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L'ÉMIR DU QATAR DEPUIS HIER EN ALGÉRIE

Le temps des grandes retrouvailles

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Cette visite vient confirmer l'excellence des relations entre les deux paysCette visite vient confirmer l'excellence des relations entre les deux pays

Entre l'Algérie et le Qatar, les liens semblent plus forts que la conjoncture politique.

L'émir du Qatar, Cheikh Temim Ben Hamad Al Thani, est arrivé, hier, en fin de journée à Alger, après un crochet par Tunis où il a pris part à la Conférence internationale sur l'investissement en Tunisie. Le communiqué qui annonce cette visite parle de «dynamiser encore davantage leur coopération et leur partenariat qui sont déjà denses et fructueux, à l'image, notamment, des différents projets industriels mixtes, en cours de réalisation dans notre pays». Il sera également question de procéder à une «analyse des défis auxquels est confrontée la Nation arabe, et de la situation du marché des hydrocarbures, ainsi que d'au-tres questions régionales et internationales d'intérêt commun», note le même communiqué.
Cette visite vient donc confirmer l'excellence des relations entre les deux pays, mais plus encore, elle intervient dans un contexte économique assez «stressant» pour le Qatar comme pour l'Algérie et une situation chaotique dans la région du Golfe, alourdie par deux guerres qui se mènent aux portes des pays du Conseil de coopération du Golfe, dont le Qatar est un membre actif. Il faut dire qu'indépendamment des positions souvent divergentes entre Alger et Doha sur nombre de questions d'ordre international et régional, les deux capitales ont maintenu un niveau de contact assez appréciable, jusqu'à dérouter parfois les observateurs. Déjà du temps de Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, le père de l'actuel émir, les deux pays entretenaient des relations denses et très amicales. Ainsi, Cheikh Hamad ne cachait pas son admiration pour l'Algérie qu'il tenait en haute estime, malgré l'opposition manifestée par Alger aux desseins du Qatar dans le cadre du «printemps arabe». Cheikh Hamad avait, faut-il le rappeler, beaucoup d'affection pour le président de la République et ne manquait pas d'occasion pour le lui signifier. D'ailleurs, les témoignages d'amitié de l'Emirat du Qatar n'ont jamais cessé et cela s'est traduit par des investissements colossaux dans la sidérurgie, notamment. Cela pour dire qu'entre l'Algérie et le Qatar, les liens semblent plus forts que la conjoncture politique. Il faut dire, à ce propos que la détermination des deux pays à maintenir des relations denses malgré les divergences politiques a payé, pour la simple raison que l'évolution de la situation au Proche-Orient apporte un argument supplémentaire de l'approfondissement de l'amitié algéro-qatarie, au sens où celle-ci constituera à n'en pas douter un important levier dans la «fabrication de la paix» qui s'impose à la prochaine phase historique dans la région. En effet, embourbés dans les guerres déclenchées au Yémen et en Syrie, les pays du CCG, dont le Qatar, ont un grand besoin d'une médiation «amie» pour leur permettre de sortir de ces conflits avec un minimum de casse. Les relations excellentes qu'entretient l'Algérie avec des pays-clés dans le Golfe arabo-persique est certainement une opportunité en or pour l'ensemble de la région que la guerre a considérablement affaiblie. Cette dimension des relations algéro-qataries sera sans doute abordée lors de l'entretien entre Abdelaziz Bouteflika et Cheikh Temim Ben Hamad Al Thani. Cette mission diplomatique de l'Algérie, couplée à celle qu'elle mène présentement à Vienne pour équilibrer le marché pétrolier, aura des répercussions très positives en cas d'une double réussite de la diplomatie algérienne. En effet, une remontée des prix de l'or noir dans un contexte de réconciliation interarabe après des années de brouille serait une aubaine inespérée pour toute la région et certainement pour l'Algérie qui verra son portefeuille investissements largement conforté par de nouveaux contrats avec les monarchies arabes, dont ceux du Qatar. On n'en est pas encore là, mais, disons qu'à quelque chose malheur est bon, la crise pétrolière a révélé une capacité d'Alger à se déployer à l'international et marquer de précieux points. L'émir du Qatar doit certainement apprécier plus qu'avant l'amitié qui lie son pays à l'Algérie.

Le président Bouteflika reçoit l'émir du Qatar
Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a reçu hier, à Alger l'émir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, en visite de fraternité en Algérie. L'audience s'est déroulée en présence du président de l'Assemblée populaire nationale (APN), Mohamed-Larbi Ould Khelifa, du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, du ministre d'Etat, directeur de cabinet à la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, du ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, du ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel, et du ministre de l'Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb.

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