DÉMOCRATIE, LUTTE CONTRE L'EXTRÉMISME VIOLENT ET TERRORISME

Messahel raconte l'expérience algérienne

Le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue arabe
Le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue arabe

Le recueil écrit par le ministre Abdelkader Messahel sur «le rôle de la démocratie et la lutte contre l'extrémisme violent et le terrorisme: l'expérience algérienne» est d'un grand intérêt. Trois raisons à cela.

D'abord, les Centres d'intérêt se situent au carrefour de plusieurs disciplines: sémiologie, analyse du discours, sociologie, droit, sciences politiques et, de manière explicite, sciences de la communication. Ensuite, parce qu'il s'est efforcé de démontrer comment la vision de la démocratie prônée par le président Abdelaziz Bouteflika, depuis son élection à la magistrature suprême en 1999, a favorisé la consolidation de l'ordre républicain et la réconciliation entre les enfants de l'Algérie et leur mobilisation autour du développement socio-économique.
Cette approche, fondée sur la tolérance, le dialogue et l'ouverture sur la modernité, a permis à notre pays de retrouver la paix, la sécurité, la stabilité, de renouer avec le développement économique et, ce faisant, d'assumer sa place dans le concert des Nations.
Et dans un troisième temps, il a montré comment cette vision a permis de vaincre le terrorisme et de circonscrire, au sein de la société, les logiques et courants politiques extrémistes et violents, dont se nourrit ce fléau dévastateur.
L'approfondissement du processus de démocratisation engagé est un choix stratégique porté par cette même vision qui ambitionne de hisser l'Algérie au rang des Nations démocratiques, qui ont su s'inscrire dans la modernité sans rien renier de leurs valeurs et appartenances civilisationnelles.
En vérité, fait remarquer l'auteur, à juste titre, que tout cela n'est qu'une suite logique du long cheminement du peuple algérien vers la liberté, le progrès et la justice sociale, autant d'idéaux proclamés à l'aube de la glorieuse Révolution du Premier Novembre 1954.
Outre l'attachement à la démocratie, en tant que voie de réconciliation entre le peuple et ceux parmi ses enfants qui avaient opté pour le recours à la violence terroriste, Abdelkader Messahel applique les outils et méthodes de disciplines diverses, en faisant appel aux valeurs démocratiques, voire à l'esprit d'ouverture vers l'autre et d'acceptation de la différence dans sa diversité, qui ont marqué, pour l'histoire, faut-il le souligner, les premières grandes initiatives politiques du président Abdelaziz Bouteflika, tant au plan politique, en lançant avec une très forte conviction la politique de Concorde civile et en optant pour un très large gouvernement d'union nationale, alors qu'il pouvait limiter son choix aux seuls partis politiques qui avaient soutenu sa candidature, qu' au niveau cultuel, en organisant à Annaba, du 1er au 7 avril 2001, le premier symposium de portée mondiale de l'Algérie indépendante sur saint Augustin, l'apôtre chrétien fils de Taghaste.
Face à l'histoire récente du pays et à ses écueils, un sujet peu traité par les historiens, l'auteur écrit que le président Abdelaziz Bouteflika a choisi la sage voie de la réconciliation par la réhabilitation de personnalités nationales telles que Hadj Messali.Bien entendu, ce travail dépasse ces représentations et montre, en seize chapitres, combien le rôle de la démocratie dans la lutte contre l'extrémisme violent et le terrorisme est un objet légitime, intéressant et complexe dont il convient de mener l'analyse.
Analyse du rôle de la démocratie dans le processus de lutte contre l'extrémisme violent: d'abord la lutte algérienne contre le terrorisme établit une classification des principaux fronts. Cette dernière notion éclaire selon un autre angle le couple valeurs protection de l'ordre public / respect de la loi, en introduisant la valeur en action et l'action de la valeur, c'est-à-dire une action politique en profondeur avec un double objectif: éradiquer définitivement de la société algérienne les facteurs politiques et socioéconomiques pouvant générer, alimenter ou justifier de quelque manière que ce soit le terrorisme et mettre institutionnellement le pays et la population à l'abri de la menace terroriste par des mesures politiques, économiques et socioculturelles, en conformité avec les valeurs et les principes fondateurs de la Nation algérienne.
Ainsi, la combinaison de ces deux mesures a permis au pays de retrouver la paix, la stabilité et la sécurité et de consacrer pleinement ses ressources au développement et au bien-être de la population.
Sur le rôle de la démocratie dans la lutte contre l'extrémisme violent et le terrorisme, le travail de Abdelkader Messahel tente de présenter et de rendre de façon aussi documentée que possible de l'action politique en profondeur menée par notre pays dans la lutte contre ce phénomène, en particulier depuis 1999.
L'élaboration de ce recueil ainsi que l'organisation à Alger au mois de septembre 2016 d'une importante conférence internationale sur le même sujet, ont été décidées dans un contexte national et international qui plaidait en ce sens:
