TOTALEMENT ENCLAVÉE ET DES CONDITIONS DE VIE DÉPLORABLES

La commune natale de Krim Belkacem oubliée

Les citoyens des villages Tifaoui et Hallil se sont rassemblés au chef-lieu de leur commune en maintenant fermée la RN25
Les citoyens des villages Tifaoui et Hallil se sont rassemblés au chef-lieu de leur commune en maintenant fermée la RN25

Les citoyens de cette paisible localité n'ont plus d'autre choix que de protester à l'occasion du 19 Mars, fête de la Victoire.

Pour protester contre les mauvaises conditions de vie, les citoyens de plusieurs villages de la commune d'Aït Yahia Moussa ont, hier et avant-hier, fermé la route et tenu des rassemblements au niveau des sièges de la mairie et de la daïra. Les villageois ont choisi justement d'exprimer leur colère en cette date qui coïncide avec la fête nationale de la Victoire et rappeler par la même occasion que le signataire des accords d'Evian Krim Belkacem est natif de la même commune. En fait, la protestation dure depuis près d'une semaine. La journée d'hier était choisie symboliquement par les villageois pour se faire entendre. Dès les premières heures de la matinée, les citoyens des villages Tifaoui et Hallil se sont rassemblés au chef-lieu de leur commune pour des rassemblements tout en maintenant fermée la RN25 qui relie leur région du chef-lieu de wilaya et de Draâ El Mizan. La veille, affirmaient certains d'entre eux, la décision était prise de transmettre verbalement leurs doléances aux responsables qui se déplacent régulièrement en cette date pour la commémoration à Yallalen, village natal de Krim Belkacem. Une longue liste de mauvaises conditions de vie est prête à être transmise, mais même si aucun responsable ne vient, les villageois ont décidé de poursuivre leurs actions et transmettre leurs doléances au premier responsable de la wilaya. Les villageois qui maintiennent encore la mairie fermée «n'hésitaient pas à exprimer leurs colère et déception des conditions dans lesquelles ils vivent. Pourtant, ajoutaient-ils fièrement, ce sont les localités qui vivent la misère de l'enclavement et du manque de toute infrastructure qui ont donné les Ouamrane, Krim, Ali Melah et Slimane Amirat. En fait, au sujet des manques criants dont ils sont encore victimes, les villageois citent le revêtement de leurs pistes qui tarde malgré le caractère sinueux de leur région. Les promesses données par les responsables locaux ne sont jamais tenues d'où la colère que les villages tiennent désormais à transmettre aux hautes autorités. Jusqu'à présent, beaucoup de maisons demeurent encore sans électricité malgré les promesses. Sur un autre registre, les citoyens de la région attendent depuis l'indépendance les moyens pour améliorer les conditions de la jeunesse. Aucune infrastructure n'a été construite hormis celle du chef-lieu très distante des villages. Par ailleurs, notons que le cri de colère des villageois a bel et bien été entendu car cette date est éminemment symbolique. Les villageois ne voulaient rien entendre hier et avant-hier de la part des responsables locaux. Les promesses ne sont jamais tenues et surtout celles données à ces occasions. Certains villageois n'hésitaient pas à fustiger ces derniers car depuis des années les réseaux d'assainissement pouvaient être réalisés sans attendre hier pour le promettre encore. Enfin, il est à noter que cette région connue pour avoir donné sept colonels pour la guerre de libération est restée dans l'extrême pauvreté jusqu'à ces dernières années. Les pouvoirs publics ayant constaté justement ce fait ont décidé de désenclaver la région et de quelle manière. En effet, cette dernière deviendra sans nul doute florissante économiquement car la pénétrante qui reliera la wilaya à l'autoroute Est-Ouest passera par-là. Ce grand poumon économique se verra renforcé aussi par une grande zone d'activité à Tizi Ghennif.