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VICTIME DE SES CHOIX D'ALLIANCE SANS LENDEMAIN

L'opposition profondément fissurée

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Au lendemain des législatives, l'opposition s'est retrouvée orpheline de la Cltd et du Front du changementAu lendemain des législatives, l'opposition s'est retrouvée orpheline de la Cltd et du Front du changement

Outre les deux alliances islamistes, les quelques formations politiques susceptibles de peser sur la scène parlementaire se comptent sur les bouts des doigts.

Les partis de l'opposition sont éparpillés sur une scène nationale, en mouvement, depuis l'éclatement des «bulles» de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (Cltd) et le Front du changement. Les deux conglomérats idéologiquement, hétéroclites, ont tenté de coordonner leurs actions dans l'Instance de concertation et de suivi de l'opposition (Icso). Toute cette architecture, quelque peu complexe mais vacillante, a volé en éclats au contact des dernières élections législatives.
Les islamistes des «bulles» ont tenté deux petites alliances électorales distinctes. A ce premier clivage dans la même famille politique, vient se greffer un véritable éclatement du camp républicain, puisque chaque formation y a été de ses listes, tuant tout espoir de coalition préélectorale. Au lendemain des législatives, l'opposition s'est retrouvée orpheline de la Cltd et du Front du changement, totalement atomisés par le souffle des contradictions qui y couvaient et s'étaient publiquement exprimées au coeur de la campagne électorale et même avant. Arrogants, les islamistes, souvenons-nous, avaient lancé une véritable campagne contre la ministre de l'Education et Makri s'est permis des propos déplacés à l'endroit des partis républicains avec lesquels il siégeait à la Cltd.
Un signe qui montrait déjà les visées des islamistes, lesquels entendaient faire jouer aux autres partis le rôle de cheval de Troie. Un rôle que quelques partis ont, dès le début, refusé de camper et s'étaient d'ailleurs illustrés par un esprit d'indépendance vis-à-vis de toute alliance spécifiquement orientée «contre le pouvoir», comme le furent la Cltd et le Front du changement. Si à la veille des dernières élections législatives, on dénombrait deux conglomérats partisans et quelques partis-électrons au sein de l'opposition, le scrutin a imposé une nouvelle cartographie partisane où l'on peut constater un émiettement de l'opposition, dont une partie seulement est représentée à l'APN. Outre les deux alliances islamistes, les quelques formations politiques susceptibles de peser sur la scène parlementaire se comptent sur les bouts des doigts et annoncent, de fait, une influence marginale au sein de cette institution.
Cette impression est d'autant plus vraie que la nébuleuse que constitue l'opposition au sein de l'APN demeure informe, au sens où aucune initiative n'est venue donner un quelconque contour organique ou idéologique à cette même opposition. Face à un pouvoir qui n'a pas tardé à fédérer ses forces politiques dans l'Assemblée, l'opposition va en rangs dispersés, au risque de «flouer» les attentes des citoyens-électeurs qui ont accordé leur confiance à quelques têtes de file. Et pour cause, si les électeurs ne voient rien venir en termes de discours et de mobilisation, il peuvent sanctionner les formations qui auront manqué à leur devoir.
Le premier de ces devoirs serait de constituer une force de proposition visible et audible au sein de l'APN, pour porter la voix de citoyens qui ne se reconnaissent pas dans la politique de la majorité présidentielle.
Or, à voir l'attitude des leaders, quelques mois après les législatives, il est permis de douter d'une initiative forte de l'opposition qu'elle vienne d'une famille ou d'une autre.

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