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L'ALGÉRIE AU SALON DU TOURISME DE PARIS

La difficile mission de promotion

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Le stand algérienLe stand algérien

Des mesures de sécurité exceptionnelles et draconiennes ont marqué l'ouverture et le déroulement de cette 38e édition du Salon Iftm Top Resa qui s'est tenu du 20 au 23 septembre dans la capitale française, Paris.

Les derniers attentats perpétrés en France et ailleurs en Europe sont encore à l'esprit et rien n'est laissé au hasard pour éviter ou prévenir tout incident dont les conséquences seraient incommensurables pour l'image de cet événement touristique international, l'un des plus grands au monde.
Ainsi, ce sont 30 929 professionnels qui se sont déplacés à la porte de Versailles durant les quatre jours du salon. Côté visiteurs, il y avait des agences de voyages, des TO, des autocaristes et groupistes, des transporteurs et des hôteliers.
88% des visiteurs étaient français. Côté exposants, Top Resa a rassemblé 1 694 marques, sur 543 stands, regroupées sur 31.000 m2 d'exposition.
La délégation algérienne, encadrée par l'Office national du tourisme, était composée de tour-opérateurs, agences de voyages, d'hôteliers et d'artisans. Tous, venus avec la forte motivation de représenter au mieux l'image de l'Algérie touristique, en pleine construction. La tâche n'est pas aisée tant cette image reste encore marquée par les difficiles années 1990. Et pourtant, il y a fort longtemps que l'Algérie est un pays serein, sûr.
«Quoi qu'on fasse, se désolera Djamel Ramdani, directeur central au Touring club d'Algérie, un des plus anciens et plus grands tour-opérateurs algériens, nous nous retrouvons devant un mur, tant que les consignes des chancelleries étrangères, et en particulier française, continueront à déconseiller à leurs citoyens de se rendre en Algérie.» «Du coup, cela dissuade le plus grand nombre d'inscrire l'Algérie dans leurs projets de vacances. Et pour ceux qui seraient tentés de le faire, ils devront faire face à de gros frais en matière d'assurance voyages. Ce qui nous ramène à la case départ, à savoir le désintérêt pour notre destination.»
Cela ramène les visiteurs du pavillon algérien, très nombreux, à se focaliser sur les questions de sécurité malgré le fabuleux patrimoine touristique exposé par les opérateurs algériens à travers des visuels, dépliants et autres brochures de qualité.
A cela s'ajoute la réputation, à tort ou à raison, de prestations touristiques médiocres en Algérie. Un autre exposant, voyagiste, avouera pour sa part, la difficile mission des actions de promotion du tourisme algérien à l'étranger. «Il ne faut pas s'étonner, reconnaîtra-t-il, de ne pas voir affluer les étrangers chez nous quand l'environnement est très souvent rebutant, la mobilité est réduite, les distractions manquent et les qualités de service laissent à désirer.»
Interrogé alors sur la raison de la présence de l'Algérie dans ce salon, Nourredine Belmihoub, directeur général de l'ONT affirmera que «s'absenter de ces rencontres internationales est la pire erreur à commettre, même si nos capacités à répondre à une demande internationale restent encore insuffisantes». «Il s'agit, poursuivra-t-il, de continuer à faire valoir le potentiel algérien à travers les salons internationaux tout en améliorant nos capacités d'accueil au plan quantitatif et qualitatif.» «Par ailleurs, ajoutera-t-il, ce type de participations permet aux acteurs du tourisme algérien présents de commercialiser des produits déjà conçus et éprouvés, aptes à susciter l'intérêt de touristes individuels ou en groupe. Cette participation permet également d'aller à la rencontre de professionnels du monde entier et de s'informer de l'actualité, des tendances internationales du tourisme, de l'hôtellerie et des voyages.»
«Par ailleurs, ne manquera-t-il pas de rappeler, que des efforts considérables sont déployés par les pouvoirs publics pour la relance du secteur. Et les fruits de ces efforts sont nettement perceptibles, à travers notamment la densification du parc hôtelier, les actions de formation.» «Le processus de relance, conclura-t-il, est bel et bien enclenché et bon nombre d'indicateurs l'attestent.»
Ce salon a été une occasion pour faire connaître les grands acquis de l'hôtellerie nationale haut de gamme comme celle de la chaîne hôtelière El Aurassi, ou la résidence «Les gazelles» réalisée par l'homme d'affaires algérien Djilali Mehri.
Pour Abdelkader Lamri, président directeur général de la chaîne El Aurassi, très présent et très investi dans cette participation, «les efforts pour la promotion de la destination touristique algérienne doivent être soutenus et permanents. Redorer le blason de l'Algérie dans le domaine du tourisme est tout à fait possible tant que des moyens conséquents sont mobilisés et que tous les acteurs du tourisme, qu'ils soient publics ou privés s'impliquent dans cette démarche».
«Le rituel du chèche» a été un moment de découverte, de curiosité et d'intérêt pour le public et particulièrement les étudiantes en tourisme parisiennes. Elles étaient nombreuses à attendre leur tour pour se prêter à ce rituel et repartir avec un chèche targui.
L'artisanat était, comme de coutume, présent cette fois avec les bijoux d'Aït Yenni et la céramique d'art. L'intérêt du public y était évident, tant la qualité des produits était de mise.
La dégustation de la pâtisserie traditionnelle et des dattes a été fortement appréciée par les visiteurs et les opérateurs étrangers et la presse invitée au pavillon national par l'ONT.
Alors, promouvoir la destination algérienne est une mission difficile? oui, mais impossible, non!

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