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CONFÉRENCE RÉGIONALE SUR LE DIVIDENDE DÉMOGRAPHIQUE

L'Algérie veut une approche commune

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Pour faire vite, l'Algérie «est prête à collaborer avec les pays de la région et la communauté internationale pour répondre aux défis du développement humain».

Avoir une population majoritairement jeune peut être une bénédiction, comme cela peut être une malédiction pour un pays. La conférence régionale de haut niveau sur le dividende démographique qui s'est tenue hier à Alger sur initiative du ministère de la Santé et du Fonds des Nations unies pour la population- région des Etats arabes (Unfpa), était l'occasion pour les participants de mettre en garde les gouvernements contre l'ignorance de cet atout. Luay Shabaneh, directeur de l'Unfpa, qui a pris le soin de définir dans son intervention le concept de dividende démographique, en di-sant que «c'est la hausse de la productivité économique qui se produit lorsque la ratio de la population active s'accroît par rapport au nombre de personnes à charge», a précisé que la région arabe «figure parmi les pays les plus jeunes au monde.». Néanmoins, cet avantage n'a pas fait objet d'investissement.
«Le taux du chômage auprès des jeunes dans la région est parmi les plus élevés au monde, atteignant près de 28%». Ce à quoi, «la jeunesse qui au lieu d'être au-devant du développement de ces pays, est devenue un véritable fardeau». Le prix de cette marginalisation, a été vite payé par ces pays, souligne-t-il. «Le Monde arabe aujourd'hui, est la région qui génère le plus grand nombre de réfugiés et de migrants économiques dans le monde». Pour M. Luay, les pays arabes ne peuvent remédier à une telle situation, maintenant que le mal est fait, «que s'ils convergent leurs points de vue, de façon à ce qu'ils tracent des stratégies communes.
La nécessité d'unir les points de vue entre les pays arabes est une urgence absolue». «Car les pays de la région font face à des défis communs: la crise économique, le phénomène de terrorisme..etc». Lui succédant Mme Myriem Khane, représentante de l'Onusida pour la région arabe, a déclaré d'emblée que la mauvaise prise en charge de la jeunesse et le maintien de la politique de discrimination entre les sexes dans la région, sont parmi les raisons de la propagation de beaucoup de maux.«Les Etats qui devraient prendre soin des porteurs du VIH par exemple, pour les aider à guérir, sont en train de les stigmatiser et de cultiver la discrimination à leur égard». Ce comportement irresponsable pousse ces jeunes à l'étape de non-retour. «C'est à dire la fuite en avant.» Les Etats arabes doivent rompre avec cette vision des choses et s'inspirer de ce qui se fait dans le monde.
«Les pays africains qui sont du point de vue économique beaucoup plus faibles que les pays arabes ont pu récemment se mettre d'accord sur une feuille de route pour la réalisation du dividende démographique», s'est-elle désolée, invitant les pays arabes à imaginer. «Imaginons un scénario dans lequel une population croissante, en âge de travailler, contribuerait à la productivité,au marché du travail et à l'élaboration de politique. Imaginons une population jeune satisfaite de l'éducation qu'elle a reçue, de son accès à l'emploi, et de son engagement dans la vie publique». Intervenant en dernier, le représentant du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Rezki Ali, a fait savoir que l'Algérie a pris connaissance de l'importance de la jeunesse dans la croissance du pays et ce depuis fort longtemps. Ainsi, elle a veillé sur la généralisation de la scolarisation, le renforcement de l'accès à la santé, la lutte contre la discrimination entre les sexes qui s'est traduit par la revue à la hausse du taux de représentativité des femmes au niveau des assemblées élues (30%), cinq femmes ministres, consécration des droits individuels et collectifs dans la nouvelle Constitution. Pour M. Rezki le prix décerné par l'ONU au Comité national population, est une récompense. Cependant, nuance-t-il, les efforts de l'Algérie allant dans le sens de la consolidation des droits de la jeunesse en particulier et de la population en général, ne sont pas encore finis. Pour faire vite, l'Algérie est prête à collaborer avec les pays de la région, et le cas échéant avec la communauté internationale pour répondre aux défis du développement humain multidimensionnel, basé sur les droits humains et l'égalité». D'ores et déjà, «nous réaffirmons notre soutien et adhésion aux déclarations du Caire(juin 2013) et Addis-Abeba (octobre 2013).
La volonté des pays, à elle seule, ne suffit pas, fera remarquer le représentant de Boudiaf. «Le développement économique et social inclusif au niveau national et régional nécessite une législation, des politiques et des programmes appropriés qui garantissent l'intégration de la dynamique démographique dans toute planification», a-t-il conclu.

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