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RÉUNION DE L'OPEP À ALGER

Les experts étrangers subjugués

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L'accord d'Alger a eu un retentissement internationalL'accord d'Alger a eu un retentissement international

L'accord d'Alger qui est qualifié de surprise, prouve que l'Opep peut retrouver son rôle de monitoring.

Intervenant dans les médias britanniques, plusieurs experts ont qualifié l'accord conclu entre la majorité des membres du cartel de «surprise». L'accord des pays de l'Opep conclu très tard mercredi dernier à Alger est «une surprise pour les marchés» ont déclaré le lendemain, des experts et analystes britanniques. Ils ont loué «une première action coordonnée» du cartel depuis 8 ans. Après avoir largement affiché un scepticisme quant à l'aboutissement d'un quelconque résultat de la réunion d'Alger, en raison de «l'entêtement» de l'Arabie saoudite à conditionner la réduction de sa production pétrolière à celle de l'Iran, les analystes à Londres évoquent à présent un «accord surprise». Lors de la réunion d'Alger, les membres de l'Opep ont convenu de la réduction de la production de l'organisation à un niveau oscillant entre 32,5 mbj et 33 mbj. L'impact de cette décision a été immédiat, sur les prix du pétrole qui ont connu une augmentation de 6%.
Toutefois, après avoir rebondi, les cours du pétrole reculaient sans avoir franchi le seuil symbolique des 50 dollars. «Je pense que l'accord d'Alger a été une surprise pour les marchés», a déclaré, l'expert Karen E. Young, professeur à l'université des sciences économiques et politiques de Londres, London School of Economics and Political Science. Il a souligné que la réunion formelle de novembre sera décisive pour les pays producteurs du pétrole. L'expert a soutenu par ailleurs, que «les membres de l'Opep ont encore deux mois devant eux pour finaliser l'accord, et que l'accord «n'a pas encore été conclu»... L'experte en énergie, Amrita Sen, a relevé le «changement» dans la stratégie de l'Opep, mais, a estimé que le manque de détails sur la part à réduire pour chaque producteur, ne permet pas de s'exprimer sur le succès de l'accord, son application, et son impact sur un marché saturé. Dans ce contexte, il faut rappeler que le président de l'Opep a parlé de partage équitable des quotas de réduction entre les 11 et 14 membres de cette organisation puisque la Libye, le Nigeria et l'Iran sont exemptés de cet accord.
«L'Opep va dans la bonne direction», a déclaré Jamie Webster, analyste au Centre de la politique énergétique mondiale.
L'analyste pétrolier, Edward Morse, évoque des «défis à plus long terme», qui restent à relever par l'Opep, notamment l'industrie du schiste américain qui «prospère» et risque de faire chuter les prix du pétrole. De leur côté, les experts nationaux ont loué l'accord d'Alger. L'Opep a pris une décision «mûre», a affirmé le professeur Chems Eddine Chitour, estimant que l'Algérie a bien joué son rôle de conciliateur entre l'Arabie saoudite et l'Iran pour décrocher cet accord. Les traditions diplomatiques de l'Algérie et ses «rapports excellents» avec ces deux pays membres de l'Opep ont, en effet, permis de rapprocher leurs points de vue, a-t-il expliqué. «L'Arabie saoudite et l'Iran qui ont les mêmes problèmes en termes économiques et financiers, devaient s'entendre», a fait remarquer le professeur Chitour. En outre, si les pays consommateurs décident avec l'AIE de noyer le marché, ils «vont créer une abondance artificielle en n'achetant pas le pétrole de l'Opep et en destockant leurs réserves et ça, c'est un grand problème», a-t-il prévenu.
«Les pays occidentaux, qui disposent de trois années de réserves manipulent le marché en créant une abondance artificielle. Donc, il est nécessaire d'avoir un accord avec eux pour ne pas destocker leurs réserves», a préconisé le professeur Chitour. D'un autre côté, les prix du pétrole ne devraient pas être très élevés «sinon le pétrole de schiste serait rentable et (...), c'est-à-dire qu'il y aurait une abondance qui ferait que les Etats-Unis ne seront plus importateurs, mais exportateurs de pétrole». Selon ce dernier, le prix d'équilibre du baril devrait tourner autour de 60 dollars et ce niveau pourrait être atteint au plus tard dans une année. Pour ce qui est du rôle des gros producteurs en dehors de l'Opep dans la stabilisation des prix, M. Chitour a estimé que ces pays et à leur tête la Russie ont intérêt à s'impliquer aux efforts de l'Organisation. Cela lui permettra d'avoir des ressources supplémentaires du fait qu'elle est engagée dans plusieurs projets, notamment au Moyen-Orient, mais si elle boycotte elle risque de se tirer une balle dans le pied», a-t-il résumé.
En outre, si le Mexique et la Norvège «jouent le jeu» cela pourrait contribuer à baisser la production mondiale de 2 mbj, permettant aux prix de grimper autour de 60 dollars le baril, prévoit M. Chitour. «J'espère que l'Algérie ne va pas s'endormir avec quelques dollars de plus. Il faut qu'elle tourne le dos à la rente en investissant dans le développement durable et les énergies renouvelables ainsi que la création de richesses hors pétrole», a conclu le professeur Chitour.

Le président de l'Opep remercie Bouteflika
Le président de l'Opep, Mohamed Salah Assada (Qatar), n'a pas tari d'éloges à l'égard du président de la République, Abdelaziz Bouteflika à l'issue de la «longue» et «historique» réunion informelle de l'Opep transformée en réunion extraordinaire. «Au nom de tous les membres de l'Opep, je tiens à remercier Son Excellence le président de la République et son Premier ministre Abdelmalek Sellal, de nous avoir donné cette opportunité de se concerter et de se réunir à Alger, au profit de la communauté internationale, en cette conjoncture économique mondiale très difficile», a-t-il insisté plus d'une fois. «Les négociations multilatérales se sont déroulées dans une seule salle, dans une atmosphère et une cohérence très positives, a-t-il fait savoir. Les membres de l'Opep ont instruit les membres du comité de coordination d'accélérer le processus de mise en oeuvre de l'Accord pour arriver rapidement à un accord de rééquilibrage des prix des hydrocarbures. Ce processus de rééquilibrage des cours se fera à travers un partage équitable entre les 11 pays de l'Opep et les principaux pays hors Opep, qui ont affiché leur volonté de coopérer», a-t-il expliqué.

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