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TIRAILLEMENTS AU GOUVERNEMENT, CRISE FINANCIÈRE ET PRÉPARATIFS POUR LES LOCALES

RND : le fleuve tranquille

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Ahmed OuyahiaAhmed Ouyahia

«On a fait de nos entrepreneurs des souffre-douleurs. Arrêtons les dégâts! Appliquons-leur la loi, toute la loi, rien que la loi!», rétorque Seddik Chihab.

Alors que la poussière venait à peine de retomber sur l'arène des législatives, Ouyahia ramasse son glaive et réajuste sa cuirasse. Il est prêt pour la seconde manche du combat. De sources proches de la direction du RND on a appris que le secrétaire général du parti rééditera le même «coup» que celui des législatives. En sa qualité de directeur de cabinet de la présidence de la République, il «désertera» pour un temps son bureau à El Mouradia et descendra sur le terrain habillé en costume de chef de parti, pour animer des meeting, durant les prochaines locales. «Il ciblera des régions bien précises pour rafler le maximum de sièges» indiquent les mêmes sources. Ouyahia a effectué un remarquable travail de terrain durant plusieurs mois avant les législatives du 4 mai dernier. Le résultat ne s'est pas fait attendre: son parti a été le grand gagnant de cette élection passant de 70 sièges en 2012 à 100 sièges en 2017. En mathématiques, cela s'appelle une progression sur une courbe ascendante. Par le verdict sans appel des urnes, il a acquis sa place de force politique incontournable du pays, Ouyahia se contentera-t-il de merles maintenant qu'il a goûté à la chair des grives? Les prochaines élections locales seront un vrai baromètre du poids politique de chaque formation, pour ainsi dire, ce rendez-vous terminera la nouvelle carte politique esquissée lors des législatives. «Nous sommes en phase finale dans les préparatifs pour les locales», confie Seddik Chihab, cheville ouvrière du RND. Et quelles sont les recommandations, les critères, les conditions posées aux structures locales pour le choix des candidatures? Perplexe, Chihab finit par lâcher «mais aucune!». «Le conseil national a pris une résolution qui a confié la confection des listes aux structures locales du parti. C'est le bureau communal qui confectionne les listes et c'est au conseil communal d'avaliser après un vote à la majorité. Point barre», tranche-t-il avec assurance. C'est une démarche organique prise par le conseil national qui semble avoir donné ses fruits et cela sur plusieurs aspects. « Cela nous évite tous les tiraillements, les marchandages et surtout le zaïmisme. La seule recommandation est celle de la loi qui exige 30% de femmes dans les listes. Pour notre part au conseil national, nous insistons à ce que 20% des listes soient des jeunes». Il y a une réelle sérénité qui s'est installée au sein de ce parti. Dans ce fleuve tranquille, il y a un travail de restructuration en profondeur, qui s'effectue depuis ce deux dernières années. Une grande part de ce travail est réservée à l'action pédagogique. «Nous voulons construire un parti. Cette construction passe par la démocratisation et surtout une autonomisation des structures», assure Chihab qui avoue que son parti garde un oeil attentif sur la scène politique et les tiraillements qui marquent l'actuel gouvernement. Où se situe le RND? N'adhère-t-il pas à la démarche de l'Exécutif? «Au RND nous ne rapportons pas les choses aux personnes, la crise politique ne nous fait pas peur. Ce que nous redoutons en revanche, c'est cet état d'esprit imprimé aux populations et qui rend les choses exécrables.» Et cette idée de séparer l'argent de la politique, cette campagne contre les patrons? «Nous ne croyons pas à ce faux slogan. On fait de nos entrepreneurs des souffre-douleurs. Arrêtons les dégâts! Appliquons- leur la loi, toute la loi, rien que la loi!», rétorque Chihab du tac au tac ajoutant que «notre pays a plutôt besoin de bon sens, de perspicacité et de clairvoyance. Nos problèmes ont plutôt besoin d'intelligence et de solidarité et non de faux slogans et de faux courage». La messe est dite. La gifle que venait de recevoir le Premier ministre est si sonore qu'elle retentit dans toute l'Algérie et qu'il a encore la joue rouge même après son séjour parisien. Au RND on croit que le moment est venu, sans dramatiser, de tenir sans fard le langage de vérité aux Algériens. Il y a un brusque changement d'humeur au sein de la majorité. Finalement, Tebboune a été le plus grand diviseur commun de ce bloc monolithique communément appelé le système.

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