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DES INVESTISSEURS VERSENT DANS L'ILLUSIONNISME

Tant que l'Etat subventionne!

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L'Etat est dans l'inaptitude de débloquer un quelconque budget pour financer les projets d'aménagement des zones industrielles.

Des investisseurs de sommes faramineuses dans le montage de leurs projets grâce aux crédits bancaires et autres dispositifs de soutien et au développement de l'investissement, estiment que l'Etat est, après leur avoir offert, sur un plateau d'or, le foncier nécessaire, de son devoir de doter les zones industrielles par d'autres moyens comme le téléphone, l'Internet et autres technologies de l'information et de communication leur permettant de mener à bien leurs activités et promouvoir et vanter leurs productions. C'est la risée totale ou encore s'agit-il du summum d'une aberration qui dépasse tous les seuils de l'entendement? Peu d'audacieux peuvent évoquer une telle question en la prenant comme élément principal pouvant freiner la productivité des entreprises implantées dans des zones non couvertes par le réseau Internet? Or, ces petites installations et ces petits branchements sont opérables en un clin d'oeil vu l'avancée technologique, et encore aux moindres frais. Il suffit de se rendre dans les locaux d'Algérie télécom pour que le tour soit fait. D'autant que cet opérateur multiplie ses offres vis-à-vis des intervenants économiques. Une telle absurdité, ayant été à peine énoncée, que le wali d'Oran, avalant mal une telle couleuvre, a, d'abord zappé un tel sujet avant d'aborder les problèmes de fond qui marquent les zones industrielles d'El Hassi et d'Es Senia en leur rendant récemment visite. Ces deux sites, hautement productifs, sont occupés par près de 200 investisseurs dans différents créneaux. Cependant, s'agissant principalement de leur aménagement d'importants fonds sont à mobiliser, or l'Etat ne le financera pas. Résumant le fond de sa pensée, il ira droit au but en évoquant la crise économique actuelle qui secoue le pays. Du coup, l'Etat est, sans avertir, dans l'inaptitude de débloquer un quelconque budget pour financer les projets d'aménagement de ces zones à la fois productives et rentables, du moins pour les investisseurs ayant implanté leurs projets dans ces zones d'activités.
Paradoxe
La zone d'Es Senia est, à elle seule, dans le besoin immédiat de la consécration de trois enveloppes financières. La première est de l'ordre de 40 millions de dinars pour l'aménagement de routes, tandis que la deuxième, devant venir à bout des problèmes d'eaux usées, est estimée à 50 millions de dinars. La troisième étant de l'ordre de 30,5 millions de dinars, devra supporter le financement de la réalisation du mur de clôture de ladite zone. Idem pour la zone de Hassi Ameur dont l'aménagement nécessite la mobilisation de pas moins de 700 millions de dinars. De tels montants ne sont sûrement pas disponibles vu l'état actuel de la crise qui continue à faire l'effet boule de neige. Qui est donc cette institution devant assumer financièrement de tels projets alors que les caisses sont quasiment vides? Il est encore prématuré de prononcer une quelconque réponse! Mais, le gouvernement algérien a totalement tranché des questions financières en optant brutalement pour l'austérité voilée sous l'appellation commune de la résilience des dépenses. La wilaya d'Oran n'est pas en reste, elle aussi, en tranchant la problématique tout en exécutant les mesures avalisées par sa hiérarchie, le gouvernement. C'est paradoxal. L'Etat qui soutient la production nationale ne vient pas en pompier pour assister les investisseurs devant renforcer celle-ci. Ce sont ces intervenants économiques à qui reviendra désormais le financement des projets entourant leurs unités de production. Il s'agit là d'une solution plus qu'impérative. C'est ce principe pour lequel a plaidé le wali d'Oran en se rendant tout récemment dans les deux sites. Là est toute la problématique qui reste tout de même posée! Le laxisme de ces intervenants est de visu perceptible. Plus d'un de ces investisseurs continue à briller par l'absence ne serait-ce que lors des réunions de concertation dont l'ordre du jour tourne souvent autour de l'aménagement de l'environnement abritant ces dizaines d'usines de différentes productions. L'illusion est totale. Ces investisseurs se sucrent goulûment des facilitations fiscales accordées par l'Etat sans juger utile de casquer un petit centime au moins ou de l'image de marque de leurs unités ou de leurs produits. La situation risque de s'inscrire dans la durée dans l'éventuel cas où ces investisseurs, ayant bénéficié du foncier et des crédits, bancaires et autres facilitations, signent et persistent en comptant sur...l'Etat et la budgétisation, par ce dernier, des projets devant enjoliver leur milieu domiciliant leurs activités tant rentables.
Impliquer les investisseurs dites-vous?
Plus que conscient d'une telle réalité, le wali d'Oran a, dans sa dernière sortie, été explicite en invitant ces opérateurs économiques à faire preuve de lucidité pour se mettre de la partie, aménager les lieux domiciliant leurs usines. Comme il les a invités à se rapprocher de la direction de l'industrie et de la direction de la gestion des zones industrielles en vue de coordonner leurs efforts dans le cadre d'une politique globale dont les dividendes reviennent ostentatoirement à ces investisseurs se disant souffrant le martyre de l'absence totale l'aménagement des routes des zones industrielles. «Ils n'ont qu'à casquer en assumant, par leurs propres fonds, tous les travaux liés portant sur les installations des équipements nécessaires», dira une source de la wilaya ayant requis l'anonymat. Aux fins de concrétiser une telle évidence, la wilaya d'Oran a lancé les premiers jalons, une étude globale portant essentiellement sur l'embellissement des zones industrielles ainsi que la facilitation quant à l'accès à l'intérieur de ces cités conçues pour pousser de l'avant la production nationale.
La bêtise humaine est-elle à son comble? Rien n'indique le contraire tant que des investisseurs, en bonne compagnie, ne font leur apparition que lors de rencontres économiques domiciliées dans des salons feutrés. Plus d'un de ceux-là, comptant toujours sur les aides de l'Etat, ne juge pas utile de mettre la main à la poche pour soigner la devanture de son unité, comme si ses poches étaient remplies d'oursins piquants. Certains de ces opérateurs, dont plusieurs dizaines sont constitués de jeunes conduisant des bolides et sans aucune expérience dans l'affairisme, arrivent à la fin de chaque journée pour faire le décompte de la recette afin de la «piquer» et s'éclipser ensuite avant de s'installer le soir dans les somptueux restaurants d'Oran et les boîtes de nuit de la corniche. Le monde des affaires en Algérie est encore loin de donner la véritable image de l'affairisme. Ces nouveaux nantis sont devenus richissimes à l'aide des crédits bancaires sans avoir sué auparavant dans la récolte de leur richesse dont l'impératif est de défendre, vaille que vaille, sa pérennité. Ce sont ces petits détails qui donnent toutefois le poids et la force permettant d'aboutir à une économique sereine et pérenne. Hélas!

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