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RICHESSE ET DIVERSITÉ DU PRODUIT BIO LOCAL

Un gisement en jachère

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Les amoureux du fruit des bois ont eu à en déguster à satiétéLes amoureux du fruit des bois ont eu à en déguster à satiété

Les standards et normes de commercialisation tant au niveau national qu'à l'international rendent difficile la commercialisation du produit local bio.

Produit par des méthodes traditionnelles, ce dernier, malgré la richesse de sa diversité, désire garder son authenticité; mais le dilemme est que la logique commerciale ne se soucie pas ou peu du maintien des spécificités. Un produit bio de Kabylie doit-il ressembler automatiquement à un produit grec ou espagnol pour trouver sa place sur le marché international? Il se pourrait que l'aide de l'Etat pour ces productions locales se situe à ce niveau, c'est-à-dire, les imposer sur les places internationales via les représentations.
La wilaya de Tizi Ouzou est d'une richesse extrême en matière d'arbres fruitiers et autres cultures du terroir. Aujourd'hui, c'est pratiquement des dizaines de villages qui, chaque saison, tiennent des fêtes locales dédiées à un fruit ou autres produits. De par son relief, la wilaya peut abriter une agriculture intense pour une production de masse, mais elle peut également relever le défi de produire une agriculture bio par excellence.
Ce week-end à Aït Allouaua, dans la commune d'Iboudraren, les amoureux du fruit des Rois, la cerise, ont eu à en déguster à satiété. Cette année, la production de cerise, non seulement à Aït Allouaua, mais dans tous les villages qui en produisent à travers les communes de haute montagne. La fête qui s'est tenue dans ce village perché sur les hauteurs du Djurdjura n'est qu'un petit aperçu de la richesse du terroir local en produits bio. En effet, la variété des fruits va de la cerise jusqu'au figuier. Les fêtes se tiennent à travers plusieurs villages célébrant le figuier, le figuier de barbarie, la plaquemine, l'olive et plein d'autres variétés. La production est suffisante, chaque saison, pour en constituer une source de richesse locale.
Toutefois, la richesse de la wilaya en produits bio ne signifie pas encore richesse économique. Pour ce faire, les spécialistes préconisent de faire naître un marché local de produits bio. Ces derniers affirment que l'intérêt des populations pour les expositions qui se tiennent à chaque fête en est une preuve incontestable que les producteurs ne seront pas déçus. L'intérêt des consommateurs également pour les produits bio est en nette croissance. Aussi, la rencontre, d'une part, de cet intérêt avec les opportunités de commercialisation est une occasion en or pour le producteur tout comme les consommateurs. C'est là un moyen efficace de créer un marché local du produit bio qui permettra ainsi de développer le créneau qui n'a besoin que d'un coup de pouce du genre. C'est la seule aide que les producteurs attendent des pouvoirs publics pour leur permettre d'écouler leur production et de faire vivre leur métier. D'autre part, le produit bio peut se développer en passant du local au national car le marché national est un réservoir inestimable de consommateurs. Faciliter en rendant plus fluide l'offre sur le marché national est un moyen efficace pour développer toutes les filières de produits bio. Cette démarche si elle venait à se concrétiser pourrait aboutir à moyen terme à un passage à l'international. Ces dernières années, le produit bio est en vogue sur les circuits commerciaux internationaux sur tous les continents. C'est même sur ces circuits que le produit bio local et national peut profiter de la richesse de sa diversité. Les marchés internationaux raffolent de produits bio et surtout exotiques.
Par ailleurs, face à l'élan d'optimisme, il faut opposer un brin de réalisme. Le passage à la commercialisation du produit bio n'est pas aussi facile qu'il paraît. L'expérience est toujours vécue par les producteurs d'huile d'olive locale qui n'arrive pas encore à être commercialisée. Ce produit hautement bio peine en effet à passer outre les mailles des standards internationaux de commercialisation. Très rigides, ces derniers imposent des normes extrêmement difficiles à réaliser par la production locale qui demeure encore au stade traditionnel.

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