SELON LE DIRECTEUR DE LA MOBILISATION DES RESSOURCES EN EAU

"Les barrages sont remplis à hauteur de 55%"


L'Algérie n'a pas connu une crise d'eau cette année, car les pénuries d'eau ne se sont ressenties que dans certaines wilayas.

Le ministère des Ressources en eau aura retenu plusieurs leçons des perturbations ayant caractérisé en cet été certaines wilayas du pays. Abdelwahab Smati, directeur de la mobilisation des ressources en eau au niveau du ministère, a indiqué hier sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale, que la principale leçon retenue de cet épisode, est de ne jamais compter à l'avenir sur une seule ressource d'eau pour alimenter une wilaya. Ce qui s'est passé à Annaba servira de leçon, a-t-il laissé entendre, précisant qu'en Algérie les wilayas qui sont alimentées à partir d'une seule ressource, ne sont pas nombreuses. Pour éviter à l'avenir la répétition du scénario de Annaba, le ministère des Ressources en eau a décidé, a ajouté Smati, de renforcer la mobilisation des ressources en eau conventionnelles, à savoir les ressources souterraines et les stations de dessalement de l'eau de mer. Les fourrages et les stations de dessalement sont des ressources pérennes, a -t-il ajouté.
D'ailleurs, dans ce sens, le ministère envisage, en plus de la réalisation des fourrages et la réhabilitation du champ de Bouteldja pour Annaba, de relancer le projet de réalisation de la station de dessalement de l'eau de mer dans cette wilaya. Ce projet a été relégué au second plan par le ministère, car la wilaya de Annaba, a vu le lancement de plusieurs projets (réalisation de barrages et de fourrages), a expliqué Smati. «C'est ce qui s'est passé aussi dans la wilaya de Béjaia, qui verra à son tour le relancement du projet de la station de dessalement» a-t-il affirmé. Interrogé par l'animatrice de l'émission «si on peut qualifier ce qui s'est passé cet été de crise de l'eau en Algérie?», le représentant du ministère des Ressources en eau a répondu par la négative. «On ne peut pas parler de la crise de l'eau, car les pénuries d'eau ne se sont posées que dans certaines wilayas», a-t-il argué. Répondant en outre sur la question du taux de remplissage des barrages à l'échelle nationale, Smati a fait savoir qu'il est de 55%. Le taux est certes inférieur à celui de l'année dernière, mais il n'est pas inquiétant pour autant.
Car il faut savoir que les barrages en Algérie ne sont pas destinés uniquement à l'alimentation en eau potable, mais aussi pour l'irrigation agricole. Sur la question du déficit enregistré cette année, l'invité de la Chaîne 3, a indiqué qu'il est de 400 millions de m3. Ces volumes de remplissage ne fait pas, par ailleurs, peur au ministère, les prémices d'une bonne année, en termes de pluviométrie sont déjà perceptibles. «Nous sommes très optimistes par rapport à cette année, car les premières pluies sont déjà tombées», s'est-il réjoui, indiquant que le remplissage des barrages se fait généralement vers les mois de décembre et d'avril.
Questionné par rapport au respect des normes mondiales dans la réalisation des barrages en Algérie, le directeur de la mobilisation des ressources en eau, a souligné que les barrages en Algérie ont été tous réalisés selon les normes. Néanmoins il faut savoir, nuance-t-il, que le barrage a une durée de vie et qu'en Algérie il faut aussi tenir compte d'une autre réalité, à savoir la réalisation de la plupart des barrages en Algérie dans les régions du Nord qui sont des régions sismiques.
Commentant en outre les perturbations qui ont été enregistrées par moments dans les wilayas du Nord, particulièrement dans la capitale, Smati a déclaré, que les perturbations ont été dues dans leur grande majorité, aux coupures du courant électrique. Par ailleurs, et dans le cadre de la nouvelle stratégie du ministère consistant à lutter contre le gaspillage d'eau, Smati a souligné qu' un large programme de réhabilitation des conduites d'eau va avoir lieu et touchera toutes les conduites usées.
Pour le directeur de la mobilisation des ressources en eau, les conduites d'eau ont besoin d'être réhabilitées régulièrement. S'exprimant par ailleurs sur la question de la possibilité de revoir la tarification de l'eau dans les prochains jours, afin justement d'amener le citoyen à utiliser avec rationalité l'eau, l'invité de la Chaîne 3, a souligné que la question n'est pas à l'ordre du jour pour le moment. Mais il n'est pas exclu que son prix soit revu dans le cadre global de la démarche du gouvernement visant la révision du système des subventions en Algérie.