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L'AFRIQUE ET LA FRANCE SE DONNENT RENDEZ-VOUS À BAMAKO

L'émergence pour qui?

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Le 27e Sommet Afrique-France aura pour thème: «Pour le partenariat, la paix et l'émergence.» Un vaste programme qu'il sera difficile de cerner.

Le Premier ministre représentera le président de la République au sommet Afrique- France qui s'ouvre aujourd'hui dans la capitale malienne Bamako. Intervenant en pleine compagne pour la présidentielle en France, le rendez-vous afro-français risque de se transformer en non-événement, malgré la présence de 30 chefs d'Etat et de gouvernement. Il reste cependant que la rencontre trouve sa justification dans l'immédiat, à travers le soutien que le continent noir et la France, apportent au pays hôte, le Mali. Le président de ce pays qui semble fortement miser sur ce sommet, affirme dans un message à la nation à l'occasion du Nouvel An que «l'organisation d'un événement de cette envergure dans notre capitale n'aurait pas été possible sans l'amitié et la confiance à nous témoignées par nos partenaires français». Ibrahim Aboubacar Keita entend renouveler sa légitimité avec cette grande messe franco-africaine. Aussi, estime le chef de l'Etat malien, le sommet «n'aurait pas été non plus possible si nos frères africains ne nous avaient pas solidairement accompagnés dans nos efforts pour revenir à l'avant-scène politique et diplomatique mondiale». Ce premier objectif strictement politique étant atteint, notamment avec l'élargissement du sommet aux pays lusophones et anglophones, après qu'il eut été initialement destiné à la seule participation des pays francophones, les participants à la rencontre de Bamako auront également à «effleurer» les questions économiques, théoriquement au centre des débats. Pour cause, la 27e édition du sommet Afrique-France aura pour thème: «Pour le partenariat, la paix et l'émergence.» Un vaste programme qu'il sera difficile de cerner en quelques interventions de politique. En effet, la communauté d'affaires n'est pas conviée à l'événement. Mais cela n'empêchera pas les ministres et les chefs d'Etat et de gouvernement de faire le bilan du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (Nepad) et le programme Afrique 2016, qui oblige les gouvernements du continent à «assurer une transformation socio-économique positive de l'Afrique dans les cinquante années à venir». Une thématique quelque peu floue, mais qui retient tout de même l'attention, au sens où il est indéniable que l'Afrique se positionne comme la nouvelle zone de croissance de l'économie mondiale. La Chine a bien compris les enjeux et multiplie les investissements. La destination africaine intéresse également beaucoup de champions internationaux, dont nombreux comptent utiliser l'Algérie comme tête de pont pour leur installation dans le continent. Dans le concept d'émergence, l'Algérie peut jouer un rôle central, d'abord par sa position géographique, ensuite par l'infrastructure de base qui la distingue des autres pays du nord du continent. La route transsaharienne, le futur grand port du Centre à Cherchell, opérationnel dans les cinq ans et les zones franches à Cherchell et Tamanrasset, envisagées par l'Etat, constituent autant d'arguments en faveur de l'Algérie. La présence de Abdelmalek Sellal s'explique donc par la proximité avec le Mali, mais également par l'ambition que nourrit Alger pour se placer comme la première capitale émergente de l'Afrique. Le continent a besoin de l'Algérie, c'est indéniable, mais l'Algérie a aussi un grand besoin de l'Afrique pour donner un sens à la diversification de son économie. Le Forum d'investissement africain organisé à Alger a démontré que les deux entités peuvent évoluer en symbiose. Mais la dimension politique du sommet demeure apparemment une priorité. Et les observateurs estiment qu'il ne faut pas trop attendre de la France un quelconque engagement sérieux. Ce pays qui a toujours entretenu des rapports ambiguë avec le continent noir, en référence à son implication dans de nombreux conflits internes, recadrera certainement son discours à partir du mois de mai prochain, à l'occasion de l'élection présidentielle. On se souviendra dans ce contexte, de l'humiliant discours à Dakar de Sarkozy, de son rôle assassin dans l'embrasement du Sahel. Son successeur n'a pas fait mieux en déployant des militaires dans quatre pays africains. Bref, le sommet Afrique-France est peut-être un événement, mais il l'est prioritairement pour Ibrahim Keita.

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