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BOUIRA

il coûtera plus cher...

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il coûtera plus cher...

Un mouton vendu 25 000 DA l'année dernière est proposé à 45 000 DA cette année.

Après les dépenses des fêtes, les vacances de l'été pour les plus chanceux, la rentrée scolaire qui se profile à l'horizon, une nouvelle fois les bourses seront mises à rude épreuve. L'approche de l'Aïd El Adha a simplement flambé les prix. De la pomme de terre pour ne citer que ce légume, bas de gamme, au mouton, tout a subi une augmentation. La courge, le haricot vert, la carotte, l'aubergine, la tomate... le raisin, la poire, la prune... ont tous connus une révision à la hausse de leurs coût respectifs.
Ces hausses sont différemment justifiées. Si pour le mouton, les arguments peuvent tenir la route, pour la pomme de terre c'est simplement une preuve de l'échec de tout un département. Les promesses d'une baisse du prix avec l'arrivée des récoltes de la saison et celles de l'après-saison, les chiffres énormes d'une production avoisinant les 2 millions de tonnes, les facilités accordées aux producteurs, la gratuité de l'eau par exemple... n'ont pas affaibli le diktat des spéculateurs qui imposent leur loi au consommateur. Pour revenir à l'évènement du moment, une virée au marché à bestiaux découragera le plus téméraire. Il est loin l'engagement du ministre de baisser le prix des bêtes à 20.000 DA. La canicule qui aura dominé les derniers mois, le manque d'aliment, les difficultés des éleveurs d'une région à une autre.
Un mouton qui a coûté 25.000 DA l'année dernière est proposé à 45.000 DA cette année. Pourquoi ce bond avons-nous demandé aux vendeurs? Les réponses sont, comme pour les autres produits, non convaincantes. Pour les éleveurs ces prix sont le fait des revendeurs. «Certes, l'aliment a beaucoup manqué, les dépenses et les frais ne sont plus ce qu'ils étaient mais l'arrivée sur le circuit des intermédiaires demeure la raison principale de cette flambée des prix.» Sur place, au marché à bestiaux de Bouira, ils étaient nombreux à proposer des moutons. Des fonctionnaires de l'administration, des enseignants, des commerçants jusque-là plongés dans d'autres filières se sont reconvertis en maquignons.
Selon une source locale, ils s'alimentent auprès des petits éleveurs du sud de la wilaya, des régions de Sour El Ghozlane et même de Sidi Aïssa. Le fait de proposer 3 à 4 ovins démontre qu'il ne sont pas des spécialistes, mais des intermédiaires circonstanciels. Un éleveur de Aïn Ouessara nous confirmera la thèse. «J'ai cédé une dizaine de moutons au prix de gros; mes moutons je les ai retrouvés, mais avec des marges de plus de 10.000 DA ici à Bouira.»
L'ouverture de l'autoroute et la réduction sensible dans la liaison entre Bouira et la capitale sont entre autres les éléments qui ont influé sur les prix. Ils sont nombreux à venir d'Alger, de Boumerdès, pour acheter.
La grosse demande est une aubaine saisie par les intermédiaires. Hier, au quartier des 1100 Logements, dans l'espace réalisé pour les enfants, un jeune proposait 10 moutons. Alors que les citoyens marchandaient avec lui, un autre jeune est arrivé pour prendre le tout au prix global de 35 millions de centimes. Dans l'après-midi, les mêmes animaux se vendaient à 45, 46 et 47.000 DA. Un autre fait est à signaler. Les vendeurs se sont constitués en un puissant lobbie et se consultent entre eux avant d'afficher les prix.
La présence des enfants lors de l'achat n'a pas échappé aux vendeurs qui, d'emblée, tentent d'influencer le môme qui prendra le relais pour convaincre les parents. Qui a dit que les Algériens ne sont pas des génies? En voyant ce qui se passe, les plus anciens regrettent le passé où l'Aïd se voulait d'abord, une fête pour le pardon, les retrouvailles, l'entraide, la solidarité. L'Aïd de nos jours c'est à qui exhibera le plus grand mouton, à celui qui se vantera d'avoir égorgé un deux cornes sans un regard pour le voisin qui n'a pas pu satisfaire le caprice de ses enfants. En attendant le retour des hadjis, une autre occasion pour dépenser, les Bouiris subiront la loi des intermédiaires, la pression des enfants et les fetwas sur la validité ou non d'une association autour d'un taureau, pour passer une fête qui n'a rien d'une vraie.

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