LE FESTIVAL COLOR OF ALGERIA ANNULÉ

Les autorités pointées du doigt

Une vue de Béjaïa
Une vue de Béjaïa

Les organisateurs ont souligné que les autorités compétentes avaient consenti à sécuriser le spectacle musical qui était au programme du festival, et que celles-ci se sont soudainement rétractées.

C'est avec une immense déception que les organisateurs du Festival of Colors Algeria ont annoncé l'annulation de la tenue de ce grand événement, censé avoir lieu hier à Béjaïa. Expliquant sur leur page facebook qu'en raison de l'absence d'un dispositif sécuritaire qui garantirait un climat propice au déroulement de cette manifestation, il n'est pas possible de le maintenir.
«La décision est tombée aujourd'hui, 10 août 2017, de la part des autorités, stipulant qu'aucun dispositif sécuritaire ne serait déployé pour la journée du 12 août pour assurer la sécurité d'un rassemblement de plus de 3000 personnes», ont-ils écrit. Comme on peut le constater, d'après cette publication, les autorités publiques sont de manière évidente les responsables de cette annulation, survenue à seulement deux jours de la date initialement fixée, à savoir le 12 de ce mois. Contactés, les mêmes organisateurs ont souligné que les autorités compétentes avaient consenti à sécuriser le spectacle musical qui était au programme, et que celles-ci se sont soudainement rétractées, sans la moindre explication. Dès lors, une question s'impose; pour quelles raisons concrètes l'Etat a-t-il décidé de ne pas prendre les mesures nécessaires pour sécuriser ce festival, lequel pourtant, s'est passé sans aucun incident majeur lors de ses deux premières éditions? Mais encore, à qui profite réellement cette annulation? Car en dépit de son indéniable succès auprès des jeunes depuis sa première édition, celui-ci en revanche a été décrié dans les milieux islamistes et conservateurs.
En effet, ces derniers ont sévèrement critiqué cet événement, suite auquel des groupuscules pullulaient sur les réseaux sociaux tentant de salir l'image de nombreuses adolescentes alors présentes à ce rendez-vous.
Des photos de ces dernières étaient diffusées accompagnées d'adjectifs des plus abjects. Certains d'entre eux s'en prenaient même aux parents de ces filles qui laissent faire. Quelques journaux arabophones de la presse nationale se sont eux aussi fait les «défenseurs» des moeurs et des traditions inhérentes à la religion, accusant les nombreux participants de n'avoir «aucun principe».
Par conséquent, peut-on dire exactement que l'annulation de ce festival émane de la volonté de ces groupes obscurantistes qui a priori, sont les seuls à être dérangés? Personne n'est en mesure de le confirmer, mais ce cas de figure n'est pas exclu. Pour leur part, les organisateurs du festival en question ont bien insisté, «nous ne voulons pas rentrer dans des détails futiles et inutiles que ni nous, ni vous ne comprendrons». Ils ont par ailleurs fait savoir sur la page facebook de «Festival of Colors Algeria» qu'ils ne comptaient pas se laisser abattre pour autant. «Ce n'est que le début de notre engagement et nous continuerons à nous inscrire dans une dynamique jeune et consciente. Car ce qui aurait été pire, c'est que les choses se passent mal et que nous ne puissions rien y faire», ont-ils relevé. Cela en pointant par ailleurs, du doigt, les autorités qui ne veulent pas assurer la sécurité de ce spectacle. Suite à l'annulation de ce rendez-vous très attendu, beaucoup ont affiché leur contrariété. Eux qui attendaient avec impatience que le 12 août n'arrive. Pour rappel, plus de 3000 personnes devaient se rendre hier sur la plage de Tala Ilef de Béjaïa. Ce festival est devenu en l'espace de trois années, le rendez-vous à ne pas manquer des jeunes ne cherchant qu'un défouloir pour danser et s'amuser sans être jugés de quiconque, le tout dans une ambiance haute en couleur.
Par ailleurs, il a été souligné que malgré les difficultés de la tenue du festival en question, le projet l'art-est-public», se tient en ce moment même dans la wilaya de Béjaïa.