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PEU DE FEMMES À LA TÊTE DES SYNDICATS

Le syndicalisme au féminin: un péché?

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Femmes au travail oui, au syndicat oui, mais...Femmes au travail oui, au syndicat oui, mais...

Non pas par la réglementation, puisque cette dernière le garantit, mais plutôt par les mentalités machistes de la société.

Elles sont sur tous les fronts et dans tous les domaines d'activité, néanmoins peu d'entre d'elles représentent et parlent au nom de leurs collègues quand il s'agit de défendre leurs droits. Le droit syndical qui devait se présenter comme une aubaine qui permettra aux femmes de s'imposer dans ce domaine, semble lui aussi visiblement bafoué. Non pas par la réglementation, puisque cette dernière le garantit, mais plutôt par les mentalités machistes de la société. Hélas, ces dernières ne subsistent pas uniquement chez la société masculine illettrée, mais aussi chez les intellectuels. Les syndicats de l'éducation nationale et de la santé qui comptent énormément de femmes en leur sein, leur présidence par des femmes est toujours mal conçue par des syndicalistes hommes, déplore Soumia Salhi, ex présidente de la commission des femmes travailleuses auprès de l'(Ugta). Il y a certes quelques raisons objectives qui interviennent et font que les syndicalistes hommes au sein de ces syndicats ne soient pas si enthousiastes à l'idée de voir leurs consoeurs les présider, «telles que des contraintes relatives au déplacement des femmes et des horaires de réunions», indique Salhi Soumia. Mais cela ne les déresponsabilise nullement, a-t-elle laissé entendre. Pour elle, il est inconcevable «que des femmes prennent souvent des risques en se mettant au premier rang lors des manifestations de rue et de revendications et ne sont pas visibles lors des rencontres avec le gouvernement».
Cela devient doublement honteux pour Soumia Salhi, quand on sait qu'en Algérie, il y a des syndicalistes femmes, «à l'image de Samira de l'Encc d'Oran, à Malika la cheminote, aux femmes des crèches de Presco, à la porte-parole de la grève de l'Institut de recherches nucléaires, à Fadhela, Zineb, Hassiba, Zouina du mouvement des profs en 2003 et 2006, qui ont payé de leur vie leur engagement syndical».
Il faut dire dans ce sillage que lors de la dernière rencontre syndicats autonomes -ministère du Travail tenue au mois de janvier dernier, sur une vingtaine de syndicats invités à cette rencontre pour débattre du nouveau Code du travail, il n y avait dans la salle qu'une seule femme syndicaliste présente, en l'occurrence Akali Saida, présidente du syndicat des vétérinaires. Soumia Salhi qui ne cache pas sa colère face à cet état de fait, exhorte les pouvoirs publics, afin de corriger en urgence cette faute. C'est vrai que les pouvoirs publics peuvent rétorquer, en disant qu'ils ne sont pas responsables d'une telle situation, étant donné que l'élection de femmes à la tête des syndicats se fait au niveau des syndicats, mais ils restent tout de même quelque part responsables tant que la loi, comme l'évoque Salhi, «ne consacre pas encore la parité de 50% entre les hommes et les femmes dans tous les compartiments». C'est cette règle qui obligera, laisse entendre encore une fois l'ex-présidente de la Commission des femmes travailleuses et non moins présidente de l'Association nationale pour l'émancipation de la Femme, les syndicalistes hommes à se soumettre enfin à l'idée de se voir présidés par leurs consoeurs femmes. La promulgation de lois dans ce sens ont déjà eu des résultats en Algérie, conclut Salhi Soumia. Il s'agit en fait de l'instauration de la règle de 30% dans la représentation des femmes dans les assemblées élues.

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