A)- Au plan interne, le pays était engagé dans une forte dynamique de révision constitutionnelle, dont l'ambition première était de conforter et d'élargir les espaces de libertés et de démocratie et de renforcer les leviers de la lutte contre les facteurs d'inégalités et de marginalisation. Cet effort louable nécessitait d'être situé dans le cadre de la démarche politique globale de paix, de développement, d'ouverture sur l'Autre et sur le monde prônée par le président Abdelaziz Bouteflika depuis son élection à la magistrature suprême du pays.
B)- Au plan international, le fait nouveau dominant était le questionnement et même un certain recul des principes de liberté et de droits des personnes et des peuples face à la poussée de la menace terroriste.
La volonté des peuples, seule source de souveraineté et de légitimité, était brimée, usurpée ou manipulée au nom de concepts fumistes, tels que celui dudit «printemps arabe», ou carrément l'intervention militaire étrangère en violation de la légalité internationale. Dans le même temps, la recrudescence d'actes terroristes dans quelques pays occidentaux ouvrait la voie à plus de tolérance envers les extrémismes, à l'islamophobie, à l'Etat d'urgence, au repli sur soi et la méfiance électoraliste vis-à-vis de l'étranger.
Ces deux initiatives ont été aussi motivées par le besoin de contribuer à faire connaître et à donner de la visibilité à ces importantes avancées de notre pays sur la voie de la paix, la stabilité, la sécurité, le développement, le progrès et le bien-être de tout son peuple.
Il y a lieu de relever, à cet égard, que nombreuses sont les réalisations de grande portée faites par notre pays, mais restées injustement inconnues, au moment même où les moindres excuses sont utilisées par des cercles hostiles pour tenir et noircir son image.
Parmi ces performances très peu ou pas médiatisées, il est à souligner la présence de notre pays parmi «les pays pionniers ayant atteint les objectifs de développement du millénaire avant l'échéance fixée pour 2015» (source Pnud), la présence aussi de notre pays «parmi les dix pays au monde ayant enregistré la plus forte progression de son Indice de développement humain (IDH)» (source Pnud), le fait que notre pays devienne «désormais pourvoyeur de bonnes pratiques et d'expériences réussies dans le cadre de la coopération triangulaire et Sud-Sud» (source Pnud toujours), les avancées politiques réalisées par la femme algérienne, notamment au niveau des Assemblées élues, où sa représentation est passée de la 120ème à la 30ème position dans le classement de l'UIP grâce aux réformes, introduites en 2012, la réduction du taux d'analphabétisme de 40% de la population adulte en 1990 à 14% en 2015, l'investissement remarqué de l'Algérie dans l'éducation et la santé des filles et l'encouragement de l'égalité des genres, lequel a amené l'ONG américaine «Save the Children» à classer notre pays en quatrième position mondiale bien avant les Etats-Unis d'Amérique (32ème position), la dette extérieure globale qui se situe à un niveau résiduel, avec un ratio de 1,75% du PIB, alors qu'elle affichait en 2000 un taux de près de 40%, la reconnaissance par le 27ème Sommet de l'Union africaine (Juillet 2016) des efforts consentis par l'Algérie, sous la direction du président Abdelaziz Bouteflika, en faveur de la promotion de la femme et du développement social en général, et ce à travers deux distinctions: la 1ère est un Prix des Prix de l'Union africaine, une distinction créée exceptionnellement à cette occasion; elle consacre le leadership de l'Algérie en matière de droits de l'homme politiques, économiques et sociaux, le 2ème est un Prix pour le développement social et la promotion du rôle de la femme dans le développement politique, économique et social.
L'auteur examine par la suite l'amélioration de l'environnement des affaires, comme le relève la Banque mondiale dans son rapport Doing Business pour 2017; la reconnaissance universelle de l'expertise algérienne en matière de lutte contre le terro risme; le classement de l'Algérie en 38ème position dans le 4ème Rapport annuel de l'ONU du bonheur mondial pour la période 2013-2015, en première position africaine et troisième méditerranéenne et le Rapport global de Green Peace (2012) qui classe l'Algérie parmi les dix plus beaux pays au monde. Ces quatre points montrent combien le contexte, les formes et les structures conditionnent les modalités d'expression et d'évaluation en matière de lutte contre le terrorisme.
En conclusion, le ministre Messahel insiste sur la dimension référentielle, en soulignant que ce travail puise sa quintessence politique dans la vision de la démocratie telle que définie par M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, dans ses différentes déclarations, en particulier celles de New York (1999), prononcée devant les membres de la communauté nationale résidant aux Etats-Unis d'Amérique, dans laquelle il a souligné son appartenance à l'école démocratique et république, ainsi que celle de Constantine de 2006, consacrée exclusivement à la question de la démocratie en Algérie. Enfin, il y a lieu de relever que l'ambition de ce recueil est de montrer comment cette démarche a aussi, à travers des stratégies et des programmes d'action dans des domaines aussi variés que l'emploi, le logement, le statut de la femme ou la modernisation du service public, contribué de façon déterminante à appuyer la lutte menée avec succès par l'Armée nationale populaire et les autres institutions de l'Etat contre le terrorisme et l'extrémisme violent.