Accueil |Nationale |

AVEC SES 28% DE TAUX D'INTÉGRATION

Renault Algérie affiche de sérieuses ambitions

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Renault Algérie affiche de sérieuses ambitions

Les prix des véhicules produits à Oran flambent sur le marché parallèle, pas à la sortie d'usine.

S'étant hissé au rang de premier constructeur mondial, au premier semestre 2017, le groupe automobile Renault peut donc se targuer d'être un acteur de poids dans l'industrie automobile mondiale et certainement un partenaire de choix pour l'Algérie. C'est d'ailleurs, l'un des objectifs prioritaires de Renault Algérie production (RAP), qui ambitionne, selon une source proche de cette entreprise, d'aller aussi loin que possible dans l'émergence d'une véritable industrie mécanique dans le pays. On en veut pour preuve, la montée en intégration avec une avance de plusieurs années. A bien le voir dans sa mouture initiale, le projet de Renault en Algérie a gagné pas moins de trois années sur le calendrier. Avec un taux d'intégration de 28%, comptant la sellerie, la câblerie et quelques composants en plastique, la Renault Made in Bladi prend forme et à l'horizon 2019, les 42% d'Algériens promis dans les modèles qui sortiront de l'usine d'Oran sont garantis, note notre source, soulignant que le passage au CKD et un niveau de production de 100 000 véhicules par an interviendra en 2022. L'intégration de la peinture et le travail de tôlerie sont déjà au programme. Pour l'heure, RAP fait participer cinq équipementiers algériens, qui interviennent sur les véhicules assemblés en Algérie. C'est très peu, convient notre source, mais le travail d'association des compétences locales pour l'intégration est déjà une réalité sur le terrain. L'on notera que dans le lot des sous-traitants de l'usine d'Oran, une entreprise turque de fabrication de sellerie pour automobile qui fournissait les chaînes de montage turques de la marque française a investi et s'est greffé à l'aventure algérienne de Renault.
Les responsables de cette marque, de même que les autres équipementiers ont pris langue avec TMC et comptent faire de même avec Volkswagen pour proposer leur production dans le cadre de la montée en intégration.
Cela pour dire que l'ambition de Renault en Algérie est celle d'un véritable géant de l'automobile qui entend construire et pas simplement faire du commerce.
La grande convention des sous-traitants organisée à Oran, témoigne de la détermination de la marque au Losange à marquer de son empreinte le développement de l'industrie automobile en Algérie. Il reste que ces succès du constructeur français interviennent dans un contexte national qui replace l'automobile au centre d'un débat où la disponibilité et les prix prennent le pas sur les autres aspects. Ainsi, face à la tendance fortement haussière du marché de l'automobile en Algérie, le ministère du Commerce semble voir dans les usines d'assemblage l'origine de la spéculation. Or, pour ce qui concerne Renault, notre source insiste sur le fait que les prix pratiqués par le constructeur demeurent quasiment les mêmes. Les prix des véhicules produits à Oran flambent sur le marché parallèle, pas à la sortie d'usine. Le fait que ledit marché n'est pas suffisamment alimenté, crée des tensions entre l'offre et la demande.
Cette situation n'a absolument rien à voir avec les trois unités d'assemblage mises en place en Algérie, dont le marché pèse quelque 500 000 véhicules par an et n'est alimenté qu'à hauteur de quelques dizaines de milliers seulement. Il faut savoir, à ce propos que la stabilisation du marché ne pourrait véritablement devenir une réalité que lorsque l'ensemble des constructeurs ayant émis le désir d'investir en Algérie arrive à sa vitesse de croisière, avec en sus un taux d'intégration de 40%. Les experts estiment que cela pourra être réalisé dans une dizaine d'années au moins. Il est donc entendu que la tension sur le produit véhicule demeurera forte, tant que le gouvernement n'ouvre pas les vannes de l'importation. Or, cela semble exclu pour le gouvernement. d'où l'impossibilité d'y voir clair avant dix ans au moins.
Cette contrariété qui met Renault sous les projecteurs aura certainement un impact positif sur les ambitions de la marque qui semble voir l'Algérie comme un pays d'avenir pour la filière automobile. Que l'Algérie soit le prochain géant de l'industrie mécanique en Afrique est une évidence. Le seul questionnement est de savoir si le gouvernement actuel saura créer le déclic pour d'autres marques car pour Renault, il n'est même pas besoin de se poser la question.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha