamadi, fort de sa grande expérience dans le domaine de l'information, entend user de toutes ses prérogatives afin que l'Arav, conformément à son cahier des charges, mette de l'ordre dans le paysage audiovisuel marqué par une multiplication des chaînes dites «offshore» et mues par le culte du sensationnel.
Le communiqué diffusé sonne d'ailleurs comme une invitation, voire une sommation en vue de respecter les règles déontologiques consacrées par les textes et à éviter l'exploitation d'images sensibles et d'infos qui se nourrissent de l'inquiétude et du désarroi. L'autorité indépendante ne renie pas pour autant ses prérogatives à la fois en tant que garante et gardienne de la liberté d'exercice de la profession. L'impératif de ne pas porter atteinte à la vie privée des personnes est cependant cette fois érigé en rempart inviolable. Qui mieux que ce vieux routier de la presse qu'est Zouaoui Benhamadi, pour venir rappeler à ces médias d'un nouveau genre, les lignes rouges à ne pas franchir lorsqu'il s'agit de préserver la vie privée des familles, notamment celles prises dans les mailles d'un tragique événement dont se sont vite emparées des télévisions en mal de scoops. Cet ancien directeur général de la Radio nationale de 2002 à 2006, et non moins ex-directeur général de l'Agence nationale de gestion des réalisations culturelles, est désigné comme l'homme de la situation pour moraliser le mode de fonctionnement de ces médias lourds dont certains n'en sont pas à leur premier dérapage. L'Arav qu'il dirige donne cette fois l'alerte car la ligne rouge est franchie. La famille de la défunte Nihal Si Mohand aura été la première à vivre doublement le martyre, à savoir celui d'être victime d'un horrible rapt, mais également celui de connaître les dérapages de médias lourds indépendants qui ont osé fouler aux pieds le b.a.-ba de la déontologie en matière d'information. L'affaire Nihal relance ainsi le fameux débat portant sur la vie privée et le devoir d'informer. A la faveur de la tragique histoire des Ath Ouacif, l'intox aura été parfois à son comble alors que l'émotion et la douleur des parents étaient incommensurables, alors que les médias en question distillaient maladroitement des informations souvent non encore confirmées, formatées qu'elles étaient par le diktat du prime time.
La guerre des images et des scoops s'est surtout concentrée entre les trois chaînes d'infos Ennahar TV, Echourouk TV News et Dzair News. Toutes les télévisions privées étaient sur le qui-vive et diffusaient les infos minute par minute, jusqu' à ce que la justice intervienne pour mettre un terme à une bataille sans merci entre les chaînes privées.

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